4.07 – Dénominations nationales

Dernière révision : 2022-09-12 @ 03:39

4.07 – Dénominations nationales

Certaines horloges sont typiques par leur appartenance au pays où elles ont été développées, si bien qu’on leur a donné des noms qui sont spécifiques. Souvent, elles ont donné lieu à des courants ou à des styles, et d’autres pays ont repris leur forme et même leur nom, par le jeu des importations et exportations. Nous avons choisi certains pays importants en raison de leur industrie horlogère très présente aux siècles derniers.

4.07.1 – Les horloges typiquement allemandes

4.07.2 – Les horloges typiquement américaines

Les horloges suivantes sont classées par ordre chronologique avec année de production, pour mieux suivre l’évolution du marché américain de l’horloge depuis les touts débuts. Pour voir les appellations d’origine en anglais, cliquez sur le petit drapeau du Canada dans l’entête.

4.07.3 – Les horloges typiquement anglaises

4.07.4 – Les horloges typiquement autrichiennes

4.07.5 – Les horloges typiquement danoises

4.07.6 – Les horloges typiquement françaises

4.07.7 – Les horloges typiquement hollandaises

4.07.8 – Les horloges typiquement suédoises

4.07.9 – Les horloges typiquement suisses

Selon le The International Dictionary of Clocks de Alan Smith, Ed., les horlogers suisses, dès le 16e siècle, ont produit plusieurs horloges astronomiques de tour publiques sophistiquées comprenant même des automates. Il en existe encore à Berne et à Lucerne notamment. Ils ont aussi produit des horloges domestiques au 16e et début du 17e siècle, dont la plupart sont maintenant dans des musées. Nous allons quand même les noter parmi les horloges typiquement suisses. Nous savons par ailleurs que l’horlogerie suisse est surtout reconnue pour ses montres de précision.

Sous-section suivante : 4.08 – Horloges spécialisées

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L’œuf de Nuremberg était une petite horloge qu’on se mettait autour du cou comme un pendentif. Elle était de forme cylindrique et plus ou moins plate selon les modèles. Elle n’avait qu’une seule aiguille qui indiquait les heures. Cette petite horloge a pu être possible grâce à Peter Heinlein, serrurier de son métier, au début du 16e siècle, car il a réussi à miniaturiser le ressort et le pendule à torsion. On lui attribue pour cela le titre de «Père de la montre de poche», mais il semble que celle-ci existait déjà en Italie au 15e siècle. Pour plus de détails, voir Wikipedia (en Anglais seulement) sur l’Oeuf de Nüremburg et Wikipedia sur Peter Heinlein.

(Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public)

L’horloge chariot est appelée ainsi parce que son boîtier est en forme de chariot romain, et son cadran est placé n’importe où sur le chariot. Elle était souvent accompagnée d’une boîte à musique et de figurines automates. Son origine remonte à la Renaissance (1550-1650), à Augsburg dans le Sud de l’Allemagne, où elle était fabriquée. Par la suite, la mode s’est répandue, principalement en France au 18e siècle, durant les règnes de Louis XV, de Louis XVI, et au temps de Napoléon Bonaparte.  Cette popularité s’est poursuivie jusque vers les années 1825. Cliquez sur Wikipedia (en Anglais seulement) pour plus de détails. Illustrée, l’horloge de Bacchus en bronze doré fabriquée à Augsburg au 16e siècle de la collection du Musée du Kremlin.

( Image de Shakko autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 4. International)

Au début, ce sont des fermiers qui, durant les longues journées et nuits d’hiver se sont mis à sculpter le bois au début du 18e siècle, s’inspirant, selon la tradition, d’une horloge en bois importée de Bohème. C’est ainsi que plusieurs ont éventuellement préféré l’horlogerie à la culture de la terre. Les cadrans de ces horloges étaient peints à la main, souvent par les femmes de ces horlogers, s’inspirant de la nature qui les entouraient. On appelle ce type d’horloge holzgespindelte du nom des bobines en bois qui servaient d’arbres au train du temps. Ce type de construction s’appelle Stollen-Uhr. Ces horloges étaient fabriquées dans la région de Black Forest Lackschil. Difficile de les dater, mais celle-ci serait des années 1860-1870 environ. Elle serait fonctionnelle mais je dois encore lui trouver un balancier et des poids et éventuellement un mécanisme d’alarme, absent sur celle-ci. Elle est particulière car les petits dessins aux quatre coins sont tous différents, ce qui n’est pas la norme. Ils représentent probablement chacune des saisons. C’est une horloge murale à deux poids dont le mouvement est fait de bois et de  bronze. Au milieu du cadran se trouve une molette en bronze pour fixer l’heure du réveil. Une cloche se trouve au-dessus du boîtier en bois attaché derrière le cadran. Les aiguilles et la molette sont en laiton solide.

( Image ID122 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le coucou traditionnel de la Forêt noire est formé d’une petite cabane entourée de feuilles d’arbre et au sommet d’un oiseau, généralement une caille. Le balancier en bois est orné d’une feuille d’érable dont la pointe est toujours  placée vers le bas. Les poids sont des imitations de cocottes de pin comme dans presque tous les coucous traditionnels. Ci-contre un petit coucou des années 1970 de ma collection. Notez que certains coucous allemands donnent un son de caille (Quail Cuckoo) au lieu d’un son de coucou.

( Image ID216: Tous droits réservés, Bordloub )

Il existe aussi une autre variété de coucou traditionnel, le coucou avec scène de chasse. Comme celui qui est illustré, un coucou de 1973 que j’ai réparé pour une connaissance, le fronton comporte un cerf et deux fusils entrecroisés sur un fond de feuilles d’arbres. La cabane est encadrée par du gibier, une perdrix et un lièvre, sur un fond de feuilles d’arbres. Ce coucou comporte également un balcon où quatre couples de danseurs s’exécutent à chacune des heures, au son d’une boîte à musique qui joue un air allemand traditionnel.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Les coucous très anciens sont très rares et très chers. Mais on trouve sur le marché de l’usagé des coucous intéressants, comme celui-ci que j’ai restauré, qui reproduit un coucou de type Chalet de la Forêt noire. Il est  caractérisé par un toit en pente à deux versants dont le milieu à l’avant est comme affaissé, et par la présence de personnages qui encadrent le cadran. Plus souvent, des sapins remplacent les personnages.

( Image ID167 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le coucou de gare doit son origine à un concours mis sur pied en 1850 par l’École d’horlogerie du Grand Duché de Baden de Furtwangen, en Forêt noire. Friedrich Eisenlohr, architecte de chemin de fer a soumis une proposition de coucou s’inspirant de l’architecture des gares (Bahnhausle) installées le long du chemin de fer appelé Kuckucksbähnel, dans la Vallée du Rhin. Ci-contre, photographiée chez un antiquaire américain, une reproduction américaine d’un coucou de gare de la fin du 19e siècle, fabriquée par la Philadelphia Cuckcoo Clock Co., que j’aurais dû acheter sur le champ. Lorsque j’y suis retourné, il était parti. Il avait la particularité de sonner les quarts d’heure et de posséder deux oiseaux. Remarquez le pendule rond au lieu de la feuille traditionnelle.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge à trompette fonctionne sur le même principe que les coucous, avec des souffleurs, sauf qu’au lieu d’un oiseau qui chante, ce sont une ou des trompettes qui sonnent les heures et parfois les demies et les quarts d’heure. Sur certaines, on ajoute aussi un ou des tambours.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

On appelle « Régulateur » une horloge dont la qualité du mouvement assure la précision du temps. Le régulateur dit « Viennois » est une tentative de produire une horloge de grande précision à la fin du 19e siècle, plus petite que les horloges de parquet. On les dit viennois car c’est dans la ville de Vienne qu’ils ont été créés. Les premiers régulateurs viennois étaient des horloges murales à poids, de plus d’un mètre de hauteur, avec un boîtier pourvu de fenêtres vitrées sur trois côtés. Bien que ce soit l’Autriche qui peut revendiquer d’avoir produit les premiers régulateurs, ce sont les Allemands qui en ont produit le plus. Leur fabrication a commencé en Allemagne par des compagnies comme Gustav Becker de Freiburg d’abord, puis par Kienzle et Junghans par la suite. Plus tard, on a fabriqué des régulateurs viennois à ressorts avec sonnerie comme celui qui est représenté, et qui date des années 1920. C’est un régulateur de grande taille. J’en possède deux autres, l’un de taille moyenne et l’autre de petite taille.  Les trois sont ornés d’un frontispice au-dessus du corps principal et de finials dans le haut et dans le  bas, caractéristiques du style. Il manque à celui-ci deux finials de chaque côté de la base.

( Image ID141 : Tous droits réservés, Bordloub )

Dans les années 1760, les deux frères Benjamin et Simon Willard de Grafton, Massachusetts fabriquent des horloges de parquet longues, s’inspirant des horloges anglaises du 18e siècle. Ils produisent aussi une version courte de l’horloge de parquet longue, consistant principalement en la partie du haut avec le mouvement. Les deux autres frères de la famille Willard, Epraïm et Aaron feront la même chose un peu plus tard. Voir plus d’informations sur Wikipedia (en Anglais seulement). Illustrée une horloge de Simon Willard c. 1793.

( Image de Rau Antiques autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-SA 4.0 International, via Wikimedia Commons)

C’est grâce aux frères Willard, si l’État du Massachusetts a acquis de l’importance dans l’industrie américaine de l’horloge. Ils ont été des pionniers dans l’établissement d’une usine de fabrication d’horloges à Roxbury. On leur doit d’avoir développé des horloges de parquet longue, les fameuses Massachusetts Shelf Clocks, l’horloge Banjo, l’horloge de galerie, le régulateur et des horloges murales 30 heures bon marché mises au point vers les années 1770 dans la ferme familiale de Grafton. L’horloge d’étagère dont il est ici question a été mise au point vers la fin du 18e siècle, par Aaron Willard (1757-1884). Son inspiration vient des Bracket Clocks anglaises. Elle est composée de deux parties, l’étagère qui prend la forme d’une étagère murale (image de gauche) ou d’un petit meuble (image de droite) sur lequel est posé le boîtier contenant l’horloge proprement dite, le tout d’une hauteur qui pouvait varier de 60 cm à 100 cm (24 à 39 pouces) de haut. Leur mouvement était semblable à ceux que l’on retrouvait dans les premières horloges Banjo de Simon Willard, des 30 heures à poids. La plupart de ces horloges étaient fabriquées en acajou et le dos en pin blanc. Les deux horloges représentées proviennent de la collection du Museum of Modern Art de New York. Outre les Willard, d’autres horlogers du Massachusetts dont Daniel Bach, David Wood, Joseph Loring et John Sawin, ont fabriqué des horloges de ce type. Quelques horlogers du New Hampshire ont fait de même, dont Levi Hutchins, William Fitz, Silas Parsons et Benjamin Morrill, et du Vermont, Nathan Hale (Schorsch, 1981).

( Images autorisées en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

À la fin des années 1780, après la Guerre de Sécession, on se remet à fabriquer des horloges. Gideon Roberts, un vétéran de ladite guerre est reconnu comme étant le premier horloger de Bristol, Connecticut. Il trouve le moyen de fabriquer plusieurs horloges à la fois. Il construit des mouvements en bois qui remplacent les mouvements en laiton faits antérieurement à la main, et utilise des cadrans peints aussi à la main. Il produit des horloges du type allemand Wag-on-the-wall (horloges à tout vent). En payant un peu plus, le client pouvait la faire installer dans un boîtier en bois.

Une horloge dite Banjo a une forme qui ressemble à un banjo, comme celle illustrée provenant de la collection du Metropolitan Museum of Art de New York. C’est Simon Willard qui l’a dessinée en 1795 à Roxbury, Massachusetts. Elle ne fut brevetée qu’en 1802 et elle s’est appelée Horloge brevetée ou Horloge améliorée. Il s’agissait de la première horloge huit jours à poids, et de la première horloge murale à obtenir du succès aux États-Unis. Le brevet précisait que le ou les poids devaient être tombés de 15 pouces en 8 jours, avec un pendule pivotant vers l’avant. L’étui en bois d’acajou devait avoir trois parties : une partie circulaire contenant le cadran, une pièce allongée de taille ajustée contenant le ou les poids, et une partie rectangulaire à la base avec une petite porte. La partie allongée et inférieure avait une fenêtre peinte ou dorée. Il y avait habituellement un finial sur le dessus du cadran, souvent l’aigle américain. Plus tard, des horloges banjo à ressort ont été fabriquées.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

Eli Terry termine son apprentissage et se met aussi à fabriquer des horloges près de Plymouth au Connecticut à la fin du 18e siècle. Sa plus grande réalisation fut l’introduction de la production en série dans les années 1807 à 1810. Eli Terry a trouvé le moyen de produire des horloges en grande quantité par l’automatisation, grâce à des machines actionnées par l’eau. Ainsi, il a obtenu un contrat pour la fabrication de 4 000 mouvements en bois à 4.00 $ chacun. Seth Thomas a été apprenti dans la manufacture de Terry de même que Silas Hoadley. Ils ont acheté celle-ci en 1810. Illustrée, la face d’un mouvement de type Terry d’une horloge de ma collection.

( Image ID298mvt : Tous droits réservés, Bordloub )

Le nom Girandole a été donné à un type d’horloge américaine dessinée par Lemuel Curtis de Concord, Massachusetts vers 1810, breveté en 1816 et vendue jusqu’en 1818. Curtis était le neveu de Aaron Willard. La Girandole ressemble beaucoup à la Banjo, mais sa base est ronde au lieu d’être rectangulaire. Elles sont beaucoup plus rares sur le marché des antiquités que les Banjo.

( Image de George Loughridge autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

Ce type d’horloge a été dessiné par l’horloger américain Eli Terry de Bristol, Connecticut, qui a obtenu un brevet en 1816, connu sous le nom de Patent Clock. Il est caractérisé par la présence d’une mince colonnette de chaque côté d’un boîtier rectangulaire de bonne taille (60 à 80 cm), lequel est surmonté d’un frontispice agrémenté de trois finials. Plusieurs manufacturiers ont contourné le brevet de Terry en apportant quelques petites modifications au brevet original. Ces horloges à mouvement 30 heures ont été produites à des milliers d’exemplaires entre les années 1818 et 1828, jusqu’à l’arrivée des horloges miroirs de Chauncey Jerome. Ici un exemple des années 1930 photographié chez un antiquaire américain.

(Image : Tous droits réservés, Bordloub)

« Francis Law Durand, Horloge d’étagère, c. 1938, aquarelle, crayon de couleur, et graphite sur carton, dimensions: 35.5 x 29 cm (14 x 11 7/16 po.)
Index de l’American Design: 1943.8.4799″

Certaines horloges anciennes, au lieu d’avoir dans la fenêtre du devant un dessin inversé, ont un miroir. Joseph Ives a développé ce type d’horloges à compter de 1819 avec la collaboration de Levi Lewis. Il en a obtenu le brevet en 1822. Aussi, Benjamin Morril de Boscawen utilise ce type de boîtier vers les années 1825. Ces horloges ont été très populaires de 1820 à 1838. Celles-ci sont parfois appelées New Hampshire Mirror Clock (Horloge miroir du New-Hampshire) parce que la plupart ont été fabriquées dans cet état dans les années 1820 et 1830. C’était aussi des horloges à colonnes et fronton, avec ou sans pieds. Comme ce type d’horloge était généralement accroché au mur, le miroir était pratique. On regardait l’heure et on replaçait sa coiffure. Attention, tous les miroirs installés dans ces horloges ne sont pas authentiques. Si un miroir a l’air trop clair, n’est pas égratigné ou n’a pas perdu un peu de son fond d’étain, passez votre tour si le prix est exorbitant, à moins que le miroir remplacé soit d’époque, auquel cas il aura les imperfections dues à l’époque et à l’âge. 

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

Selon la petite histoire, Simon Willard (1753-1848) de Roxbury (Boston), Massachusetts, inspiré par le phare Eddystone Lighthouse en Angleterre, a créé une horloge à base octogonale, tronc circulaire et dôme en verre qui contient le mouvement, le cadran et une cloche sur le-dessus, imitant ainsi un phare. Willard a nommé son horloge Patent Alarm Timepiece – voyez le petit cercle au milieu du cadran pour ajuster l’heure du réveil. Elle a été brevetée en 1822. L’horloge de Willard était généralement faite en acajou et un peu de pin blanc, et son mouvement 8 jours était visible sous le dôme de verre caractéristique. Il ne s’en est pas vendu beaucoup, et Willard les a abandonnées, si bien qu’elles sont très rares et très chères. Illustrée, une horloge parmi les premières de Willard, de la collection du Metropolitan Museum of Art de New York.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

« Isidore Sovensky, Horloge Lyre, c. 1938, aquarelle, crayon de couleur, plume et encre, et graphite sur carton, dimensions: 46 x 30.8 cm (18 1/8 x 12 1/8 po.) Index de l’American Design: 1943.8.4821 »

Le design de l’horloge en forme de lyre (1823) est attribué à Aaron Willard Jr. (1783-1864), neveu de Simon Willard. John Sawin (1801-1863) de Sawin & Dyer de Boston en a fabriqué beaucoup de 1822 à 1828, mais elles sont néanmoins assez difficiles à trouver, et leur prix est en conséquence. L’horloge lyre américaine est en réalité une proche parente de l’horloge banjo, comme en témoigne le dessin d’artiste d’une horloge lyre de l’époque Willard Jr. 

( Image de la National Gallery of Art de Washington, autorisée en vertu du Creative Commons CC0 Domaine public, via Wikimedia Commons )

On dit que cette horloge a deux ponts en raison de ses deux parties assorties de portes indépendantes, qui sont comme empilées l’une sur l’autre, séparées par une tablette de bois. Dans certains cas, les ponts sont d’égale hauteur. La porte du haut est vitrée et laisse voir le cadran, et celle du bas comprend une tablette à dessin inversé. Chaque partie est souvent encadrée par des colonnes encastrées. L’ensemble possède généralement un fronton sculpté ou pressé, et des pieds ronds en bois ou souvent en laiton en forme de pieds d’animal, généralement de tigre, d’où leur nom de tiger paws. Ce n’est pas le cas de celle-ci, une L. Bradley.

Lucius B. Bradley et James Bishop ont été les premiers à mettre en marché ce type d’horloges au milieu des années 1820, avec des mouvements en bois de Eli Terry ou en laiton de Heman Clark. Plusieurs ont suivi par après, en particulier E. Ingraham en compagnie de Chauncey and Lawson Ives qui ont introduit au début des années 1830, les fameux pieds de tigre. Leurs horloges pouvaient aussi être commandées par les clients avec des colonnes dorées, tournées ou sculptés et des frontons assortis, et la porte du bas avec un miroir plutôt qu’une tablette graphique. (Schorsch, 1981)

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Chauncey Jerome réclame la paternité de l’horloge à miroir dans son Histoire du commerce de l’horloge américaine (History of the American Clock Business) dans laquelle il affirme (ma traduction) : « …durant ce temps, j’ai inventé l’horloge à miroir au laiton (Bronze Looking Glass Clock) qui n’a pas mis de temps à révolutionner tout le commerce. Comme je l’ai déjà dit auparavant, elles pouvaient être fabriquées pour un dollar de moins et vendues pour deux dollars de plus que l’horloge brevetée à colonne et volutes (Patent Case ou Pillar & Scroll); elles étaient très spectaculaires et un peu plus hautes. L’introduction de cette horloge en 1825 mettait fin au deuxième chapitre du commerce de l’horloge Yankee. » (cité dans : Tran Duy Ly, American Clocks, vol. 3, 2002). Plus loin, Ly affirme, sur la foi de l’horologiste Snowden Taylor, que de telles horloges ont existé.

 

 

 

 

 

L’horloge à doucine, appelée communément OG ou O’Gee, du nom de la moulure de plafond en forme de ‘S’, est une horloge rectangulaire, populaire aux États-Unis au 19e siècle, dont le contour à doucine ressemble aux moulures des meubles victoriens ou de style Empire de l’époque, d’où son nom O’Gee. Le boîtier était en pin et le devant et les côtés en acajou. Une porte en verre équipée d’un miroir ou d’un verre avec une tablette graphique inversée complétait l’ensemble. Ce type d’horloge conçu par William Carpenter de Bristol, Connecticut, était très populaire dans les années 1825 jusqu’aux années 1920. Les OG étaient des horloges de 30 heures ou 8 jours avec ou sans alarme, à mouvement à poids ou à ressorts. Voici un bel exemple d’une horloge O’Gee à poids de 30 heures. C’est une Jerome and Co de 1845. Elle a la particularité d’avoir une tablette où le Château de Brownsea du comté de Dorset, en Angleterre, est peint. En raison de cette image, on peut supposer que cette horloge américaine était destinée à l’exportation vers la Grande-Bretagne.

(Images ID099 et ID99i : Tous droits réservés, Bordloub)

« Richard Taylor, Horloge d’étagère avec étagère, c. 1939, aquarelle, crayon de couleur, plume et encre, et fusain sur carton, dimensions: 45.2 x 35.4 cm (17 13/16 x 13 15/16 in.) Index de l’American Design: 1943.8.4721 »

Ce type d’horloge est caractérisé par la présence de colonnes pleines de chaque côté du boîtier, d’un dessus plat et de pieds en forme de pattes d’animal (Tiger-paw). Celle-ci est posée au mur sur une tablette. C’est pourquoi, on appelle ce type d’horloge une horloge de tablette. Mais les tablettes d’origine ont disparu pour la plupart. Il ne reste que les horloges, si bien qu’on peut aussi les classer dans les horloges de mobilier.

(Image autorisée en vertu du Creative Communs CC0 1.0 Domaine Public)

« Frank Wenger, Horloge d’étagère c. 1939, aquarelle, crayon de couleur, et fusain sur carton, dimensions: 45.5 x 35.4 cm (17 15/16 x 13 15/16 in.)
Index original de l’American Design: 1943.8.5823″

Quelque part à la fin des années1820, des horloges 30 heures à poids, en noyer, dont le boîtier rectangulaire en hauteur était doté de pattes d’animal, de colonnes sculptées de chaque côté et d’un frontispice également sculpté ont vu le jour grâce à E. Ingraham, ébéniste engagé par George Mitchell, un marchand d’horloges qui les a introduites à Bristol, Connecticut dans les années 1820-1830 pour compétionner avec les horloges à miroir de Chauncey Jerome. C’est pourquoi on a dit d’elles qu’elles étaient en « transition » entre ces deux types. Les motifs de sculpture étaient faits à la main par des spécialistes venus d’Allemagne pour travailler à une foire du meuble de New York. Ils se sont par la suite installés à Bristol. Ces horloges se sont avérées de moins en moins populaires avec l’arrivée sur le marché des horloges à volutes et des horloges à doucine (O’Gee). 

(Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public)

L’horloge à colonnes creuses désigne une horloge à poids de style Empire où ceux-ci descendent le long de compartiments intérieurs verticaux placés à gauche et à droite, derrière les colonnes. Les colonnes sont lisses ou tournées ou ornées. Elles occupent  les deux tiers supérieurs du boîtier de chaque côté. Elles encadrent une porte à deux panneaux dont celui du haut contient le cadran carré, et celui du bas, une tablette avec une image inversée. Le haut de l’horloge est coiffé d’un fronton mouluré. La partie du bas sert d’appui à l’ensemble. Cette base est constituée de deux appuis en forme de « S » de chaque côté d’une porte avec tablette inversée. C’est E. & G. Bartholomew, ébéniste de boîtier de Bristol, Connecticut, qui a introduit ce modèle dans les années 1830, populaire jusque dans les années 1860. Illustrée, une Seth Thomas Hollow Column en bois de rose, de 1863.

(Image ID300 : Tous droits réservés, Bordloub)

« Lawrence Phillips, Horloge d’étagère, c. 1939, aquarelle, crayon de couleur, et fusain sur carton, dimensions: 28.8 x 22.4 cm (11 15/16 x 8 13/16 in.). Index de l’American Design: 1943.8.4803 »

C’est Elias Ingraham qui a dessiné l’horloge dite à trois ponts vers les années 1830 pour accueillir le mouvement mis au point par Joseph Ives appelé Strap Brass. Elle comporte trois parties superposées, chacune avec une porte, mais parfois sans porte pour la partie du milieu. Le premier pont contient le cadran, le second, une image inversée et le troisième, une vitre claire qui laisse voir le pendule ou une image inversée. Il y a eu plusieurs raffinements de ce modèle en vogue jusqu’au milieu du 19e siècle.

(Image de la National Gallery of Art autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public, via Wikimedia Commons)

L’horloge à colonnes et fronton (ou corniche) se caractérise par la présence d’au moins deux colonnes et d’un fronton, ainsi que d’une porte qui couvre presque tout le boîtier, séparée en deux parties par une petite pièce de bois transversale : la partie du haut laisse voir le cadran et sous le cadran, une tablette de verre. Les horloges à colonnes et corniche ont été développées principalement à compter des années 1830 jusqu’aux années 1860, par plusieurs horlogers et fabricants, Seth Thomas étant sans doute le plus prolifique. Illustrée, une petite horloge à colonnes et corniche d’Ansonia, de cette époque.

(Image ID303 : Tous droits réservés, Bordloub)

L’horloge Cottage est rectangulaire. Elle est constituée de deux parties, une base de quelques centimètres de haut surmontée du corps principal de l’horloge qui contient le mécanisme et le cadran. Elle est munie d’une porte divisée en deux parties 1/3-2/3, séparées par une pièce de bois horizontale, la partie du bas étant munie d’une vitre avec un dessin inversé, et celle du haut avec une vitre claire qui laisse voir tout le cadran. Certains l’ont qualifiée de boîte à cigares, d’autres d’horloge boîte tout simplement. Il était facile d’y placer un mouvement à ressorts en acier, et elle était peu coûteuse à fabriquer. Si elle a été introduite entre 1835 et 1840 dans sa forme Cottage, c’est Eli Terry qui a d’abord expérimenté avec la forme boîte avec l’aide de Seth Thomas qu’il avait alors engagé comme jointeur en 1808. Ce dernier en a par la suite acquis les droits moyennant une redevance à Terry pour chaque horloge vendue. Chauncey Jerome a commencé à en faire la promotion vers 1851-1852, mais c’est Seth Thomas qui en a probablement produit le plus, dont sa fameuse série miniature du début du 20e siècle comme cette petite Seth Thomas Salem Bim Bam des années 1930.

( Image ID138 : Tous droits réservés, Bordloud )

Il s’agit ici d’une horloge dont la forme s’apparente à une arche gothique, forme populaire en Angleterre au 13e siècle, réapparue dans la première moitié du 19e siècle en Angleterre sous le nom de Lancet, et aux États-Unis sous le nom de Beehive, (Ruche d’abeilles). On doit cette forme à Elias Ingraham, ébéniste renommé de Bristol, Connecticut, qui l’a réintroduite vers 1840. Les premières horloges ruche d’abeilles aux États-Unis étaient équipées d’un mouvement à ressort de type fusée breveté par Kirk, dont les ressorts étaient en laiton et brevetés par Joseph Shaylor Ives, neveu de Joseph Ives. Par la suite, elles étaient équipées d’un mouvement en laiton avec ressort en acier comme cette W. L. Gilbert des années 1870 dans son état original, sauf la vitre du bas où normalement il y a une image inversée. Notez que le cadran est peint sur une tôle de métal embossé. Elle sonne les demi-heures et les heures, c’est dans le langage populaire une Bim-Bam.

( Image ID022 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge galerie a été introduite vers les années 1845. Elle est ronde ou carrée, hexagonale, octogonale, décagonale ou dodécagonale, et de grand diamètre (30 à 60 cm). Elle s’accroche aux murs des usines, des gares, et d’édifices publics, écoles, hôtel de ville, etc. Au début, elles sont en bois avec un mécanisme sans sonnerie en laiton. Par la suite, elles sont devenues électriques, et même contrôlées à distance par des horloges mères. Le métal et le plastique ont remplacé le bois. Illustrée, une New Haven de 1913.

( Image ID090 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge noisette (Acorn) est une horloge en forme de gland, à ressorts non conventionnels, dessinée par Jonathan Clarke Brown (1807-1872) d’après le Constitutional Oak Tree à Hartford, Connecticut, et produite de 1847 à 1850 par Forestville Manufacturing de Bristol, Connecticut, dont Brown était le propriétaire. Elle était offerte en trois styles: tablette, grande et petite, et murale. Elle était faite de bois laminé, acajou ou bois de rose. De chaque côté du gland, des tiges en bois laminé épousait son contour. En voici un exemple de la collection du Metropolitan Museum of Art de New York. Ces horloges sont difficiles à trouver et il faut y mettre le prix.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public)

Horloge généralement en noyer, de style victorien, populaire au milieu du 19e siècle, que l’on plaçait sur une tablette ou sur le manteau d’une cheminée, dans une pièce appelée parloir, sorte de salle familiale où l’on recevait famille, amis et notables. Ici une Waterbury du début du 20e siècle que j’ai restaurée.

( Image ID021 : Tous droits réservés, Bordloub )

Ce type d’horloge est apparu vers le milieu du 19e siècle. Leurs fabricants ont voulu leur donner une allure orientale en introduisant dans le boîtier des perles et surtout des coquillages nacrés. Pour ce faire, ils incrustaient ceux-ci dans des couches superposées de papier mâché et de colle, le tout étant fixé sur la devanture de bois de l’horloge. D’autres les ont incrustés directement dans le métal comme dans cette horloge en fonte américaine Terry & Andrews, des années 1840, photographiée par l’auteur dans une foire d’antiquités américaine.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Horloge américaine dont le boîtier qui contient le mouvement est en bois, généralement du sapin, mais la devanture est en fonte ou en laiton moulé. Les premières horloges de ce type sont apparues vers le milieu du 19e siècle. Nicholas Muller de New York a enregistré plusieurs brevets pour ces devantures. Des catalogues font état de 125 styles de laiton et 65 de fonte, la plupart inspirés de l’art rococo de la période. Illustrée, un exemple intéressant en fonte peinte de l’American Clock Co. (c. 1859-1864) de New York, avec la présence de trois chérubins. Son étiquette intérieure lisible et les dates de brevet inscrites autour des cadrans ont permis son identification. Notez la petite lucarne qui laisse voir le balancier. La même horloge existe avec devanture en laiton.

( Image ID208 : Tous droits réservés, Bordloub )

Horloge capable non seulement de donner l’heure mais aussi la date (jour, mois, année). Ce type d’horloge est doté d’un calendrier perpétuel qu’ il fallait souvent ajuster manuellement pour tenir compte des mois à 30 ou 31 jours et des années bi-sextiles.  Souvent, elle servait également de support publicitaire. Les premiers brevets pour le mouvement de ce type d’horloge sont apparus entre 1853 et 1875, le premier enregistré pour un calendrier non perpétuel, par J. H. H. Hawes de Ithaca, New York, le 17 mai 1853. Le 19 septembre 1854, Aykins & Burritt de la même ville se sont vus attribuer un brevet pour un mécanisme à calendrier perpétuel.  Par la suite, plusieurs autres brevets ont permis de perfectionner l’horloge calendrier. En 1864, Mozart, Beach et Hubbell ont reçu un brevet pour une horloge à calendrier perpétuel à n’être remontée qu’une fois l’an. En 1865, The Ithaca Calendar Clock Co. a utilisé le brevet de Henry B. Horton pour mettre en marché une horloge à calendrier perpétuel dont l’affichage se faisait sur un rouleau au lieu du cadran.  Illustrée, une Seth Thomas Office Calendar no 4 de la fin du 19e siècle, de la collection du Musée Canadien de l’Histoire.

( Image no 983.79.11, S94-21221 publiée avec la permission du Musée Canadien de l’Histoire )

John C. Briggs de Concord, New Hampshire a obtenu  un brevet en 1855 (no. 13451) pour une horloge dont la caractéristique est d’avoir un pendule conique et de ne pas avoir d’échappement.  La dernière roue du train du temps comporte un bras qui, dans un mouvement rotatoire, fait tourner le pendule.  Le ressort et les engrenages sont montés à l’horizontale. Les originales très rares ont été fabriquées et vendues par E. N. Welch Manufacturing Co. dans les années 1870 ,comme celle qui est illustrée. La compagnie allemande Horolovar Reproduction Co., en a réalisé des reproductions.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Elias Ingraham a obtenu un brevet en 1860 pour une horloge au toit à deux versants, d’une taille semblable à l’horloge dite Cottage. Le Doric Trademark apparaissait sur l’étiquette collée au bas du boîtier. Illustrée, une E. Ingraham de 1871. Elle a la double particularité d’être du type dorique à cause de son toit en pente à deux versants, mais également d’appartenir au groupe Figure 8 en raison de sa porte qui comprend deux cercles superposés pour former le chiffre 8. Notez les deux rosettes au milieu de chaque côté des deux cercles.

(Image ID098 : Tous droits réservés, Bordloub)

Il s’agit ici d’une variante de taille moyenne de l’horloge à colonnes et corniche à laquelle on a ajouté dans la base, un petit hublot qui laisse voir le pendule. De plus, l’allure des pieds s’harmonise avec les embouts de la corniche. En voici un exemple, une Seth Thomas 8 jours des années 1870. L’intérêt de cette horloge réside aussi dans son mouvement en forme de lyre.

( Image ID094 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge de cuisine traditionnelle américaine était généralement fabriquée en chêne. Ses motifs qui ont l’air sculptés sont en réalité pressés à la vapeur à l’aide d’une presse mécanique. Populaire aux États-Unis de la fin des années 1800 et début 1900, cette horloge avec une porte vitrée, ornée d’un dessin incrusté, était généralement placée sur une tablette appareillée, accrochée au mur d’une cuisine, d’où son nom. On en a vendu des millions d’exemplaires car elles étaient très peu dispendieuses, et leur mouvement à ressorts était à toute épreuve et facile d’entretien. Il est très difficile de trouver une horloge de cuisine avec sa tablette assortie. Habituellement, on trouve des tablettes et des horloges de cuisine seules. Dans le cas présent, il s’agit d’une Ansonia Kenmore des années 1920, que j’ai restaurée car le boîtier était recouvert d’une couche de peinture brun foncé, si épaisse que les motifs disparaissaient sous celle-ci. Tout est original sauf le dessin dans la vitre dont il ne restait que des bordures à peine visibles. Il a été remplacé par un décalque que l’on trouve chez les vendeurs de pièces d’horloges anciennes.

( Image ID014 : Tous droits réservés, Bordloub )

 

Les horloges noires de cheminée étaient très souvent inspirées des temples grecs comme celle-ci, une E. Ingraham de la fin des années 1920. Notez les trois colonnes corinthiennes de chaque côté. La base et le haut des colonnes possèdent un fini Adamantine™.

( Image ID023 : Tous droits réservés, Bordloub )

Les horloges de cheminée noires étaient faites de bois, de marbre, d’ardoise ou de fonte et certaines s’inspiraient des temples grecs. Cette Waterbury des années 1880 est en fonte noire.

( Image ID110 : Tous droits réservés, Bordloub )

Eugene L. Fitch a obtenu des brevets pour cette horloge à chiffres imprimés sur des plaquettes. Elle peut être considérée comme le premier type d’horloge numérique. Ansonia Clock Co. en a acquis une licence pour la produire aux États-Unis à compter de 1904 sous le nom de Plato. Comme les petits cartons des chiffres sont enfermés dans une lanterne de carrosse transportable, on a aussi appelé ce type d’horloge Lanterne numérique.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

L’horloge lanterne est une horloge murale qui ressemble à une lanterne, dont l’origine remonte probablement au Moyen-Âge. Elle mesure entre 36 et 50 cm de hauteur. Son boîtier carré est surmonté d’une coupole avec un finial sur le dessus, et un ornement gravé à sa base. Son cadran en façade a l’air d’être appuyé sur des colonnes. Il ne possède au début qu’une seule aiguille. Le tout est appuyé sur des petites pattes rondes. Son mécanisme est à poids, une corde ou une chaîne à l’avant pour le train du temps, une autre à l’arrière pour le train de sonnerie, parfois une troisième pour une alarme. Une roue de balancier assure le mouvement du temps jusqu’à l’apparition du pendule vers 1655. Plus tard, avec l’introduction du ressort, ce type d’horloge est devenu un modèle de table reposant sur ses quatre pieds. Illustrée, une horloge des années 1670, signée Richard Ames Neere St. Andrew’s Church in Holborn Londini Fecit de la collection du Musée hollandais de l’or, de l’argent et  de l’horloge (Nederlands Goud-, Zilver- en Klokkenmuseum) de Schoonhoven, Hollande. 

(Image par Postelwijn authorized under Creative Commons CC BY-SA 3.0)

L’invention du pendule par Fromentel et Huygens en 1658 permet de construire des horloges de parquet à corps très long. L’un des effets de cette invention, c’est une précision plus grande. Ces horloges étaient des 30 heures ou des huit jours qui ne sonnaient sur une clochette que les heures.  Illustrée, une horloge anglaise de Londres signée William Jourdain (1675-1775) de la collection du Musée canadien de l’histoire.

( Image no F-777, S94-21278 publiée avec la permission du Musée Canadien de l’Histoire )

Les Anglais ont appelé Hooded Clock, ces horloges de parquet longues dont on n’a conservé que la tête. On les appellera donc en français Horloge de tête. Accrochées au mur, le pendule et les poids pendaient à l’air libre. Il s’agissait d’une horloge 30 heures le plus souvent dotée d’une alarme. Elles étaient en pin ou en chêne. Le cadran en laiton doré, la plupart du temps carré, était en moyenne de 6 à 8 pouces de large, mais jamais plus de 10 pouces. Ces horloges étaient beaucoup moins chères à produire que les parquets. Elles ont été populaires au 17e siècle. C’était en réalité une horloge du peuple et les travailleurs de l’époque s’en servaient surtout en hiver pour se réveiller tôt le matin, car en été, le soleil à cette latitude se lève tôt. Illustrée, une horloge en chêne signée Richard Stephens de Bridgenorth, Angleterre des années 1760. Son cadran est en laiton et elle n’a qu’une seule aiguille.

(Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

En 1797, le Parlement britannique vote une taxe annuelle de cinq shillings sur toutes les horloges vendues, ce qui fait baisser les ventes, les gens préférant consulter les horloges publiques. C’est pourquoi on a appelé cette horloge Acte du Parlement ou horloge de taverne, car plusieurs étaient installées dans les Taverns que beaucoup d’Anglais fréquentaient. Illustrée une horloge de taverne exposée au Leeds Castle en Angleterre.

( Image de Terry Hassan autorisée en vertu du Common Creative CC BY-NC-SA 2.0 )

Nous conserverons le nom original de « Bracket » en français pour distinguer cette horloge des autres horloges dites d’étagère. Elle est apparue en Angleterre dans les années 1670. Elle était destinée à être posée sur une tablette accrochée au mur, d’où son nom. Avec les années, ces horloges ont pris différentes formes et ont été fabriquées avec plusieurs essences de bois, acajou, noyer, bois de rose, etc. Représentée, un exemple typique de la Bracket Clock anglaise du début du 19e siècle, photographiée par l’auteur lors d’une grande foire d’antiquités américaine. La petite poignée sur le dessus, bien caractéristique, sert à la déplacer. Il existe plusieurs types d’horloges Bracket Clock selon le style de leur toiture et de leur piétement.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Inventée en 1808 par Sir William Congreve qui a obtenu un brevet, le pendule de cette horloge est remplacé par une balle qui roule en zigzag sur un rail. Son trajet lui prend entre 15 et 60 secondes avant de frapper l’échappement qui renverse le plateau, ce qui fait avancer les aiguilles de l’horloge. Voir Wikipedia pour plus de détails (en Anglais seulement). Illustrée une horloge de Congreve qui date de 1820 exposée au British Museum de Londres.

( Photograph by Mike Peel,, autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-SA 4.0 International  via Wikimedia Commons )

L’horloge Sedan est une petite horloge de style Géorgien que l’on accroche au mur, populaire à la fin des années 1800 et début 1900. Elle a un petit mouvement de 30 heures qui ressemble à celui d’une montre. Certains modèles avaient des mouvements qui semblaient avoir été fabriqués pour eux. Posséder ces petites horloges était synonyme d’aisance financière, car leur propriétaire pouvait en avoir plusieurs accrochées au mur, et certaines étaient emportées lors d’un déplacement en voiture cochère. Elles sont rares et très chères. 

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Les Kutnow Brothers inventent en juin 1906 une horloge électrique à batterie dont le pendule est remplacé par un large balancier rotatif avec un ressort spiralé.  Pour des détails techniques, cliquez sur Eureka. Ci-contre un très bel exemple de 1906 de la Eureka Clock Co. Ltd. de Londres qui a œuvré de 1906 à 1914, photographiée dans une foire d’antiquités américaine.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Voici une horloge autrichienne Zappler des années 1780, photographiée par l’auteur dans une foire d’antiquités américaine. Elle est caractérisée par le fait que le pendule bat devant le cadran. Il arrive aussi que deux pendules battent chacun dans leur direction. C’est une pièce rare et de prix.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Voici une horloge ronde à poids Andres & Dworsky fabriquée à Karlstein, Autriche entre 1885 et 1905, selon la marque de commerce qui figure sur le cadran. Son mouvement possède un cadre en bois, et ses engrenages sont en laiton.  Le cadran a la particularité d’être en verre, les chiffres et le décor étant peints directement sur l’endos du verre, si bien que les aiguilles sont à l’air libre. On l’appelle Horloge de postier dans la tradition allemande. Ce type d’horloge a aussi été fabriqué en Forêt noire.

( Image ID124 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge tableau a d’abord été fabriquée en Autriche, puis plus tard, en Forêt noire en Allemagne, de la fin du 19e siècle jusqu’au début du 20e. Elle est caractérisée par le fait que le cadran est assez gros, et qu’il est généralement placé en plein milieu du tableau, ou dans le haut ou le bas, comme celle-ci. Elle est de fabrication indéterminée, mais peut-être autrichienne, si on en juge par son mouvement en bois avec engrenages en laiton. La clé pour l’identification de la provenance réside probablement dans l’image des deux jeunes filles assises qui semble de style victorien. La forme du cadre avec ses quatre coins en forme de triangles, est aussi inhabituelle pour les horloges tableaux qui présentent généralement un cadre parfaitement rectangulaire. À suivre…

( Image ID249 : Tous droits réservés, Bordloub )

Ce sont des horlogers autrichiens qui sont les véritables initiateurs des Régulateurs viennois. L’idée était de créer une horloge de précision, d’où le nom de régulateur, viennois parce c’est dans la ville de Vienne que les premières ont été conçues. Par contre, les Allemands comme Gustav Becker ont produit probablement plus de régulateurs dits viennois que les Autrichiens eux-mêmes.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Les horloges de parquet longues s’appellent au Danemark, horloges Bornholm, du nom d’une petite île de la mer Baltique où elles ont d’abord été fabriquées. La production artisanale d’horloges Bornholm a pris un tel essor à l’époque que les fabricants d’horloges de la capitale Copenhague se sont plaints du trop grand nombre d’horloges Bornholm sur leur marché. Cette fabrication artisanale improvisée s’est éteinte vers la fin du 19e siècle avec l’arrivée sur le marché d’horloges fabriquées à la chaîne en provenance de la Forêt noire, de France et d’Amérique. Illustrées, deux horloges de parquet Bornholm (bornholmerur) fabriquées l’une en 1760 et l’autre en 1745, de la collection du Musée Kulturhistorisk (Culture historique), section du Bornholms Museum situé à Rønne au Danemark. 

( Image de Leif Jørgensen autorisée en vertu du Common Creative CC BY-SA 4.0 International )

André-Charles Boulle (1642–1732), est reconnu comme étant le joaillier du meuble. Il est certainement le meilleur ébéniste de son époque, reconnu pour ses marqueteries et ses boîtiers d’horloges. Les horloges Boulle originales sont des objets de musée. Mais plusieurs fabricants de Boulle tant Français, Allemand que Suisse se sont inspirés de son style. Illustrée, une horloge Boulle des années 1695 de la collection du Cleveland Museum of Art. Cliquer sur le lien en bleu pour plus de détails sur cette horloge.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC0 1.0 Domaine Public )

En 1920, M. T. Favre-Bulle invente une horloge qui portera son nom. C’est en réalité une horloge électro-magnétique qui reprend la technologie développée par Alexander Bain dans les années 1840 en la perfectionnant. Généralement, ce type d’horloge est placé sous un globe de verre, mais on en trouve aussi dans des boîtiers en bois.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

C’est probablement le dessus de l’horloge tout en hauteur, avec une poignée pour le transport et une cloche sur le dessus, qui a donné son nom à l’horloge Capucine. Son origine remonte à la fin du 18e siècle C’est sans doute le prédécesseur de la Pendule de voyage avec son alarme. Cette dernière est généralement placée dans un petit caisson en cuir pour le voyage.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

L’horloge Cartel est essentiellement une horloge murale du 18e siècle, ayant la forme d’une cartouche et un fini généralement ormoulu, comme celle-ci, photographiée par l’auteur dans une Foire d’antiquités américaine.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge Comtoise que l’on connaît aussi dans ses variétés Morbier ou Morez, est une horloge de parquet très longue fabriquée en Franche-Comté, dans l’est de la France, d’où son nom. Les rouages du mouvement, en laiton généralement, sont installés dans une cage en fer. Son pendule très orné est en métal, et s’étend en dehors de la cage où le mouvement se trouve. Le boîtier en bois est de forme allongée tout en courbe. Ici une Comtoise traditionnelle de l’horloger Ro Manet à Billy, Loire, sans son boîtier en bois. Elle date du milieu du 19e siècle. La Morbier et la Morez sont des variétés de Comtoises. En effet, Morbier et Morez sont des communes du Jura en Franche-Comté. Celles-ci étaient le centre de la fabrication d’horloges. Les Morbier et les  Morez ont été produites entre 1750 et le début du 20e siècle. Certaines ont pu être produites plus tard, mais ce sont des reproductions.

( Image ID290 : Tous droits réservés, Bordloub )

Henri-Eugène-Adrien Farcot (1830-1896) a enregistré au cours de sa carrière plusieurs brevets. C’est à lui que l’on doit l’horloge conique dans laquelle le pendule, au lieu de bouger de gauche à droite, bouge en formant un cône, comme cette horloge photographiée par l’auteur dans une Foire d’antiquités américaine. Farcot a aussi construit plusieurs horloges coniques monumentales placées dans des endroits publics, et certaines exposées lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1867.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

À partir de la Révolution française, la France divisait la journée en 10 heures décimales, chaque heure en 100 minutes décimales, et chaque minute en 100 secondes. Ci-contre, une horloge des années 1793 ou 1794, qui affiche l’heure standard et, sur le petit cadran, l’heure décimale.  Les Français ont bien tenté de faire adopter ce système métrique par les pays du monde, mais sans succès, si bien qu’ils se sont résignés à adopter le système standard actuel au début du 20e siècle. Pour plus de détails, voir Wikipedia.

(Image des Collections Khalili autorisée en vertu du Common Creative CC BY-NC-SA 4.0 International via Wikimedia Commons)

Ci-contre une horloge française Empire en bronze doré, assez typique, avec un personnage mythologique, un ange guerrier portant épée et bouclier, que j’ai photographiée dans une Foire d’antiquités américaine. Empire est un style plutôt qu’un type d’horloge, mais c’est typique de l’horlogerie française. La période Empire couvre le premier tiers du 19e siècle sous les règnes de Napoléon I, Louis XVIII et Charles X.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Pendule populaire durant les guerres napoléoniennes, d’où son nom, muni d’une alarme, c’était des petites horloges de voyage généralement en métal ou en bois avec étui en cuir ou boîtier en bois. Elles ont été fabriquées en France, mais également en Suisse et en Allemagne de 1780 à 1820.

La pendule religieuse est la version française de la Bracket Clock anglaise. Son nom vient de l’analogie de sa forme avec l’architecture des églises. On l’appelle aussi Louis XIII, à tort puisque la pendule religieuse est devenue populaire 20 ans après la mort de Louis XIII. Sa forme s’inspire plutôt des cabinets anciens italiens du 16e siècle.

L’horloge Portico serait d’origine française. On peut aussi l’appeler Horloge à baldaquin, mais Portico est plus usuel. Ici, un exemple qui montre bien la structure à quatre colonnes entre une base et un toit, le cadran de l’horloge se situant au milieu des colonnes avant, laissant le pendule à l’air libre battre au milieu de celles-ci. Le mouvement de cette horloge a été conçu et fabriqué par Honoré Pons, horloger français né à Grenoble, ayant vécu de 1773 à 1851. C’est lui que l’État français a chargé de relancer l’industrie horlogère à Saint-Nicolas d’Aliermont en Normandie où il s’est installé en 1807. Le mouvement est gravé d’un écusson de la Médaille d’or 1827. On ne connaît pas l’ébéniste qui a conçu et fabriqué le boîtier à marqueterie dont on trouve sur le marché plusieurs exemplaires avec des variantes de décoration. Cette horloge a sans doute été fabriquée entre les années 1827 et 1834, année où Pons a reçu une nouvelle médaille d’or qui sera suivie d’autres en 1839 et 1844. Pons a vendu ses ateliers et équipements à l’horloger Borromée Délépine en 1846, ce dernier poursuivant l’oeuvre de Pons. Il signait d’ailleurs ses horloges «Honoré Pons à Paris».

( Image ID264 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge Tête de poupée a été populaire en France dans le dernier quart du 17e siècle. Elle est ainsi nommée car elle ressemble à un buste. Cette horloge était le plus souvent ornée de marqueterie Boulle. Voici un exemple des années 1700 qui se trouve dans un Musée.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Les horloges Zaandam historiques datent des années 1670 à 1730. Elles portent le nom de la ville où elles ont été conçues, ou celui de la rivière Zaan qui sillonne la ville, même si elles ont été fabriquées dans l’ensemble de la région appelée Zaanland. Le mouvement 30 heures à poids est attaché à un boîtier en bois ouvert sur les deux côtés. Celui-ci, avec des colonnes torsadées aux quatre coins, repose sur une base elle-même attachée à un dos qui se prolonge vers le haut et vers le bas, et repose sur deux équerres en bois entre lesquelles se trouve un ornement en laiton doré. En façade, la couronne du cadran en laiton, en chiffres romains, est encadrée par quatre écoinçons en laiton. Au-dessus du boîtier se trouve un fronton en laiton qui cache à peine le Dieu Atlas qui se trouve derrière et la cloche qui sonne les heures. Les poids en forme de poire sont caractéristiques des Zaandam. Les Zaandam originales sont très rares, mais de nombreuses reproductions ont été réalisées avec des mouvements allemands semblables à ceux qu’on trouve dans les coucous modernes, comme cette Zaandam de 1966 de ma collection.

( Image ID040 : Tous droits réservés, Bordloub )

Horloge Friesland avec alarme, sur étagère en bois, avec pendule, chaînes, 3 poids et une poulie.

L’horloge Friesland est apparue au début du 18e siècle. C’était une version probablement bon marché de la Zaandam. Cette horloge a pris le nom de Stoeltjesklok car elle donne l’impression d’être assise sur une sorte de chaise chapeauté d’un baldaquin, car «stoel» signifie «siège». À l’origine, le boîtier qui portait le mouvement était en fer. À l’arrière, se trouve une porte en fer, sur les côtés, des vitres, et devant, un cadran en fer sur lequel on a peint des motifs floraux et un paysage. L’aiguille en laiton était unique. Le boîtier était assis sur une base en bois à quatre petits pieds, laquelle était posée sur une petite tablette attachée au dos qui se prolongeait vers le haut, pour être coiffé par un petit toit à deux pentes auquel était attaché un fronton très décoré en laiton bronzé. Le boîtier en fer était attaché au dos en bois, et encadré de sirènes sculptées sur bois ou d’oiseaux comme sur celle-ci. Ces horloges, des 30 heures à poids, ont été fabriquées principalement dans les provinces de Friesland et de Groningen dans le nord de la Hollande. On les appelle aussi des Friesland.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 4.0 International )

Apparue au milieu du 18e siècle, les horloges Staartklok étaient des versions de luxe des Stoeltjesklok. C’était des horloges murales 30 heures à poids, avec deux cloches, caractérisées par la présence d’un cadran de métal peint de forme rectangulaire, parfois surmonté des phases lunaires, d’un calendrier, ou même de petits automates. Elles étaient surplombées d’une décoration en métal bronzé. Il y avait aussi de petites portes sur le côté du boîtier principal. À la différence des Stoelklok, le mouvement est enfermé dans le boîtier en bois. Au 19e siècle, l’horloge Staart a perdu sa couronne de métal, remplacée par une arche surmontée de finials de chaque côté, en forme de joueur de trompette, et trônant au milieu un finial du dieu Atlas bien en évidence. Elle possède généralement une longue extension devant laquelle descendent les chaînes et les poids de même que le pendule. Ces horloges ont été largement exportées, mais l’arrivée des régulateurs allemands a causé leur perte. Cependant, elles sont encore fabriquées en Hollande par la Dutch Clocks, qui produit également des Zaandam et d’autres modèles hollandais typiques.

( Image par Carillonnl autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-SA 3.0 )

Sur le modèle de l’horloge Friesland, mais avec un mouvement capable de supporter les aléas de la mer, on a fabriqué des petites horloges appelées Schippertje pour « Petit Capitaine » dont le mouvement mesurait dans les 4 à 5 po de haut (10 à 13 cm). L’échappement à verge était monté horizontalement comme dans les horloges de cocher, au-dessus de la platine du haut. La compagnie Warmink a aussi fabriqué de telles horloges dans les années 1950-1970, comme celle qui est illustrée.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Les horloges Sallander ont été fabriquées dans la région de Salland au Pays-Bas, d’où leur nom. Ce sont des horloges vintage qui ont été produites entre les années 1950 et 1970 par une compagnie de la ville de Almelo en Hollande, fondée en 1929 par la famille Warmink. Elle a dû fermer ses portes après 75 ans d’activité. Il s’agit de la Warmink Uurwerken en Barometers Almelo (WUBA), nommée plus tard Warmink. Elle a fabriqué plusieurs types d’horloges typiquement hollandaises sous son acronyme WUBA. Le modèle illustré est une interprétation moderne d’un mélange de styles hollandais anciens Zaandam, Stoeltklok et Staartklok. Il s’agit d’une horloge 8 jours avec phases lunaires et sonnerie aux demi-heures et heures. Ces horloges sont encore disponibles, distribuées en ligne par la Dutch Clocks située dans la province de North Brabant dans le sud des Pays-Bas, dont la mission est de partager leur passion des horloges hollandaises au reste du monde en vendant des spécimens d’horloges hollandaises aux amateurs et collectionneurs.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

Les Hollandais ont créé des horloges de mobilier, comme celle-ci qui date de 1675, réalisée par l’horloger Johannes van Ceulen de La Hague. Elle fait partie de la collection du Groupe de Musées de la science de Hollande. Le boîtier avec fenêtres en verre de chaque côté, est en bois noir japanisé, le fond du cadran est en tissu orangé, le cadran lui-même est en laiton. Le mouvement tout en laiton et en fer est en soi une œuvre d’art tellement il est orné. Le nom de l’horloger et sa ville sont gravés en devanture. On remarquera une certaine parenté avec les brackets anglaises sans leur tablette. La compagnie Warmink a aussi fabriqué au milieu du siècle dernier sous la marque WUBA, une interprétation hollandaise moderne de la Bracket Clock anglaise.

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L’horloge Mora est la version suédoise des horloges de parquet longues. Elles ont été fabriquées principalement du 18e siècle jusqu’au début du 19e, dans le village de Mora dans la province de Dalarna en Suède. Ces horloges généralement faites en pin étaient de style Rococo, d’une forme plutôt féminine avec des courbes gracieuses. C’était des horloges faites sur mesure. On achetait un mécanisme d’un horloger de Mora, et on commandait ensuite un boîtier à un ébéniste local.

(Image autorisée en vertu du Common Creative Commons CC0 1.0 Domaine public )

Au milieu du 20e siècle, la compagnie Westerstrand a produit plusieurs horloges murales de type cartel, à la manière française, comme celle-ci qui possède un mouvement suédois. Elle est faite de bois auquel on a appliqué de la dorure. Dans le bas de l’horloge, on peut apercevoir dans la petite lucarne, la lentille (bob) du pendule.

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Selon le The International Dictionary of Clocks de Alan Smith, Ed., la famille Liechti a œuvré en horlogerie durant 300 ans, et cela dans la même ville, Winterthur. Ils ont produit aussi bien des horloges publiques que domestiques. L’une de ces horloges est au British Museum de Londres. Il s’agit d’une horloge en fer à la manière des lanternes anglaises, fabriquée par les deux frères Ulrich et Andreas Liechti en 1599. Cette horloge qui mesure 15 po. de haut (38 cm) sonnait les heures et les demi-heures sur une cloche perchée au sommet de l’armature en fer. Son cadran était peint et ne comportait qu’une seule aiguille, mais elle indiquait aussi les phases lunaires.

( Image du British Museum Trustee autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 4.0 International )

Les horlogers suisses ont également produit une horloge en bois dans le style des horloges de la Forêt noire en Allemagne, particulièrement dans la ville de Davos, d’où son nom. C’était un type d’horloge assez rudimentaire dont nous n’avons pas trouvé d’illustration.

L’horloge du Jura était murale et comportait des poids. Le boîtier était en bois peint en noir. Le cadran était en métal et ne comportait pas de vitre pour le protéger. Un peu plus tard, les poids ont été remplacés par des ressorts, le cadran protégé par une vitre, des pieds de métal ont été ajoutés, et l’horloge est devenue une horloge de mobilier. On a aussi fini par adopter le cadran émaillé populaire en France. La forme plutôt carrée s’est aussi arrondie à la manière française. Nous n’avons pas trouvé d’illustration.

Originalement, une Neuchâteloise est une horloge fabriquée dans le Canton de Neuchâtel, mais c’est devenu un style d’horloge. Celui-ci s’est développé au contact des horlogers français au milieu du 18e siècle jusqu’au milieu du 19e. Il n’est pas étranger au style Louis XV. La ville de La Chaux-de-Fonds est devenue assez rapidement le centre de l’horlogerie suisse. C’est là que le style d’horloge Neuchâteloise a pris son envol. Illustrée, un modèle contemporain à mouvement Hermle 131-080, 21cm/148 allemand. Il n’y a aucune indication sur la provenance du boîtier. On sait par ailleurs que plusieurs horloges Neuchâteloises ont été fabriquées ailleurs qu’en Suisse. C’est probablement le cas de celle-ci. Généralement ces horloges sont vendues avec une tablette qu’on accroche au mur, sur laquelle on pose l’horloge, mais plusieurs ont perdu leur tablette.

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L’horloge atmosphérique a été mise au point en 1926 par Jean-Léon Reutter de Neuchâtel en Suisse. On doit à la compagnie suisse Jaeger-LeCoultre, détenteur du brevet, la commercialisation de ce type d’horloges. Ci-contre une Jaeger-LeCoultre classique à pendule à torsion. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de l’Atmos, voir Wikipedia.

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La spécialité suisse, c’est la montre. Ainsi, on trouve beaucoup de petites horloges et de réveil-matin qui ont des mouvements qui ressemblent beaucoup aux mouvements des montres, en un peu plus gros. Voici un petit réveil-matin de voyage suisse («Swiss» est inscrit au bas du cadran) en laiton de marque Terheyden dont le mouvement est semblable à celui d’une grosse montre de poche. Ce mouvement à 15 rubis porte comme nom de fabricant la Cortland Concord Watch Co., un important fabricant suisse de montres et petites horloges de luxe. Selon mes recherches, « Cortland » serait une marque déposée de la Concord Watch de Suisse. Quant au nom sur le cadran, c’est la marque d’une grande bijouterie de Pittsburgh, Pennsylvanie qui a été fondée en 1854. Je ne crois pas qu’elle existe encore.

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