4.04 – Sonneries et carillons

Dernière révision : 2022-08-09 @ 06:08

4.04 – Sonneries et carillons

Il existe plusieurs dispositifs, les uns sonores et les autres visuels (pour les malentendants), qui permettent de reconnaître l’heure et les parties d’heure sans regarder sur le cadran d’une horloge. Il faut en tenir compte dans la catégorisation des horloges. Les dispositifs sonores se divisent en deux grandes catégories, les dispositifs mécaniques et les dispositifs électroniques. Les premiers sont la plupart rattachés aux mouvements mécaniques des horloges qui régulent leur fréquence par des dispositifs dont nous avons entrevu la complexité dans la partie Terminologie des horloges, le mouvement. Les deuxièmes sont rattachés plutôt aux horloges mues par l’électricité, y compris les horloges à piles. Enfin, il existe des dispositifs spécialement destinés aux malentendants qui utilisent la lumière au lieu du son pour marquer le temps. Dans ce qui suit, nous allons donc nous attarder aux dispositifs d’émission.

4.04.1 – Les dispositifs sonores mécaniques

4.04.2 – Les dispositifs sonores électroniques

4.04.3 – Les dispositifs sonores lumineux

Sous-section suivante : 4.05 – Architecture du boîtier

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Quand on pense à la cloche externe, on voit tout de suite le réveil-matin avec une cloche sur le dessus comme celui-ci, un Jerger, « Busy Boy » fabriqué en Allemagne de l’Ouest, donc avant la chute du mur de Berlin. Ce sont deux petits automates qui frappent la cloche à toute vitesse. C’est très efficace pour le réveil car la sonnerie est très forte.

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Certains réveil-matin possèdent plus d’une cloche, comme celui-ci de Robertshaw Controls, une division de Lux Clock Manufacturing Co. de Waterbury, Connecticut, modèle Gabriel, des années 1940. Notez le petit marteau rond au milieu des deux cloches, à l’heure voulue, il frappe à tour de rôle sur celles-ci.

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On retrouve aussi la cloche à l’intérieur des boîtiers d’horloges américaines, comme dans cette Sessions 8 jours des années 1930. Dans celle-ci, la cloche en acier marque les demi-heures alors que le gong en spiral derrière le bob, sonne les heures.

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La cloche est très présente dans plusieurs horloges anciennes françaises comme celle-ci, une horloge franco-belge, à mouvement A.D. Mougin (c. 1880), lequel est très représentatif des mouvements français de l’époque. À la différence des horloges américaines, la cloche française est généralement en laiton plutôt qu’en fonte ou en acier. Elle se fait aussi plus discrète dans sa sonorité.

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William Hoschke de New York a obtenu un brevet pour un design de cloches de la compagnie Sonora Chime Company, le 18 avril 1908. Seth Thomas en a acquis les droits en 1912, a adapté la sonnerie à ses propres techniques de fabrication (notez le mécanisme de sonnerie relié au mouvement), a baissé les prix et lancé une gamme d’horloges Sonora. À la base, il s’agit d’un système de 4 ou 5 cloches voire 8, placées les unes derrière les autres dans un petit caisson en bois qui sert de caisse de résonance, lorsque les petits marteaux viennent les frapper. Ilustré, le mouvement de ma Seth Thomas Sonora no 495 de 1922.

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Dans plusieurs réveil-matin, l’alarme vient du son qu’un petit marteau fait sur le caisson de métal de celui-ci. Voici le mécanisme d’un réveil-matin Westclox de 1906, le Iron Clad 500. Notez le petit marteau qui dépasse du mouvement. Celui-ci frappe sur le boîtier en métal à l’heure voulue.

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On retrouve très fréquemment le gong en spiral dans toutes sortes d’horloges, françaises, américaines, allemandes, etc., de table, de cheminée, de tablette, murale, de parquet à ressort, mais ce sont généralement des horloges qui ne sonnent que les heures et les demi-heures. Le son qu’il produit est plus fort et d’une fréquence plus basse que la cloche que l’on retrouve dans les horloges, sauf dans les réveil-matin. En voici un exemple, une Waterbury de type clocher de 1880. La spirale est attachée à la cloche du milieu. Le marteau, cette tige avec un petit bout rond, frappe sur la spirale pour produire le son.  La cloche noire inversée qui se trouve au milieu à gauche sert à la sonnerie de réveil avec son petit mécanisme et son marteau propre.

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Les tiges harmoniques sont destinées à produire des notes de musique. Ces tiges sont faites d’acier ou de cuivre et sont de longueur différente, harmonisée chacune à une note précise de la portée musicale. Elles sont attachées à un support généralement en fonte noire qui lui-même est vissé à l’intérieur du boîtier de l’horloge. On trouve des dispositifs à une seule tige, à deux tiges, à trois, etc. selon la complexité du carillon. Selon le nombre de tiges, on peut parler de carillon. De 1 à 3, on a surtout à faire à une horloge à sonnerie de type Bim-Bam. Il faut au moins 5 tiges pour produire le carillon le plus populaire, le Westminster. Ça peut aller jusqu’à huit. Entre 8 et 12, on peut reproduire les notes de trois carillons comme Westminster, St-Michaels et Wittington. Représenté ici un mouvement allemand Urgos à 9 tiges qui peuvent jouer les notes des trois mélodies précitées. De manière générale, au premier quart d’heure, l’horloge joue 4 notes, à la demi-heure, 8 notes, au troisième quart d’heure, 12 notes, à l’heure, 16 notes suivies du nombre de coups qui correspond à l’heure indiquée.

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À la façon des tuyaux d’orgue, certaines horloges de parquet longues sont équipées de tuyaux en lieu et place des tiges harmoniques. Le son est ainsi beaucoup plus riche. On se croirait dans une église lorsqu’elles sonnent. Illustré, un mouvement d’une horloge allemande de parquet longue (2,4 m. ou 8 pieds) du début du 20e s., sur le banc de test d’un ébéniste horloger amateur de ma connaissance. Celle-ci a neuf tubes, elle peut jouer trois airs.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

L’horloge coucou est née en Allemagne au XVIIIe s. vers les années 1730, dans la magnifique région de la Forêt noire. Le son du coucou est produit par deux soufflets. Lorsque le coucou sonne, il sort de sa petite cabane et chante coucou le nombre d’heures indiqué. Sauf exception, le coucou possède aussi un gong en spiral. Certains coucous plus dispendieux possèdent aussi une boîte à musique qui joue un air aux heures seulement ou aux heures et aux demi-heures ;  dans ce dernier cas, les airs sont différents pour bien identifier les heures et les demies.

( Image ID194mvt : Tous droits réservés, Bordloub )

On retrouve surtout les petits dispositifs de boîte à musique dans les réveil-matin, certaines horloges de cocher ou d’officier et dans les coucous. Représentée, la boîte à musique d’un petit réveil-matin allemand Heco. À l’heure voulue, c’est la petite boîte à musique suisse qui joue un air, dans ce cas-ci, c’est le « Bleu Danube ». J’ai un autre réveil semblable qui joue « Love Story ».

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La sonnerie électronique fait partie de l’ère de l’horloge électrique où, dans les réveil-matin, la cloche est remplacée par un vibreur, comme dans ce réveil Westclox des années 1950, fabriqué au Canada, de la collection du Musée canadien de l’horloge.

(Image publiée avec la permission du Musée canadien de l’horloge)

Dans certains réveil-matin plus sophistiqués, le vibreur est remplacé par une petite musique ou des notes produites électroniquement et diffusé par un petit haut-parleur, comme dans ce Westclox électrique DreamScape des années 1980, fabriqué en Chine pour Westclox Canada de Peterborough en Ontario. Sa caractéristique est de jouer au réveil, au choix, un son de la pluie en forêt, de la campagne ou du bord de mer. 

On retrouve aussi dans certaines horloges à carillon, souvent en remplacement du mouvement mécanique, un mouvement à batterie avec un petit haut-parleur qui diffuse les notes de l’Abbaye de Westminster, entre autres, comme celui-ci, un mouvement Hermle.

( Images ID245 et ID182 : Tous droits réservés, Bordloub )

La version moderne du réveil-matin, en beaucoup plus polyvalent, c’est le Amazon Echo Dot et ses semblables, apparu sur le marché en 2015. C’est une voix réelle synthétisée qui nous réveille ou une musique de notre choix, capable aussi de faire partir la cafetière à distance, en même temps qu’elle donne les dernières nouvelles ou le temps qu’il fait dehors… On n’arrête pas le progrès!

Pour les personnes sourdes ou qui ont des problèmes d’audition, on a fabriqué des réveil-matin lumineux. En voici un exemple fait au Canada de la collection du Musée canadien de l’horloge, le Westclox Moonbeam. Lorsque vient le temps réglé, une lumière intense clignote, suivi ensuite d’un fort vibreur. Le plastique de cette horloge est du Catalin™.

(Image publiée avec la permission du Musée canadien de l’horloge)

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