3.07 – L’horlogerie française

Dernière révision : 2022-09-19 @ 11:37

3.07.1 – Les grands moments de l’horlogerie française

Moyen-Âge

  • XIIe siècle – Les ecclésiastiques divisaient le jour en parties inégales sur lesquelles le travail des artisans était organisé. Par la suite, les bourgeois ont divisé le jour et la nuit en parties égales, permettant le travail de nuit et le tour des gardes. Il ne reste que peu d’horloges de cette époque, que des tourelles miniatures avec cage ouverte et cadran sur l’un des côtés.
  • 1176 – Construction de l’horloge de Charles V pour la cathédrale de Sens. Cette horloge n’avait ni cadran ni aiguille, mais des poids qui faisaient tourner une roue dentelée qui, au moment de l’heure, frappait sur une cloche. L’échappement n’avait pas encore été inventé. Quatre marguilliers étaient chargés de remonter les poids après chaque sonnerie. C’était en quelque sorte un appareil qui disait l’heure, du grec hora pour heure et legein pour dire, ce qui créa le mot horloge ou en latin horologium.
  • 1292 – Aussi loin qu’on puisse remonter, il semble que Jehan l’Aulogier ait été identifié comme le premier horloger français.
  • 1299 Pierre Piepelard a construit pour Philippe IV Le Bel « un reloge d’argent tout entièrement sans fer avec deux contrepoids d’argent remplis de plom » pour lequel il a reçu 6 livres tournois (ancienne monnaie de compte française).
  • 1334 – Charles V a fait construire l’horloge intérieure du Palais. La même année, on installa une première horloge à l’hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins à Paris, construite par de riches bourgeois pour servir de lieu de banquets et d’accueil aux pèlerins de Compostelle. Peu de malades y ont reçu des soins. Les horloges de l’époque nécessitaient beaucoup d’attention et elles étaient souvent remplacées. D’anciens relevés indiquent qu’on dépensait beaucoup pour les entretenir et les remplacer.
  • 1370 – Charles V aurait fait installer sur le Palais de la Cité à Paris, par l’horloger de Lorraine, Henri de Vic, l’une des premières horloges publiques. Il ordonne alors que toutes les horloges du royaume se synchronisent sur le temps de celle-ci.
  • 1430 et 1492 Semble-t-il, les moines avaient des horloges qui les prévenaient de l’heure des prières. Durant le Moyen-Âge, on a fabriqué à la main plusieurs horloges dont la plupart étaient en fer et ressemblaient dans leur structure aux tourelles des édifices publics. La plupart étaient des horloges à poids. Mais avec l’apparition des premiers ressorts vers la fin du XVe siècle, a permis en 1492, de développer la première montre.

XVIe siècle

  • 1518 – À cette époque, on s’efforce de réduire la dimension des montres. Julien Coudray, horloger du roi François 1er aurait conçu la première horloge portable.
  • 1530 – Le fait que le roi soit installé à Blois à cette époque va faire en sorte que cette ville va se transformer en un centre d’horlogerie important, de fait le premier centre de production de montres. François 1er acquiert deux petites montres insérées dans des dagues, réalisées par son horloger.
  • 1544 – L’industrie de l’horlogerie était sous l’emprise d’une association d’artisans et de marchands, la Corporation Française des Horlogers créée en 1544 avec l’autorisation du Roi François 1er. Elle régulait la fabrication et la vente des horloges, des pièces d’horloges et des matériaux utilisés. Il s’agissait apparemment d’en assurer la qualité. Mais cette corporation avait surtout pour but de maintenir les droits et privilèges de ses membres. Pour obtenir l’or et l’argent et obtenir le privilège de travailler ces métaux pour les boîtiers de montres et d’horloges, la Corporation des Horlogers faisait affaire avec la Corporation des Orfèvres. L’emprise de la Corporation des Horlogers français a duré jusqu’à la Révolution française.
  • 1551 Jacques Delagarde, horloger de Blois crée la première montre française. Il a été horloger du roi de 1578 à 1580.

XVIIe siècle

  • 1600-1685 – Les horloges de cette époque sont surtout faites de métal, elles ont différentes formes, cylindriques, hexagonales, et elles sont d’assez grande taille. On trouve aussi des horloges tambours et des horloges de table carrées en métal, gravées d’ornements dans le style de la Renaissance italienne. Le cadran est placé sur le dessus. Des efforts de réduction de taille ont été faits pour réussir à produire des montres qu’on pouvait porter pour toujours avoir l’heure avec soi, cela au détriment des horloges.
  • Grollier de Servières, Nicolas (1596-1686) – L’ingénieur français Nicolas Grollier de Servières, né à Lyon en 1596 et mort vers 1686, a inventé toutes sortes de mécaniques et d’horloges mystérieuses, comme des « horloges à billes horloges-sabliers, en forme de globe terrestre, horloge à la souris, à la tortue, etc. » (Tardy, 1972). Il exposait ses « machines fantastiques » dans son Cabinet des curiosités place Louis-Le-Grand à Lyon. Son petit-fils a publié en 1719 le « Recueil d’ouvrages curieux de mathématique et de mécanique » sorte de catalogue des objets du Cabinet de son grand-père. On doit aussi à Nicolas, l’horloge flèche : une flèche fixée à une chaîne fait le tour d’un cadran rond où les heures sont marquées par des perles. Il a aussi fabriqué une horloge où « un globe céleste sur la circonférence où les heures sont décrites, tourne sur la tête d’un Atlas qui le porte, pour faire marquer l’heure courante à une aiguille fixe » (Wikipedia). Nicola Grollier de Servières fut en quelque sorte le précurseur des horloges de fantaisie (Novelty Clocks).
  • 1674 L’Abbé Jean de Haute-Feuille (Orléans, 1647-1724) « publia en 1674, dans le « Journal des Scavants (sic) », un « mémoire sur la façon d’équilibrer les oscillations d’un régulateur d’horloge portative, au moyen d’une lame très mince, très délicate et fortement attachée au corps de l’horloge. » Recherchant la solution au problème des longitudes depuis 1701, il fit opposition à l’enregistrement du privilège de Hugens (sic), inutilement d’ailleurs. (…) Il présenta en 1701, une machine loxodromique pour trouver la longitude. En 1722, il présenta un échappement à ancre à râteau. Il publia divers mémoires et polémiques de 1675 à 1722. » (Tardy, 1972)
  • 1685 – La Révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV pour le remplacer par l’Édit de Fontainebleau, aura de profondes répercussions sur l’industrie de l’horlogerie, car ce dernier Édit interdit le protestantisme en France, ce qui provoque l’émigration de nombreux horlogers français protestants, appelés Huguenots, avec leurs savoirs et leurs instruments, particulièrement en Suisse, à Genève et dans le comté de Neuchâtel.
  • Ce n’est qu’avec l’introduction du pendule que l’intérêt pour les horloges est revenu, surtout que Louis XIV encourageait l’horlogerie, et engageait à sa cour plusieurs horlogers qui ont laissé des trésors à Versailles. Les premières horloges de cette époque étaient appelées Pendules religieuses dans le style sobre du protestantisme hollandais. Mais, les horloges plus flamboyantes, ébonisées, en bronze doré, etc. ont fini par envahir les palais.

XVIIIe siècle

  • 1736 – L’horloger Julien Le Roy introduit l’horloge « Équation », et son fils Pierre par la suite perfectionne le chronomètre marin.
  • 1750 et ss. – C’est l’âge d’or de l’horlogerie française. À Paris, et non loin de là, à Trévillers, de même que dans chaque grande ville de France, comme Strasbourg, Bordeaux, Marseille et Lyon, on produit des horloges. C’est aussi au milieu du XVIIIe siècle que prend naissance un mouvement appelé Les Pendules de Paris, mouvement qui perdurera jusqu’à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale. Les pendules de Paris sont caractérisées par la présence des fameux mouvements ronds français dont il, existera quatre variétés selon leur diamètre, de 2 3/4 pouces français (1 po. = 27,07 mm) à 3 1/3 po. Pour plus de détails techniques concernant l’évolution de ces mouvements, voir le site Le mouvement de Paris.
  • 1750 et ss. – Dans les campagnes, la Comtoise prend place dans les modestes demeures aussi bien que dans les plus riches. Outre la France-Comté (Morbier et Morez), plusieurs autres régions de France, en particulier en bordure de la Suisse ont vu apparaître des fabriques d’horloges et de pièces d’horlogerie. Nommons Belfort, Montbéliard, Audocourt, Beaucourt, Besançon, Morteau. Ajoutons aussi que dans l’est de la France, non loin de Strasbourg, les petites villes d’Alsace, Mulhouse et Saint-Nicolas d’Aliermont ont vu plusieurs horlogers s’y établir.
  • 1792 – 1795 – Durant la Révolution française, les maîtres-horlogers du roi ont dû se réfugier ailleurs ou travailler incognito. La ferveur pour les horloges s’est quelque peu éteinte. Mais, les gouvernements qui ont suivi ont encouragé l’industrie horlogère. Des horlogers comme Abraham-Louis Breguet et Antide Janvier, et plusieurs autres, ont introduit dans l’horlogerie française des méthodes industrielles de fabrication en même temps qu’un raffinement sans égal. Le style néo-classique est à son apogée, et les horloges très décorées en marbre, en bronze ou en bois, de type Portico ou avec des statuettes sculptées par les meilleurs sculpteurs et artisans du bronze, sont légion.

XIXe siècle

  • 1801 – Les frères Japy jouent un rôle primordial dans le développement de l’industrie horlogère française. Leur fabrique était capable de produire 100 000 mouvements par an au début du 19e siècle. Le style des horloges demeure aussi ostentatoire que vers la fin du 18e siècle. On y ajoute une touche de romantisme en greffant aux horloges des personnages héroïques et chevaleresques faisant écho aux styles renouvelés gothique et rococo.
  • 1867 et ss. – L’Exposition universelle de Paris en 1867 va donner un élan à l’horlogerie française. Les classes moyennes s’intéressent de plus en plus aux horloges, et l’horloge, plus elle est ostentatoire, plus elle devient symbole de réussite sociale pour les bourgeois.
  • 1870-1871 – Le traité de Francfort qui clôt la Guerre franco-prussienne porte un dur coup à l’industrie horlogère française, car les horloges allemandes sont désormais vendues en France, franches de droits d’importation.

XXe siècle

  • LA PENDULE DE PARIS Malgré le traité de Francfort, les manufacturiers d’horloges français arrivent à tenir le coup et à occuper une bonne place dans le marché. La Pendule de Paris est encore très populaire.
  • 1914-1918 Durant la Première Guerre mondiale, la fabrication d’horloges domestiques est un peu mise entre parenthèses, mais certains horlogers en profitent pour développer des horloges militaires complexes comme des chronographes, tant pour la marine que l’aviation. Les horloges portables d’officier sont aussi très populaires pour l’armée de terre.
  • 1920 – Les années 1920, dites les Années folles, apportent un regain de vie aux horloges domestiques. De nouveaux styles apparaissent comme l’Art nouveau et l’Art déco, ce qui permet une certaine expansion de l’industrie horlogère française.
  • 1929 – Malheureusement, la crise de 1929 introduit en France des doutes sur la viabilité du progrès économique des années 1920, et l’industrie horlogère française en souffre grandement.
  • 1939-1945 Arrivent la Deuxième Guerre mondiale, la mobilisation et l’invasion de la France par les Allemands, de même que les bombardements qui détruisent les manufactures d’horloges. C’est la tempête parfaite. Et l’industrie horlogère française ne sera jamais plus la même.

3.07.2 – Les grands horlogers et manufacturiers français

BAYARD

Bayard, de son vrai nom Pierre Terrail de Bayard n’est pas un horloger, comme chacun sait, mais un chevalier du XVe siècle dont on disait qu’il était « sans peur et sans reproche ». Les ancêtres des Réveils Bayard sont trois associés, Albert Villon, Paul Duverdrey et Joseph Bloquel. Mais la compagnie Les Réveils Bayard n’est véritablement créée qu’en 1962.
Un dénommé Bayard tient un site complet sur les Réveils Bayard, qui a servi de source principale pour les informations qui suivent. Voir aussi Wikipedia.

Horloge de bureau Bayard
Horloge de bureau Bayard
(Image ID198 – Tous droits réservés, Bordloub)
  • BAYARDMD – En 1928, la marque Bayard est officiellement déposée, en référence au célèbre « Chevalier sans peur et sans reproche ». En 1930, le réveil animé Bayard Mickey Mouse voit le jour. En 1947, Raphaël Hennion succède à Robert Duverdrey qui vient de mourir. En mai 1950, les réveils Bayard sont fabriqués à Casablanca au Maroc.
  • RÉVEILS BAYARD, S. A.Réveils Bayard, S. A. : vient remplacer en 1962 la Société des Anciens Établissements Duverdrey et Bloquel. L’année suivante, on met fin à la marque espagnole O’Bayardo, et les équipements et le matériel sont rapatriés en France. En 1964, on ferme la société Famous. En 1967, l’usine de Saint-Nicolas d’Aliermont est capable de produire plus d’un million de mouvements par année.
  • FAMOUS – Une nouvelle société appelée Famous (Fabrication Moderne et Usinage) produit sous licence des réveils Bayard réservés aux grands magasins, à Bonnières-sur-Seine en 1955. Sous la direction d’un nouveau président-directeur général, Edmond Forest, nommé en 1959, l’usine de Casablanca sera fermée en 1961. On s’implantera plutôt en Espagne à San-Sebastian. Les réveils y sont fabriqués et vendus sous la marque O’Bayardo avec la mention Made in Spain.
  • RÉVEILS BAYARD, S. A. – Groupe Matra – De 1978 à 1984, le Groupe Matra-Horlogerie, filiale de Jaeger-Lecoultre devient actionnaire majoritaire des Réveils Bayard.
  • NOUVELLE SOCIÉTÉ DES RÉVEILS BAYARD – En 1984, la société est en difficulté financière et doit déposer son bilan. C’est alors qu’est créée la Nouvelle Société des Réveils Bayard. Celle-ci n’aura pas plus de succès, car elle aussi déposera son bilan deux ans plus tard.
  • LAVAL – Une cinquantaine d’employés de Bayard tente de sauver l’entreprise par la Centrale d’Horlogerie-Bijouterie Laval, en 1987. Cette tentative n’a pas fait long feu, puisqu’après 15 mois, elle doit fermer ses portes. En 1989, tous les équipements et le matériel de Bayard sont vendus aux enchères publiques.
  • SPIERO – Quant à la marque, elle a été achetée par la société Spiero, grossiste et détaillant en produits horlogers, en existence depuis 1919. Certains de leurs produits portent la marque Bayard, mais la fonte utilisée pour la marque est différente de l’originale. De plus, ils ne portent pas l’indication Made in France.

BERTHOUD, Ferdinand (1727-1807)

Né à Placemont-sur-Couvert, Canton de Neuchâtel en Suisse en 1727. Il s’installe à Paris vers 1745. Dès 1786, il entrera au service du roi et de la marine comme horloger-mécanicien. Il fabriquera plusieurs horloges marines. Il écrira aussi de nombreux ouvrages comme Essai sur l’horlogerie, Traité des horloges marines, Histoire de la mesure du temps. De plus, il aura une boutique à Paris de 1789 à 1806. Il mourra en 1807. Pour plus de détails, voir Wikipedia.
(Image du domaine public)

BERTHOUD, Pierre-Louis (1754-1813)

Horloger français d’origine suisse, né à Placemont en 1754, il est le neveu de Ferdinand Berthoud dont il sera l’apprenti. En 1784, il sera engagé comme élève horloger-mécanicien de la Marine. Il fabriquera surtout des chronomètres de marine. Pour plus de détails, voir Wikipedia.

BOULLE, André-Charles (1642-1732)

Ébéniste, fondeur et ciseleur de Louis XIV, il réside au Louvre à compter de 1673. Il a mis au point plusieurs boîtiers d’horloges très luxueux. On a même donné son nom à ce type d’horloges. On lui doit, entre autres, d’avoir abondamment utilisé la marqueterie autant dans les meubles qu’il a dessinés que dans les boîtiers d’horloges. Un Wikipedia est consacré à son oeuvre d’ébéniste.

BREGUET

BREGUET ET CIE (1775-1820) : Abraham-Louis Breguet (1747-1823) est né à Le Locle, canton de Neuchâtel en Suisse. À l’âge de 18 ans, il quitte la Suisse pour Versailles et Paris où il fait son apprentissage comme horloger auprès de Ferdinand Berthoud et de Jean-Antoine Lépine. Il ouvre un atelier en 1775 à Paris au 39, quai de l’Horloge. En 1784, Breguet s’inscrit à la cour.
(Image du domaine public)

  • SOCIÉTÉ BREGUET POUR LE COMMERCE DE L’HORLOGERIE ET BIJOUTERIE (1787-1791) – En 1787, Abraham-Louis Breguet s’associe avec Xavier Gide et fonde la Société Breguet et Compagnie pour le commerce d’horlogerie et bijouterie. Sa renommée comme horloger dépasse les frontières de la France. En 1780, Breguet crée une montre à remontage automatique site « Perpétuelle ». Elle possède un mécanisme à secousses qui permet le remontage. En 1783, Marie-Antoinette commande une montre à « Grande complication » qui ne sera terminée qu’en 1827. En 1786, Breguet innove en introduisant des cadrans guillochés. Cependant, vers 1791, la révolution gronde, et Breguet doit s’exiler un temps à Londres où son fils le rejoint. Puis, son associé le quitte pour des raisons « tant politiques qu’économiques » (Tardy, 1972). D’ailleurs, son implication en politique municipale lui cause des torts au point où il doit, en 1793, quitter la France, alors sous la Révolution, pour rejoindre la Suisse avec son fils Antoine-Louis (1776-1858) qui revenait d’Angleterre où il avait été l’apprenti de Arnold. Il tenta alors d’ouvrir un atelier à Neuchâtel, mais sans grand succès.
    Abraham-Louis reviendra à Paris en 1795, pour trouver son atelier, dont l’immeuble avait été laissé à l’abandon, complétement pillé. Après de multiples démarches, il finira par retrouver, aux frais de l’état, l’ensemble des outils et inventions dont il avait fourni la liste. Il poursuivra son travail d’horloger et retrouvera sa renommée des débuts en France. Il invente le Tourbillon qui sera breveté en 1801, un calendrier perpétuel, le spiral Breguet. Il dépose un brevet en 1798 pour un échappement à force constante. Il cumulera les honneurs et les titres dont la Légion d’honneur. En 1808, il ouvrira la « Maison de Russie » à Saint-Pétersbourg. Il sera fait Horloger de Sa Majesté et de la Marine impériale russe. Malheureusement, en 1811, le Tsar Alexandre, en opposition aux politiques de Napoléon, bloquera les importations françaises, ce qui mettra un terme à la Maison de Russie. Mais, en France, le Roi Louis XVIII nommera Breguet membre de l’Académie des Sciences. Breguet exposera à l’exposition de Paris de 1819 plusieurs pièces originales, dont « un compteur militaire pour le pas de la troupe et une montre à répétition et à équation, tous deux commandés par le Tsar; (…) une pendule double destinée au roi d’Angleterre, à deux balanciers, se régularisant l’un par l’autre ; un compteur astronomique à lunette d’observation permettant l’appréciation au 1/100e de seconde. » (Tardy, 1972) En 1823, Breguet aura l’honneur d’être membre du jury de l’Exposition nationale des produits de l’industrie.
  • BREGUET ET FILS (1820-1833) : Abraham-Louis Breguet s’associera avec son fils Antoine-Louis en 1820 sous la raison sociale de Breguet et Fils. En 1830, Breguet et Fils met en marché la première montre de poche qui se remontre sans clef, mais néglige de la breveter, si bien que l’idée sera reprise par d’autres. Breguet reçoit une Médaille d’Or en 1827.
  • L. BREGUET ET FILS (1833-1840) : En 1833, Louis-Antoine se retire et vend l’entreprise à son fils Louis-Clément-François (1804-1883). La raison sociale devient alors L. Breguet et Fils. En 1834 et en 1844, Breguet recevra deux autres médailles d’Or. Louis-Clément-François effectuera des recherches dans le domaine du télégraphe et de l’électricité. Il mettra au point « un système d’horloges électriques transmettant l’heure à distance ». (Tardy, 1972). Il sera décoré de la Légion d’honneur. Au fil des ans, l’entreprise se diversifie dans l’électricité et l’aviation.
  • BREGUET NEVEU ET CIE (1840-1870) : En 1840, Louis-Clément-François s’associe avec son neveu sous la raison sociale Breguet Neveu et Cie.
  • BREGUET- EDWARD BROWN (1870-1970) : En 1870, Louis-Clément-François Breguet se départit de sa division horlogerie au profit de son chef d’atelier Edward Brown qui fabrique des montres à Clerkenwell, Angleterre. La famille de celui-ci continuera au fil des ans à développer l’entreprise. Les Breguet obtiendront aussi plusieurs prix et brevets.
  • BREGUET – CHAUMET (1970-1987) : En 1970, la famille Brown vend l’entreprise aux frères Chaumet, Pierre et Jacques, qui la déménagent à Le Brassus en Suisse en 1976.
  • GROUPE HORLOGER BREGUET (GHB) – INVESTCORP (1987-1999) : En 1987, Chaumet est en difficulté financière, et Investcorp s’en empare et transfère la production de montres dans la Vallée de Joux en Suisse, et ouvre de nouveaux marchés en Asie et en Amérique du Nord. En 1991, Investcorp achète Valdar et l’intègre à GHB. Il fait de même en 1992, avec Nouvelle Lemania un fabricant de mouvements de montre.
  • MONTRES BREGUET SA – SWATCH GROUP (1999-…) : En 1999, Swatch Group achète GHB et ne conserve que la marque Breguet. Elle a des points de vente, à Paris, Zürich et Shanghai qui tiennent aussi lieu de Musées des oeuvres de Breguet.

BROCOT (sources principales : Tardy (1972), Wikipedia)

Échappement Brocot (Image CP – Tous droits réservés, Bordloub)
  • LOUIS-GABRIEL BROCOT (1791-1872) Louis-Gabriel est arrivé très jeune à Paris en 1803. Il savait déjà lire et possédait une bonne formation en mathématiques. Après un apprentissage en horlogerie, il a travaillé comme horloger à Paris de 1820 à 1850. Son atelier était très fréquenté. Il y vendait ce que l’on appelait à l’époque les « Les pendules de Paris« . Elles utilisaient les ébauches de Henri Pons à suspension à fil de soie. Louis-Gabriel a perfectionné non seulement le mécanisme de sonnerie, mais également l’échappement et la suspension à partir des ébauches de Pons. On lui doit un échappement à ancre à chevilles (brevet de 1826) dont la caractéristique est qu’il est placé devant le cadran, ce qui rend visible sa structure et son fonctionnement, comme dans l’illustration ci-dessus. Il obtint plusieurs brevets, dont un pour une pendule avec sonnerie à râteau et échappement à repos (1840) mis au point avec ses fils horlogers. Louis-Gabriel a eu cinq fils dont deux qui ont exercé le métier d’horloger, Antoine-Gabriel, le fils aîné, et Louis-Achille, le fils du milieu. Dans sa descendance, deux autres Brocot ont été impliqués en horlogerie, son petit-fils Jean-Louis, fils de son fils Gustave-Amédée, et Paul-Louis, fils de Louis-Achille.
  • ANTOINE-GABRIEL BROCOT (1814-1874) – fils de Louis-Gabriel, Antoine-Gabriel Brocot a même mis au point une machine pour fabriquer des suspensions (brevet de 1858). Il a aussi développé des pièces que les facteurs d’ébauches ne fournissaient pas, comme des marteaux, des gongs et cloches pour la sonnerie et des suspensions (brevets de 1863 et 1866).
  • LOUIS-ACHILLE BROCOT (1817-1874) – Fils de Louis-Gabriel, il a travaillé avec son père et poursuivi son oeuvre jusqu’au milieu du 19e siècle. Il a obtenu des brevets pour plusieurs améliorations à l’échappement et à la sonnerie à râteau, et il a inventé une suspension à ressort de pendule dit Brocot dont la marque a été déposée en 1874 par sa veuve. Il a aussi dessiné un pendule à compensation thermale (brevet 1847), un mécanisme d’horloge-calendrier perpétuel (brevet 1849), et même une horloge capable de fonctionner pendant quatre ans. Pour plus de détails, voir l’excellente présentation de John G. Kirk (en anglais seulement).
  • BROCOT & DELETTREZ (1851-1870) – Louis-Achille Brocot aura une boutique rue Charlot à Paris avec Jean-Baptiste Dellettrez entre les années 1851 et 1870 afin de commercialiser l’horloge à calendrier perpétuel.
  • JEAN-LOUIS BROCOT (1855-1885) – Utilisant les brevets de son grand-père et de son oncle Antoine, il avait une manufacture de suspensions et de ressorts de suspension. Il a aussi obtenu trois brevets en 1877, 1878 et 1879 pour des améliorations somme toute mineures aux suspensions de son grand-père et de son oncle.
  • PAUL-LOUIS BROCOT (1846-1883) – C’est l’artiste de la famille. Bien qu’il ait reçu une formation en horologie, sa spécialité était les statues de bronze qu’il créait et vendait lui-même à Paris, de même que des horloges.

CALOR APPAREILS ÉLECTRO-DOMESTIQUES, S. A.

Calor de Lyon dont la spécialité est la fabrication d’appareils électriques de toutes sortes a également fabriqué des horloges de cuisine Calor dans les années 1960.

CARTIER – Paris

Louis François Cartier (1819-1904) crée à Paris une compagnie qui allait devenir célèbre dans la bijouterie et les montres de grand luxe, sur les restes de la bijouterie de son maître Adolphe Picard. Mais c’est son fils Louis-François-Alfred (1841-1925) devenu associé en 1874 et maître à bord en 1879, qui va véritablement développer la division des montres et horloges. Mais il faut attendre 1924 avant de voir Cartier apposer son nom sur des horloges. Entre 1911 et 1930, Cartier a développé la fameuse horloge mystère dont Maurice Coüet, avec qui il s’était associé, est le véritable inventeur. Cette horloge n’avait en apparence aucun mécanisme qui était relié aux aiguilles qui semblaient flotter. Elle est mise en marché en 1912 sous le nom de « Modèle A ». Cartier a aussi produit une petite horloge de cocher avec ou sans mécanisme de répétition. Louis Cartier à qui l’on doit l’âge d’or de Cartier est mort en 1942. C’est Jaeger Le Coultre qui fournira les mouvements de montre de Cartier pendant une vingtaine d’années. Cartier vendra aussi des montres de grands fabricants suisses comme Piaget, Vacheron, Philippe Patek, etc. En 1972, un groupe de financiers achètent l’entreprise et la relancent en créant en 1973 la collection « Les Must de Cartier« . L’année suivante, le même groupe achète Cartier de Londres. En 1988, Cartier installe la production de montres et horloges en Suisse.

CATTIN, Césaire Émile -> Cattin et Cie

Césaire Émile Cattin (1904-1979) fonde en 1926, à Morteau dans le département de Doubs en Franche-Comté, une compagnie appelée Cattin & Cie, fabrique des montres. En 1947, avec un partenaire, Martial Vuillemin, il fabrique des ébauches et des cadrans dans un ancien hôtel qu’il avait fait construire en 1939. Cattin & Cie pouvait fabriquer annuellement près de 30,000 montres. De 1947 à 1950, Cattin a ouvert une école d’horlogerie pour handicapés. De 1954 à 1987, la compagnie a eu un point de vente à Paris. Une nouvelle usine a été construite en 1961. À la mort de son fondateur en 1979, ses deux fils ont pris la direction de la compagnie, mais pour un court temps seulement, car ils sont décédés en 1982. Celui qui a par la suite pris la gérance de la compagnie est également mort en 1985. En 1988, Jacques Bouhelier qui avait repris LIP en 1984, a pris la suite. Mais lorsqu’il se retire en 1989, il vend ses parts à un groupe d’investisseurs, qui les ont revendues à la Société Mortuacienne d’Horlogerie (SMHne pas confondre avec SMH de Suisse) qui fabriquait des montres sous la marque Kiplé (La montre qui plaît). En 1989, il s’est retiré de SMH et a vendu ses parts à un groupe d’investisseurs, Orfimor. L’année suivante, la compagnie dépose son bilan et elle est liquidée.

COUAILLET, Armand

Armand Couaillet (1865-1954) est un horloger autodidacte qui s’est formé chez Albert Villon de Saint-Nicolas-d’Aliermont, fondateur des Réveils Bayard. En 1893, il y ouvre un atelier. Puis en 1902, ses ateliers comptent près de 150 employés. L’année suivante, il s’associe avec ses frères Ernest et Henri, pour créer les Établissements Couaillet et Frères qui fabriquent des horloges de cheminée et des pendules de voyage. En 1912, à la suite d’un incendie, les frères Couaillet achètent les ateliers autrefois occupés par Honoré Pons et continuent à y fabriquer des pendules de voyage, mais aussi des pièces pour les obus et des télégraphes. Après la première Grande Guerre, ils achètent une nouvelle usine à Saint-Ouen où ils fabriquent des pièces pour les avions. Un deuxième incendie vient mettre fin à l’entreprise. En 1932, Armand Couaillet se réinstalle, cette fois dans la propriété familiale. Il fabrique de nouveaux mouvements pour des réveils, mais étant incapable de payer les sommes requises pour les breveter, ses inventions tombent dans le domaine public. À la suite de sa mort en 1954, ses fils et petit-fils assurent la succession et la compagnie s’appelle alors Couaillet-Maruanne-Quesnel. En 2011, celle-ci prendra le nom de Couaillet Usinage. Pour plus de détails, voir Wikipedia.

COUËT, Maurice

Designer et horloger de génie, c’est Louis Cartier qui a découvert et embauché Maurice Couët. Il a mis au point pour Cartier des horloges uniques parmi lesquelles une horloge mystère. Pour plus de détails, cliquez ICI.

DODANE

Alphonse Dodane et son beau-père François-Xavier Joubert créent à Besançon en 1857, les Établissements Dodane Frères fabriquent d’abord des ébauches et des montres. L’usine est située dans les gorges du Doubs d’où elle tire le pouvoir hydraulique nécessaire pour faire fonctionner ses machines. En 1905, la compagnie déménage ses installations dans le haut Doubs pour profiter de la proximité du chemin de fer et de l’électricité. À l’aube de la Première Guerre mondiale, elle développe des chronographes qui pourront être utilisés par l’aviation française. En 1917, Alphonse-Gabriel Dodane succède à son père et développe des chronographes inversés qui seront installés dans les avions produits par Dassault. En 1929, le fils d’Alphonse-Gabriel, Raymond Dodane prend en main la compagnie et l’installe à Besançon. Celle-ci obtient toutes les certifications nécessaires pour être fournisseur de l’OTAN et de l’aviation français en matière d’instruments de mesure complexes. Ils poursuivent également la fabrication de montres. En 1983, sous la direction de Laurent et Michel, fils de Raymond, la compagnie a produit plus de 100 000 montres distribuées dans cinq continents. Elle a poursuivi la fabrication de chronographes pour les avions en y ajoutant un chronographe altimètre. Puis elle a continué à approvisionner les aviations du monde. La compagnie s’est battue contre l’arrivée du quartz jusqu’en 1994. Elle a alors abandonné ses activités. En 2013, Laurent et Frédéric de la cinquième génération des Dodanes, décident avec des partenaires de relancer l’entreprise par la poursuite des ventes et de la maintenance des chronographes militaires. Elle a vite fait de redevenir le fournisseur autorisé de l’OTAN. Puis, elle a lancé des montres-bracelets chronographes qui ont connu beaucoup de succès. Elle est toujours bien en vie de nos jours.

DROCOURT

Pierre Drocourt (1819-1872) fonde en 1853 à Paris avec son fils Alfred (1847-?), une fabrique de pendules de voyage et d’horloges de cocher, Drocourt et Fils. Il obtient une médaille de Bronze à Paris en 1867. En 1872, Alfred prend la succession. La compagnie acquiert alors en 1875 des frères Holingue, leurs ateliers de St-Nicolas-d’Aliermont en Haute Normandie. Ils y fabriquaient pour Drocourt et d’autres fabricants, des blancs roulants, sortes d’ébauches non finies. Puis les mouvements étaient emboîtés à Paris, prêts à être vendus. Drocourt obtiendra une Médaille d’Argent à Paris en 1878, et une Médaille d’Or en 1889. Drocourt poursuivra les mêmes activités jusqu’en 1904, année où il vendra les installations de Saint-Nicolas-d’Aliermont.

FAVRE-BULLE, Maurice

Né à Paris, au début du 20e siècle, on lui doit l’invention de l’horloge électromagnétique. L’année suivante, il réinvente le système d’Alexander Bain. Avec un collègue, Marius Lavet, il crée la Société Bulle et Cie après la guerre dans le but de commercialiser son invention. En 1920, il s’associe avec la veuve d’André Moulin pour breveter une horloge électrique à des fins de production commerciale. La Compagnie Générale des Appareils Horo-Électriques est créée pour produire ce qu’ils appellent la Bulle-clock. Plus de 300 000 de ces horloges, toutes avec à peu près le même mouvement, mais sous des boîtiers de différents styles (une centaine de modèles), seront produites entre les années 1920 et 1952. Pour plus de détails, en particulier sur le mouvement, cliquez ICI.

FARCOT, Eugène (1830-1896)

Horloger, ingénieur, inventeur, industriel, Henri-Eugène-Adrien Farcot est né en 1830 à Sainville. On lui doit la fameuse horloge dite Farcot à pendule conique, breveté en 1872. Il exposera ses horloges à pendule conique surmontées de statues à différentes expositions dont celle de Londres en 1862. Il recevra plusieurs prix au cours de sa longue carrière. Il obtiendra aussi des brevets : échappement visible en 1859, un réveil avertisseur en 1860, un réveil-matin et un pendule conique en 1865. Il mourra en 1896.
(Image du domaine public)

  • MANUFACTURE D’HORLOGERIE E. FARCOT (Paris, 1853-1856) En 1853, Eugène Farcot fonde la Manufacture d’horlogerie E. Farcot à Paris où il travaillera jusqu’à sa retraite vers la fin des années 1880.
  • FARCOT ET CIE (Paris, 1856-1887) – La compagnie change de nom vers 1856.
  • FARCOT ET WANDERBERG (Paris, 1887-1914) – Vers 1880, son beau-fils Henri-Charles Wanderberg assure la succession de la compagnie, mais ce n’est qu’en 1887 que la firme changera de nom pour Farcot et Wanderberg. Herni-Charles exposera une pendule parlante en 1900. À compter de 1903, le neveu de Wanderberg, Paul Grenon, prendra la suite jusqu’en 1914, année de sa fermeture. Sous sa direction, il proposera des pendules dites à phonographe.

GARNIER

  • GARNIER, Jean-Paul (1801-1869) Jean-Paul Garnier a été l’apprenti de Antide Janvier. Il a ouvert un atelier à Paris en 1825. « En 1830, il déposa un brevet pour un échappement à repos applicable aux pendules et aux montres, et en 1847, un brevet pour une horloge électrique dispersant l’action électrique à un nombre illimité d’horloges. Il exposa, en 1849, une pendule électrique, ce qui lui valut une médaille d’Or, et en 1851, à Londres, des pendules de voyage » (Tardy, 1972).
  • GARNIER, Paul (1834-1916) Paul, fils de Jean-Paul Garnier, à la mort de ce celui-ci en 1869, reprend le commerce de ce dernier. À sa mort en 1916, il laisse au Musée du Louvre « 56 montres et 3 horloges… à la condition qu’une des salles du Musée porte son nom » (Tardy, 1972).
  • BLOT (1871-1938) – Blot, neveu de Paul Garnier, succède à ce dernier en 1916. « Il publie avec Chevalier une étude sur le remontage automatique des horloges (1913) » (Tardy, 1972). Le magasin situé sur le boulevard Hausmann depuis 1900, est incorporé en Société Anonyme dans laquelle Blot détient 20% des parts, Lavigne et Georges Mayer détenant chacun 40% (Tardy, 1972). Blot meurt en 1938. C’est Léon Hatot qui acquiert l’entreprise, mais il échoue dans sa tentative d’utiliser le nom de Paul Garnier qui figurait sur l’enseigne du magasin.

GRIVOLAS, Claude

Claude Grivolas s’annonce comme fabricant d’horloges 400 jours à Paris. Il fait d’ailleurs breveter des horloges à balancier à torsion en 1907, 1909, 1910 et 1911. Il s’agissait d’un disque plat assez épais surmonté au milieu d’un pivot auquel est rattaché le fil de l’échappement. Les mouvements de Grivolas étaient installés dans des lanternes vitrées de tous les côtés.

GUILMET, André-Romain

André Romain Guilmet était spécialisé dans les horloges mystères pour lesquelles il a obtenu plusieurs brevets de 1853 à 1887. Il tenait boutique-atelier rue du Faubourg Saint-Martin à Paris. L’une de ces horloges mystères est exposée au British Museum à Londres.

HATOT, Léon (1883-1953)

Léon Hatot est un élève de l’école d’horlogerie de Besançon de 1895 à 1898, puis de l’École des Beaux-Arts. Il y ouvre un atelier en 1905, et produit des boîtiers de montre en métal précieux avec gravures avec une douzaine de compagnons. En 1911, il s’installe à Paris tout en conservant l’atelier de fabrication de Besançon. Il achète alors la Maison Bredillard qui se spécialise dans le montage de boîtiers depuis très longtemps. Hatot s’intéresse par ailleurs de plus en plus aux applications de l’électricité au domaine de l’horlogerie. Il a créé en 1920 une entreprise consacrée à la recherche et au développement de montres et pendules à piles. Puis, il regroupe l’ensemble de ses entreprises de Besançon et de Paris sous la raison sociale Société des Établissements Léon Hatot. De plus, il prend connaissance de l’ouvrage de l’ingénieur Marius Lavet sur « l’entretien direct des oscillations pendulaires par une force électro-magnétique » (Tardy, 1972). En 1923, Hatot s’associe avec Lavet dans une usine d’horloges ATO à Besançon. Ces horloges électriques ATO ont beaucoup de succès. « En 1925, Hatot remporte le Grand Prix de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes avec une série d’horloges électriques de style Art déco. Il est fait Chevalier de la Légion d’honneur. Hatot a été l’un des membres fondateurs de la Société française chronométrique. » (Wikipedia). Hatot acquiert en 1938 l’entreprise de Paul Garnier. Il prendra sa retraite en 1960. Léon Hatot fait maintenant partie du Groupe Swatch qui en conserve le nom, mais le garde « en sommeil » comme le dit le site.

HOURIET, Jacques-Frédéric (1743-1830)

Frédéric Houriet est né en Suisse. À 16 ans, il quitte pour la France avec son frère aîné, un graveur célèbre. Il y travaillera pendant neuf ans auprès des plus grands horlogers français de l’époque, comme Pierre et Julien Le Roy, Antide Janvier, Ferdinand et Louis Berthoud et surtout Abraham-Louis Breguet. Il revient au Locle en 1768. Voir la section L’horlogerie suisse pour la suite.

JAEGER, Edmond (1858-1922)

Il établit un premier atelier à Paris en 1880. En 1890, il fournit une première livraison de chronomètres à la Marine française. En 1903, il développe avec Jacques-David Le Coultre, petit fils d’Antoine, un mouvement extra-plat. En 1915, il crée avec Le Coultre & Cie, des instruments de console pour avions et automobiles.

JANVIER, Antide (1751-1835) (Paris, 1771-1835)

Antide Janvier est un génie que l’histoire a presque oublié. Il est né dans le Jura. Dès son jeune âge, il s’intéresse à l’astronomie et développe une sphère astronomique qui a été montrée à l’Académie de Besançon. Il n’avait que 15 ans. Pour celle-ci, il obtint en 1768 un certificat de reconnaissance. Il poursuit sa formation d’horloger comme apprenti. Il est appelé par la municipalité de Besançon pour réparer une horloge de table créée en 1564. En 1773, il débarque à Paris où il construira plusieurs planétaires. Il produira au cours de sa carrière aussi plusieurs horloges astronomiques d’envergure. Malheureusement, il aura de la difficulté durant la Révolution, n’étant pas un grand partisan de celle-ci. Il finira ses jours dans la pauvreté. Pour plus de détails, voir Wikipedia.
(Image du domaine public)

JAPY, Frédéric (1749-1812)

Frédéric Japy est reconnu comme l’un des fondateurs de l’industrie moderne française, car il a introduit en France des processus de fabrication de masse mécanisée d’horloges. Il est certes celui qui a favorisé l’essor de Montbéliard où il est né dans un petit village de la région appelé Beaucourt. Provenant d’une grande famille aisée, il est envoyé à Montbéliard pour recevoir son éducation. Il habite alors chez son grand-père horloger, Jacques Frédéric Georges Japy. Cela a sans doute préparé sa vocation future. C’est ainsi qu’à l’aube de ses 20 ans, il part en Suisse où il sera apprenti chez Abraham Louis Perrelet à Le Locle, spécialisée dans les outils d’horloger. Puis, deux ans plus tard, il entre au service de Jean-Jacques Jeanneret Gris d’une famille d’inventeurs dans la petite mécanique au service de l’horlogerie. Il revient en France en 1771 et installe un petit atelier à Beaucourt où il fabrique des ébauches qu’il va vendre à La Chaux-de-Fonds en Suisse située à une distance de marche de la frontière. Deux ans plus tard, il se marie et reloge son atelier dans des locaux de son beau-père à Grange-la-Dame, où il aura des apprentis. En 1776, il achète toutes les inventions de son maître J.-J. Gris, et lui fait fabriquer une dizaine de machines différentes. Il installera le tout dans un nouveau bâtiment construit à Beaucourt en 1777. Les machines seront actionnées par traction animale, soit un manège de chevaux, puisqu’il n’y a pas de cours d’eau près de sa nouvelle usine où il fabrique des ébauches à la chaîne. Certaines pièces sont fabriquées manuellement par des ouvriers qui travaillent à la maison, lesquels seront éventuellement intégrés au personnel de l’usine. Vers 1780, il en fabrique 2400 par mois. En 1806, 500 employés sont capables d’en fabriquer mensuellement près de 13000. Il les vend principalement dans le Jura suisse, puis à Montbéliard et Besançon. Il reçoit sa première médaille, une de Bronze à l’Exposition des Arts et Métiers de Paris. Il se retirera en 1806, riche de tous ses investissements immobiliers et de la Légion d’honneur.

JAPY ET FRERES

Trois de ses fils, parmi 16 enfants, Fritz-Guillaume (1774-1854), Louis-Frédéric (1777-1852) et Jean-Pierre (1785-1863) formés dans l’usine de leur père, assurent la suite de l’entreprise qu’ils vont diversifier dans le domaine des ustensiles de cuisine, moulins à café, machines à écrire, pompes pour réfrigérateurs, et quincaillerie, etc. L’entreprise des frères s’appellera Établissements Japy et Frères. Malheureusement, ils devront se départir de plusieurs de ces objets, faute d’être rentables. En 1930, ils essayeront de fabriquer et de vendre des petites horloges dans des boîtiers en fer blanc, mais sans grand succès, car la compétition des marques Jaz et Blangy est forte. La Deuxième Guerre mondiale aura raison de l’entreprise. Néanmoins, dans le domaine de l’horlogerie, les frères Japy auront du succès, car ils recevront plusieurs médailles : Or en 1819, 1823, 1827, 1829, 1844, 1849 et 1850 ; Argent en 1844 et 1849 ; Grande Médaille d’honneur en 1855 et 1867.

Illustré un mouvement de Japy Frères dont le sigle (non visible ici) est le médaillon de 1889, avec la mention Grande Médaille d’honneur
(Image ID017mvt : Tous droits réservés, Bordloub)

LEPAUTE

  • JEAN-ANDRÉ LEPAUTE (1720-1789) Le père de Jean-André était maréchal-ferrant, taillandier et serrurier. Il a encouragé son fils à travailler le cuivre comme fondeur. Ayant créé quelques pièces pour des horloges de campagne, en 1740, il est parti pour Paris pour se former en horlogerie. Après on mariage en 1748, avec Nicole Reine Étable, astronome et mathématicienne, il s’installe avec elle au Palais du Luxembourg. Il devient alors horloger du roi. Cependant, il manque d’espace pour réaliser ses projets et déménage à Saint-Cloud et y fait venir son frère Jean-Baptiste. Il signe ses horloges dès 1750 « Lepaute horloger du roi » bien que l’entreprise n’ait été officiellement créée qu’en 1758. Parmi ses réalisations, il faut noter une horloge équation, une horloge à une seule roue (1751) et une roue d’échappement avec des chevilles de chaque côté (1753). En 1755, il publie « Traité d’horlogerie contenant tout ce qui est nécessaire pour bien connaître et pour régler les pendules et les montres », ouvrage qui sera longtemps une référence en horlogerie. Il y aura une réédition augmentée en 1767. Il fabrique aussi plusieurs pendules dont il fait la liste en 1766 dans sa « Description de plusieurs ouvrages d’horlogerie » (Tardy, 1972). Son frère et lui ont construit plusieurs horloges de tours, entre autres, pour le Musée du Louvre, pour le palais du Luxembourg, le château de Bellevue, et l’École militaire (1772). Il se retire en 1774, et laisse la suite à son frère cadet. Il meurt en 1789, un an après la mort son épouse. Pour plus de détails, voir Wikipedia.
  • JEAN-BAPTISTE LEPAUTE (1727-1802) – Jean-Baptiste Lepaute est le frère cadet de Jean-André. Ce dernier le fait venir à Paris en 1747. Il a à son actif le développement d’une horloge horizontale qui aurait été exposée au Palais-Royal. C’est en 1774 qu’il reprend l’entreprise familiale avec l’aide de ses deux neveux, Pierre Henry et Pierre-Basile Lepaute venu rejoindre leurs oncles en 1760.
  • PIERRE HENRY (1743-1806) – Neveu de Jean-André et Jean-Baptiste, Pierre Henry est venu rejoindre leurs oncles en 1760. Il fait partie de la famille Lepaute par sa mère Elizabeth Lepaute (1717-1748) qui avait marié Jean Henry (1705-1765), un cultivateur.
  • PIERRE-BASILE dit SULLY (1750-1843) Cousin germain de Pierre-Henry, Pierre-Basile est aussi venu à Paris en 1760 avec son cousin Pierre-Henry. « Il est l’inventeur du remontoir d’égalité qu’il adapta à la pendule astronomique construite pour le Bureau des longitudes et placée à Observatoire de Paris. Il a également introduit ce mécanisme dans l’horloge du château de Compiègne. » (Wikipedia)
  • AUGUSTIN MICHEL ADAM HENRY-LEPAUTE (1800-1885) Fils de Pierre Henry, Augustin Henry-Lepaute était horloger et constructeur de phares. Il marie sa cousine Anaïs Lepaute (1816-1881) en 1834. Ils auront deux fils, Édouard (1838-1909) et Paul (1842-1897) qui prendront la suite de l’entreprise de leur père. Augustin Michel Adam et ses deux fils pourront porter le double nom Henry-Lepaute avec la permission de l’Empereur Napoléon III dont il était l’horloger. Un mécanisme d’horlogerie de tour est conservé à Aire-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais. Mais la contribution de Augustin et de ses fils s’est surtout faite dans le domaine des phares. Il avait fait son apprentissage auprès de Gustave Eiffel. En 1823, il est devenu associé avec Fresnel. Les deux perfectionnent les lentilles de phare qui porte le nom de Fresnel.

L’ÉPÉE

Pierre Henri Paur de Genève achète en 1833 des installations à Sainte-Susanne dans le Montbéliard pour y produire des boîtes à musique. Malheureusement pour lui, en 1839, il est en grande difficulté financière et doit s’associer avec un compatriote, Auguste L’Épée (1798-1875) pour relancer son entreprise. Mais il meurt trois mois après. L’Épée rachète ses parts des héritiers de Paur, et crée en 1839, à Sainte-Suzanne, L’Épée. La manufacture poursuit la fabrication de boîtes à musique en très grande quantité (plus d’un million par année en 1860), puis les intègre à des jouets d’enfants dès 1857. À compter de 1850, la manufacture se diversifie et se met à produire des porte-échappements pour lesquels elle obtient des brevets en 1857. Elle fabrique aussi des mouvements et des pendules complètes, particulièrement des pendules de précision portables. La manufacture est agrandie deux fois, en 1862 et 1871, et s’est équipée de machines-outils à vapeur puissantes. À la mort d’Auguste en 1875, c’est son fils Henry qui prend la relève et accentue la fabrication de porte-échappements et des mouvements. À compter de 1889, la manufacture produira annuellement plus de 200000 porte-échappements, cela jusqu’en 1914. L’entreprise s’est méritée de nombreuses médailles lors d’expositions internationales à Paris (1889 et 1900), Vienne (1892), Hanoi (1902), en Grande-Bretagne et aux États-Unis. En 1896, le fils de Henry, Frédéric, est chargé de la fabrication de phonographes, activité qui sera florissante jusqu’en 1915. À l’aube de la Première Guerre mondiale, la compagnie connaît quelques difficultés financières. Ce n’est qu’en 1931, alors que le fils de Frédéric, appelé aussi Henry, prend la direction de la compagnie, qu’elle commence à se rétablir grâce à la modernisation des moyens de production, comme le montage à la chaîne, et par l’ajout de nouveaux produits comme les baromètres Anéra. On ajoute même deux usines dans le Haut-Rhin dans les années 1960. À la mort de Henry en 1964, sa veuve, Émilie L’Épée, prend la direction de l’entreprise. Une grève en 1968, qui la prive de son marché d’exportation, soit 80% de ses affaires, de même que l’arrivée du quartz, fait en sorte qu’Émilie doit vendre en 1975 à la Société Manurhin-Matra. Elle se diversifie en fabriquant des pendules d’officier sur le modèle des pendules d’officier de Japy et Frères, puis des pièces de munitions et des pendules murales pour le Concorde. En 1986, L’Épée est vendue au holding belge SFPI, puis en 1993, après dépôt de bilan, à la société Laval qui la cède en 1995 à Georges Méreau qui tente de la relancer en réduisant considérablement le personnel. Mais le passif est trop important, et après une tentative de reprise par un Suisse, et des mois de turbulence, L’Épée est fermée en 1996. La marque sera finalement reprise par la société suisse Swiza qui la relancera en 2009, sous L’Épée 1839.

LÉPINE, Jean-Antoine (1720-1814)

Jean-Antoine Lépine (1720-1814) est né à Challex en Auvergne en 1720. Après un apprentissage à Saconnex en Suisse dans un Comté limitrophe à la France, il part pour Paris. Il poursuit son apprentissage chez André-Charles Caron (1697-1775), horloger du Roi. Il marie sa fille en 1756. Il est à son tour horloger du roi à compter de 1765, servant sous Louis XV, Louis XVI et Napoléon. Il crée en 1766, la maison Caron et Lépine située sur la rue Saint-Denis à Paris, et en 1772, Place Dauphine, et en 1778, Quai de l’Horloge et de 1781 à 1787, Rue aux Fossés St-Germain l’Auxerrois. En 1789, il s’associe avec son beau-fils, Claude-Pierre Raguet (1753-1810), et le commerce s’établit Place des Victoires. Raguet devient assez rapidement le seul propriétaire de ce qui avait été appelé Raguet-Lépine, puis Raguet dit Lépine, puis Lépine, après plusieurs changements de propriétaire jusqu’en 1919. Le solde de la marchandise restante est alors vendu à L. Leroy.
Plusieurs des créations de Lépine se trouvent aujourd’hui dans des musées. Citons des montres extra-plates dans lesquelles la fusée est supprimée, des montres qui ne se remontent qu’avec un seul poussoir, et plusieurs autres ayant été créés pour des rois. Il publie aussi en 1763 « Nouvelle quadrature de répétition de montre » (Tardy, 1972).
(Image du domaine public)

LE ROY, Julien

Julien Le Roy (1686-1759) est le fils d’un maître-serrurier et maître-horloger de Tours. Il s’installe à Paris en 1699 où il est apprenti chez l’horloger Alexandre Le Bon jusqu’à l’obtention du titre de maître-horloger en 1713. En 1739, il devient horloger de Louis XV. On lui doit d’avoir introduit en France l’échappement à cylindre de George Graham. C’est lui qui a proposé le premier, le bassin à huile, ce petit espace circulaire concave autour du pivot d’un mouvement. Il a aussi mis au point un mouvement de tourelle horizontal pour les horloges de tours. Il crée aussi un mécanisme de répétition que l’on retrouve dans les montres françaises. Il a eu quatre fils dont l’un sera horloger.
(Image du domaine public)

LE ROY, Pierre

Fils de Julien Le Roy, Pierre (1717-1785), astronome, physicien et horloger, surpasse son père et lui succède comme horloger du roi. Il obtiendra le prix de l’Académie des Sciences pour ses montres marines. Il a d’ailleurs réalisé le premier chronomètre marin en 1763. Il a aussi publié plusieurs ouvrages dont un sur l’isochronisme du ressort spiral. Il a perfectionné l’échappement duplex inventé en 1780 par Dutertre, Tyrer et autres, sur lequel les chronomètres mécaniques actuels sont basés.
(Image du domaine public)

LE ROY, Basile-Charles (1765-1839)

  • BASILE-CHARLES LE ROY (1765-1839) – Basile-Charles Le Roy est né à Paris d’une autre branche de Le Roy, celle de Jean Le Roy dont il est le petit-fils. Son père Basile, était ouvrier en horlogerie. Il a fait son apprentissage auprès de Joseph Quétin avec qui il signera un contrat d’apprenti de 8 ans. Mais il n’obtiendra jamais le titre de maître-horloger. Basile-Charles, son fils, deviendra maître-horloger à 20 ans.
  • LE ROY (Paris, 1785-1828) – Basile-Charles achète une galerie au Palais Royal du Duc d’Orléans, et fonde en 1785, la maison Le Roy à la Galerie Pierre. Les galeries du Palais-Royal, grâce au Duc qui avait besoin d’argent, deviendront le quartier parisien des horlogers sous les arcades du Palais Royal. Basile, le père de Basile-Charles, y travaillera à compter de 1786 ; il est décédé en 1804. En 1789, la Galerie Pierre devient la rue Égalité si bien que Basile-Charles a signé l’une de ses pendules Leroy Gal. Égalité (Tardy, 1972). Il disparaît un temps durant la Révolution et signe alors ses pièces horlogères, Elyor. Sous le règne de Napoléon Bonaparte, il se refait un nom, et en 1805, devient Horloger de l’Empereur puis Horloger de Madame Mère. « En 1823, il déposa une demande de brevet pour une horloge atmosphérique se remontant elle-même par l’effet du vent par une girouette. » (Tardy, 1972)
  • LE ROY & FILS (Paris, 1828-1845) – En 1828, le fils de Basile-Charles, Charles-Louis (1794-1865), devient son associé et la maison Le Roy devient Le Roy et Fils déménagé au 13 Galerie Montpensier. Charles-Louis finira par succéder à son père mort en 1839. Il montre ses oeuvres à l’Exposition de Paris en 1834. Il devient fournisseur du roi et du Duc d’Orléans en 1834 et horloger du roi et de la Marine l’année suivante. Il obtient un brevet pour des pendules éoliennes en 1840.
  • LE ROY & FILS (Casimir Halley Desfontaines, propriétaire) (Paris 1845-1888) – En 1845, Charles-Louis cède le commerce à Casimir Halley Desfontaines (1794-1888), son collaborateur, à la condition que ce dernier conserve la raison sociale Le Roy & Fils. Charles-Louis meurt à Versailles en 1865.
  • LE ROY & SONS (Londres, 1854- ?) – Dans les années 1850, Casimir Halley Desfontaines veut prendre de l’expansion. Il ouvre ainsi à Londres en 1854, une succursale sur Regent Street dont il conserve le nom de Le Roy, mais en traduisant et Fils par & Sons. Il participe à l’exposition de Londres en 1861 et reçoit une médaille l’année suivante. En 1863, il devient horloger de la Reine Victoria. La succursale est capable de délivrer des montres et des horloges dans toute l’Europe. Plusieurs de ses oeuvres sont ornées de diamants et de saphirs. En 1866, il devient même l’horloger de l’empereur du Brésil. Au cours des années suivantes, il obtient une médaille d’Argent à Paris (1869) et une médaille d’honneur à Vienne (1873), et une médaille d’Or à Paris (1878). En 1879, Louis Leroy entre à son service. En 1883, son fils Georges Desfontaines lui succède. Enfin, lors de la mort de Casimir en 1888, c’est son frère Jules, qui hérite de la maison Le Roy de Paris et de Londres.

LEROY, Louis (1859-1935)

Louis Leroy est né en 1859. Il est le fils aîné de Théodore-Marie Leroy (1829-1899), horloger, élève et employé de Vissière, chef d’Atelier chez Breguet et horloger de la marine à compter de 1859. Il a obtenu en 1861 une médaille à l’Exposition de Londres. Louis Leroy fait d’abord son apprentissage auprès de son père de qui il apprend l’art des chronomètres. Il l’envoie ensuite à Londres pour se perfectionner chez un fabricant de Clerkenwell. Il reviendra en France pour la mort de sa mère, et retournera au Royaume-Uni, cette fois, pour travailler chez Le Roy & Sons sur Regent Street à Londres, en 1878. Puis, il revient en France pour faire son service militaire, et entre au service de Casimir Desfontaines, alors que ce dernier est propriétaire de Le Roy et Fils dans une galerie du Palais Royal.

  • L. LEROY ET CIE succ., Ancienne maison Le Roy & Fils (Paris, 1889-1980) – Louis Leroy s’associe avec le fils de Casimir Desfontaines, Jules, en 1888, sous la raison sociale Ancienne maison Le Roy & Fils L. Leroy et Cie succ. En 1899, Louis Leroy devient seul maître à bord, riche du fonds de son père Théodore-Marie Leroy. Il déménage Boulevard de la Madeleine où l’entreprise produira beaucoup de chronomètres et de montres et connaîtra beaucoup de succès. Louis ouvre un atelier à Besançon en 1892 dont il confie la direction à M. Maillard-Salin, professeur à l’École d’horlogerie de la ville. Il participe aux travaux de l’observatoire national de Besançon et s’inscrit à ses concours annuels. Dès l’ouverture de son atelier, il remporte des prix pour ses chronomètres, et cela année après année. En 1895, son frère Léon entre dans l’entreprise. En 1896, Louis se voit décerner un Grand Prix au concours de l’Observatoire de Genève au côté de Vacheron et Constantin. En 1900, il participe à l’Exposition universelle de Paris et y présente une oeuvre majeure la Leroy 01 pour laquelle il reçoit le Grand Prix. Cette montre de poche en or comportant 975 pièces sur une mécanique à 4 tranches est capable de fournir 27 indications, dont 17 de mesure du temps. Parallèlement, il publie une notice sur sa montre ultra-compliquée. Cette montre deviendra une référence internationale du savoir-faire horloger français. Louis deviendra horloger officiel de la Marine. On lui décernera en 1908 et 1910 la Coupe Chronométrique de Besançon. En 1909, il dépose les marques Hippo-Chrono, Auto-Chrono, Aéro-Chrono, Chrono-Course, témoins de la variété des chronomètres qu’il développe. En 1914, il sera nommé membre du Bureau des longitudes, succédant à Auguste Fénon (1843-1913), directeur de l’Observatoire de Besançon de 1892 à 1912, auteur de plusieurs horloges astronomiques pour les observatoires de Bordeaux, Toulouse, Besançon, Marseille et Nice. En 1922, 1923 et 1924, Louis Leroy obtient encore la Coupe Chronométrique de Besançon. En 1922, il crée la première montre-bracelet à remontage automatique. Il est fait Officier de la Légion d’honneur en 1930.
  • LEROY & CIE, SARL – En 1833, la maison Leroy devient Société à Responsabilité Limitée. À la mort de Louis en 1835, son frère Léon (?-1961) assure la direction de l’entreprise qui continuera de croître. En 1938, elle déménage rue du Faubourg St-Honoré. Léon meurt en 1961, et ce sont ses deux fils, Pierre et Philippe qui prennent la suite. En 1957, Pierre prend connaissance des travaux de Lavet (1894-1980) sur le moteur pas-à-pas appliqué à l’horlogerie, et invente le Chronostat, premier chronomètre de marine électrique. Ce sera une vraie révolution dans le domaine.
  • L. LEROY (Suisse 1980-2004) – En 1980, les fils de Léon cèdent l’entreprise à un groupe d’investisseurs et d’entrepreneurs suisses ayant une usine dans le Jura.
  • L. LEROY (Groupe Festina-Lotus, S. A.) – En 2004, Festina-Lotus S. A. groupe de Miguel Rodriguez fondé en 1984 et dont le siège social est à Barcelone en Espagne, acquiert L. Leroy. Rodriguez donne à Guillaume Tripet, un designer suisse, le mandat de réimplanter l’usine Leroy à Besançon. Avec l’horloger Bruno Laville, Tripet a le mandat de relancer la marque dans le domaine du grand luxe, profitant de la présence d’horlogers spécialisés et de L’Observatoire de Besançon, apte à certifier les chronomètres produits dans la région. Malheureusement, le transfert de la production et de la conception au Sentier, Vallée de Joux, en Suisse sous la nouvelle direction de Olivier Muller marque la fin de la haute horlogerie en France, à compter de 2014.
  • MANUFACTURE LEROY S. A., Le Sentier, Suisse – Depuis 2014, Leroy a poursuivi ses activités dans le domaine de l’horlogerie de haut de gamme, sans doute avec l’appui du Groupe Festina, ayant une manufacture au Sentier et un site de vente à Bienne. Cependant, Leroy ne mentionne aucunement sur son site web (Montres Leroy) ses liens avec le Groupe Festina. De plus, le site du groupe Festina n’indique pas non plus, la marque Leroy parmi ses nombreuses marques de montres. Il semble que la raison en est que Festina veut donner la chance à Leroy de se positionner comme marque de grand luxe, ce qui n’est pas la spécialité des autres marques du groupe qui sont de moyenne et basse gamme.

LIPMANN, Emmanuel -> LIP

  • COMPTOIR LIPMANN – Emmanuel Lipmann (1844-1913), horloger de Besançon, y fonde en 1867, le Comptoir Lipmann d’établissage.
  • SOCIÉTÉ ANONYME D’HORLOGERIE LIPMANN FRÈRES – En 1893, les deux fils d’Emmanuel, Ernest et Camille, prennent la suite du comptoir et fonde la Société Anonyme d’Horlogerie Lipmann et Frères. En 1896, ils mettent en marché le Chronomètre Lip. La marque Lip est née et elle sera sur toutes les montres produites dans leurs ateliers. En 1902, une nouvelle usine voit le jour, cette fois mécanisée et capable de produire près de 250 mouvements par jour, du moins en 1908. L’usine est agrandie et on y produit des montres non magnétiques à spirale auto compensatrice avec des rubis enchâssés. On utilise même des sels de radium pour rendre les aiguilles lumineuses. Durant la Première Guerre mondiale, les usines de Lip produisent des montres télémétriques pour l’artillerie française.
  • LIP S. A. D’HORLOGERIE – En 1931, la compagnie prend le nom de la marque Lip. La compagnie, même si des distributeurs y ont des parts, est toujours dirigée par des membres de la famille Lipmann, soit le fils de Camille, James, et les deux fils d’Ernest, Fred et Lionel. Le calibre T18 est produit en 1933 et des pays de l’Est obtiennent des licences pour sa fabrication, valables jusqu’en 1960. Puis, avec la société suédoise Ericsson, Lip met en marché des horloges électriques. On produit à l’Usine toutes sortes d’instruments électromécaniques. En 1936, Lip sort une montre en inox à l’épreuve de l’eau et de la poussière, appelée Nautic. On produit aussi des montres pour l’aviation et l’armée.
  • SAPROLIP – Durant la Deuxième Guerre mondiale, la compagnie, propriété de Juifs, est réquisitionnée. Les parents Lipmann sont arrêtés et déportés. Lionel se retire de la compagnie, James fuit vers les États-Unis, mais Fred réussit à transférer la production en zone libre à Issoudun au sein de la filiale Saprolip. À la fin de la guerre, Fred devient président de Lip et relance l’entreprise qui connaîtra beaucoup de succès dans les années suivantes. Voir Wikipedia pour plus de détails.
  • FRED LIP – En 1967, Fred Lipmann vend une partie de ses parts à la société suisse Ébauches SA qui deviendra l’actionnaire principal en 1970. L’année suivante, Fred est remercié et remplacé par Jacques Saint-Esprit. En 1973, Lip tente tant bien que mal de mettre en marché sa première montre au quartz, mais ne résiste pas à la concurrence du Japon et des États-Unis. Elle dépose son bilan en 1973. Les employés qui ont fait une grève célèbre et occupé l’usine tenteront de la relancer en coopérative, mais c’est un échec. Claude Neuschwander reprend Lip en 1974 et présente un plan de relance qui sera rapidement un échec. Elle ferme ses portes en 1976, mais l’usine est de nouveau occupée par ses employés.
  • LES INDUSTRIES DE PALENTE (LIP) – En 1977, elle est liquidée puis reprise par une coopérative d’employés appelée Les industries de Palente, qui réussiront à la garder en vie jusqu’en 1984.
  • LIP – SMH-KIPLÉ – En 1984, la Société Mortuacienne d’Horlogerie (SMH – ne pas confondre avec SMH de Suisse) acquiert la marque Lip. Six ans plus tard, la SMH est en liquidation judiciaire.
  • LIP – GROUPE SENSEMAT – C’est un groupe d’outillage du Gers dirigé par Jean-Claude Sensemat qui remporte la mise lors de la vente aux enchères de Lip en 1990. Sous sa direction, Lip progresse grâce à la vente directe par correspondance et un large réseau de distribution. En 2000, le Groupe Sensemat qui connaît des difficultés financières et juridiques disparaît. Mais son fondateur détient encore la marque Lip.
  • LIP – MANUFACTURE GÉNÉRALE HORLOGÈRE – En 2002, Jean-Claude Sensemat accorde une licence internationale à la Manufacture Générale Horlogère (MGH) de Lectoure, créée par Jean-Luc Bernerd. Des millions de montres Lip sont fabriqués au cours des années suivantes. Vers 2007, alors que Sensemat immigre à Montréal grâce au programme canadien Gens d’affaires investisseurs, la production des montres LIP est confiée à FIZZ Watches de Hong Kong. Cependant, la conception et le service après-vente demeurent en France. Néanmoins, Bernerd se cherche des partenaires.
  • LIP – SOCIÉTÉ DES MONTRES BISONTINES – Philippe Bérard, P.D.G. de la Société des montres bisontines signe en 2014, un accord d’assemblage et de commercialisation des montres Lip à Besançon. Il lance deux nouvelles collections : les montres historiques de Lip et des montres de designers. En 2016, Sensemat, toujours propriétaire de la marque Lip, la vend finalement à Jean-Luc Bernerd. En 2018, la Société des montres bisontines devient seule propriétaire de la marque. La compagnie possède de nos jours un grand réseau de distribution en France et à l’étranger, et vend directement sur son site Internet.

MILDÉ, Charles

Charles Mildé (1851-1931) est né à Paris en 1851. Il commence sa carrière comme horloger, mais très vite il s’intéresse à l’électricité. C’est ainsi qu’il expose à l’Exposition universelle de Paris de 1878, une horloge électrique. En outre, il publie « Les Horloges électriques » et « Création à Paris d’une Manufacture Centrale d’Horlogerie ». Toutefois, Mildé est reconnu surtout pour l’invention de paratonnerres, de sonnettes d’alarme électriques, de tableaux indicateurs, d’un système téléphonique, et de téléphones. Puis il s’intéresse à l’électrification des villes et crée la première centrale électrique à Paris la (Société d’éclairage de Paris), puis au Havre. Tout naturellement, Mildé s’intéresse à la voiture électrique, puis au fourgon de poste électrique, et même au bateau électrique. Mais à l’époque, en raison de la faible autonomie de tels véhicules, les automobiles et camions à essence la firent disparaître.

MARTI, Samuel

On sait peu de choses de Samuel Marti (1811-1869), cet industriel et horloger suisse venu à Montbéliard en 1830. En 1832, avec deux associés, il crée une usine de mouvements de pendule dont il devient l’unique propriétaire en 1841 sous le nom de S. Marti et Cie. Il avait un atelier à Paris rue Orléans-Marais en 1850, et rue Charlot en 1860. En 1870, il avait aussi un dépôt avec A. Roux et Cie et Japy et Cie rue Vieille-du-Temple. Au cours de sa vie, il a obtenu plusieurs médailles: Mention honorable en 1841, médailles d’Or en 1851 et 1852 et médaille de Bronze en 1860. Samuel a eu un fils, Auguste Samuel Marti. Né en 1864 et diplômé de l’École Polytechnique en 1884, il a pris la succession de son père, et sous sa direction, la compagnie a obtenu une médaille d’Argent en 1889, et une médaille d’Or en 1900. Auguste Samuel a été maire de Montbéliard en 1896 et 1897.

Mouvement S. Marti Médaille d’Or 1900
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MOUGIN (A. D.)

Adolphe Mougin (1848-c.1928) est un horloger ayant une entreprise à Hérimoncourt dans la région de Montbéliard à compter de 1890. Il avait aussi un atelier rue de Tourenne à Paris, puis rue des Filles du Calvaire vers 1890. Sa compagnie fabriquait des pièces d’horlogerie, des mouvements complets, et ce qu’on appelle des blancs roulants, c’est-à-dire des mouvements « en état de marche sans échappement prêt à recevoir les travaux de terminage (repassageréglage, ajustage) et de finissage » (Fondation Haute horlogerie). Elle livrait le tout à des compagnies qui complétaient les mouvements et les emboîtaient. Il a eu comme client Vincenti et Cie et A. Roux et Cie, son successeur, et Japy Frères & Cie. On sait qu’il a été présent à l’Exposition mondiale de Paris en 1889, et qu’il y a reçu une médaille de Bronze pour ses mouvements de style Pendules de Paris. Il aurait également reçu une médaille d’Argent en 1900. Sa marque de commerce était une étoile avec la mention de son nom et l’inscription Deux médailles. Vers 1900, la société de Mougin devient Société Les Fils de Adolphe Mougin. Il semble que celle-ci ait existé jusqu’en 1928, année où leur usine a été reprise par Schwob Frères, tisserands.

Mouvement A.D. Mougin Deux Médailles avec échappement Brocot, dans un boîtier et chandeliers assortis de H. Luppens, fondeur et détaillant de Bruxelles et de Paris.
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MOULIN, André

André Moulin est né vers la fin du XIXe siècle. Il obtient un doctorat en science en 1910. Il met au point un système d’aimant à trois pôles pour horloge en 1912 et l’applique en 1914. Il se trouve à mettre au point une horloge électromagnétique en parallèle avec Maurice Favre-Bulle.

ODOBEZ, Léon ODO

Léon Odobez crée en 1924 à Morez avec deux partenaires, Moret-ès- Jean et Barbaud, la société ODO. Son atelier est installé de 1927 à 1936 cour Paul Odobey à Morez. En 1950, elle quitte ses locaux de l’avenue Charles de Gaulle cédés à Marius Morel, pour s’installer dans une nouvelle usine qu’elle fera agrandir en 1964 et 1965 pour y installer la production de mouvements. Elle y fabrique aussi des horloges de toutes sortes, dont des carillons Westminster. Dans un effort de diversification, elle fabrique aussi des moulinets pour la pêche, En 1973 et 1974, elle procède encore à un agrandissement. En 1984, ODO reprend l’usine de Domblans de la société en faillite Les fils de F. Romanet. Les lunetteries Lux de Morez achètent tous les immeubles du site. En 1990, toute la production d’horloges ODO est transférée à l’usine de Morbier, l’usine de Domblans servant surtout à produire les boîtiers d’horloges comtoises. À Morbier, la production annuelle était de 3000 Comtoises et 40000 pendules et réveils électriques.

PHILIPPE, Jean Adrien

Né en Eure-et-Loir-et-Loire en 1815, il invente un mécanisme qui remplace la clef tant pour remonter que pour mettre à l’heure une montre. Son invention lui vaut une médaille de l’Exposition française industrielle de 1844. C’est là qu’il rencontre Antoni Patek avec qui il fonde en 1845, Patek & Co, à Genève, qui en 1851 devient Patek Philippe & Co. Il finira ses jours à Genève en 1894.

PLANCHON, Mathieu

Mathieu Planchon (1842-1921) est né à Bourges. Il fait son apprentissage auprès de son père Édouard Planchon. Après avoir complété son apprentissage chez Jean E. Robert-Houdin (1865), et chez Adrien Philippe (1868), il s’installe à Paris en 1870. Il acquiert le fonds de commerce de Adrien Philippe. En 1880, il est installé rue Vieille du Temple, et en 1890, au Palais-Royal, Galerie Montpensier. Ses premières créations étaient d’inspiration gothique, mais très vite, il imposa son propre style, le Style Planchon, inspiré des styles des grands rois de l’époque, Louis XIV, Louis XV… Son apport le plus important en horlogerie consiste en la publication de nombreux ouvrages dont : La Clef de montre, Les Coqs, L’heure en Chine (1895), Curiosités de l’Horlogerie (1895), Les clepsydres (1897), L’horloge. Son histoire. Rétrospective, pittoresque et artistique (1898), L’horlogerie à l’exposition universelle de 1900, L’évolution du mécanisme de l’horloge (1918), La Pendule de Paris (1921).

PONS, Honoré

Honoré Pons (1773-1851) dit Pons de Paul est né à Grenoble en 1773. Après une formation chez les Jésuites, il fait son apprentissage en horlogerie chez Antide Janvier. En 1798, on travaille comme horloger chez Lepaute. Puis, il ouvre un atelier à Paris en 1803, rue de la Huchette, quartier où se trouvent des horlogers connus comme Breguet et Berthoud. En 1807, sous l’impulsion d’un programme d’état, il déménage à Saint-Nicolas-d’Aliermont où depuis des années on fabrique montres et horloges à la main. Pons introduit des machines-outils de sa création dans la fabrication horlogère et révolutionne les méthodes de travail à Saint-Nicolas. Il est capable de produire 100 mouvements par semaine qu’il livre à son dépôt de Paris et à celui de Seguy-Maréchaux. Il crée également un échappement à pendule Dupleix (1824) et un échappement hélicoïdal (1829). Il perfectionne les mouvements à sonnerie pour le gardiennage de nuit. Il reçoit au cours de sa carrière plusieurs médailles d’Or (1827, 1834, 1839, 1844), et d’Argent (1819, 1823, 1825), de même que la Légion d’honneur. En 1846, sa santé est chancelante, et il cède ateliers et équipements à l’horloger Borromé Delépine de Saint-Nicolas d’Aliermont.
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RAINGO, Zacharie Joseph (1775-1847)

Zacharie Joseph, fils d’horloger, serait né à Mons en Belgique, et aurait fait son apprentissage à Tournai de 1795 à 1807 et serait installé à Gand vers 1810. On le retrouve en 1813 sur la rue de Cléry à Paris. Il y fabrique des pendules qu’il appelait « à sphères mouvantes », s’inspirant sans doute des travaux d’Aristide Janvier. C’étaient des pendules planétaires dites aussi astronomiques dont il était devenu spécialiste. En 1810, il dépose une demande de brevet pour une pendule à sphère mouvante. En 1823, il publie un petit traité sur lesdites sphères intitulé « Description d’une pendule à sphère mouvante » (Tardy, 1972). En 1823, Zacharie devient Horloger-mécanicien du futur roi Louis-Philippe, alors Duc de Chartres, et en 1824, Garde-Meuble de la Couronne. Cette même année, le roi George IV d’Angleterre acquiert une pendule de Raingo qui serait de nos jours au Château de Windsor.

RAINGO FRÈRES

Zacharie Joseph Raingo a eu quatre fils tous nés à Tournai en Belgique, Adolphe Hubert Josep (1796-1839), Charles François Victor (1801-1884), Denis Lucien Alphonse (1802-1870) et Dorsant Émile Joseph (1805-1859). Ce sont eux qui ont fondé Raingo et Frères à Paris en 1823. Ils se sont d’abord installés rue Vieille du Temple, puis rue de Touraine où ils fabriquaient et vendaient des pendules de mobilier, de cheminée et murales de style Empire et Restauration. Selon Tardy (1972), ils auraient déposé en 1829, des brevets pour « une sonnerie, des boîtes de pendules, une suppression de l’échappement, un échappement libre ». Ils ont obtenu une Mention honorable en 1834. Vers 1850, ils ont ajouté à leurs modèles des horloges en bronze. Vers 1860, ils retournent s’installer rue Vieille du Temple. En 1862, ils ont exposé à Londres. Leur réputation grandissante les a fait connaître auprès de la haute société, si bien qu’ils avaient comme clients l’Empereur Napoléon III et sa femme, l’Impératrice Eugénie. Puis ils se sont associés à des sculpteurs et fondeurs de renom comme Auguste Moreau (1834-1917) et Albert-Ernest Belleuse (1824-1887) pour orner leurs pendules, et à un ébéniste célèbre François Linke (1855-1946). Ils ont participé plusieurs fois, à l’Exposition universelle de Paris y remportant des prix jusqu’à une médaille d’Or en 1889. Les œuvres des frères Raingo sont exposées dans plusieurs musées du monde, dont le Musée des Arts et Métiers de Paris.

RÉDIER, Joseph Antoine Jean (1817-1892)

Antoine Rédier est né à Perpignan en 1817 et mort à Melun en 1892. Il a fait son apprentissage chez l’horloger Frédéric Louis Perrelet. Après son service militaire, vers 1840, il travaille à la boutique d’Henri Robert. En 1842, il achète ce qui reste de l’atelier de l’horloger Duchemin, Place du Châtelet à Paris. Rédier était horloger, mais surtout un grand inventeur en horlogerie. Tardy (1972) fournit une liste de ses inventions la plupart citées dans un article de Wikipedia. Vers 1883, il s’associa avec son fils et s’installa à St-Nicolas d’Aliermont. Ils déposèrent une marque de commerce dont le graphique était une cloche à l’intérieur de laquelle étaient inscrits deux R dont le premier était inversé verticalement.

ROBERT, Henri (1795-1874)

Henri Robert est né à Mâcon en 1795. Après une formation et une pratique en droit, il devient en 1824, apprenti en horlogerie chez Breguet puis Perrelet. Vers 1829, il ouvre son propre atelier au Palais-Royal, reprenant la boutique de l’horloger Henri Laresche. Pour plus de détails, voir Wikipedia.

ROBIN, Robert (1742-1799)

Robert Robin est né en 1742. On sait peu de choses de ses années d’apprentissage. Il aurait eu un atelier à Paris à compter de 1767. Il a été horloger du roi Louis XVI à compter de 1785. Logeant au Louvre. Il est surtout connu pour avoir été l’un des premiers à utiliser l’échappement à ancre pour les montres de poche, échappement qu’il a perfectionné. Il a en effet conçu un échappement à ancre à détente et fourchette à ressort, un autre à ancre et détente, et un troisième à détente munie d’un enfourchement. Il est aussi le créateur de pendules d’exception dont une célèbre pendule réalisée pour Marie-Antoinette, exposée au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Pour plus de détails, voir Wikipedia.

RODANET

  • RODANET, Julien Hilaire (1810-1884) – Julien Hilaire Rodanet est né à Rochefort en 1810. Il a été l’apprenti du chronométrier Augustin Merceron d’Angoulême. Puis, il vint à Paris en 1826 et travailla avec Joseph Thaddeus Winnerl (1799-1886) jusqu’en 1837. Ce dernier sera son parrain pour la Légion d’honneur qu’il recevra en 1864. Il retourna alors à Rochefort et y créa un atelier-école d’horlogerie où il a formé une quarantaine d’élèves, surtout des jeunes abandonnés. Il aura une Médaille d’Argent à l’Exposition de Paris en 1844 pour l’un de ses chronomètres, et une médaille de 1re classe à l’Exposition de 1864. Il se retira en 1866 à Rochefort, laissant en héritage un ouvrage intitulé « Horlogerie astronomique et civile » paru en 1886. Il laissera aussi deux fils, Auguste Hilaire (1837-1907) et Alfred (1840-1888), deux horlogers, et une fille Augustine (1843-1910).
  • RODANET, Auguste Hilaire (1837-1907) – Auguste Hilaire Rodanet est l’un des fils de Julien-Hilaire, celui des deux qui est le plus connu. Suivant les traces de son père, celui-ci a fondé en 1880, l’École de l’Horlogerie de Paris à l’initiative de la Chambre syndicale d’horlogerie de Paris dont il a été tour à tour Secrétaire et Président. Cette école privée a été en 1883, reconnue d’utilité publique. Comme son père, Auguste était spécialisé dans les chronomètres. Il avait sa boutique rue Vivienne à Paris. En 1890, il a enregistré sa marque de commerce, les initiales AR entouré de Horlogerie de Paris. Il a aussi été constructeur de chronomètres pour la Marine de l’État. Il fut aussi horloger du royaume. Il a, comme son père reçu la Légion d’honneur, d’abord à titre de Chevalier en 1883, d’Officier en 1887, puis de commandeur en 1900.
  • RODANET, Henri, (1884-1956) – Henri Rodanet était le fils d’Alfred Rodanet, fils cadet de Julien Hilaire Rodanet. Celui-ci vivait à Santiago au Chili à la naissance de son fils. Il est malheureusement décédé quand Henri n’avait que 4 ans. Quelques années après, il retourne à Paris avec sa mère et ses deux sœurs aînées. Pas de chance, tour à tour, sa mère et sa sœur aînée décèdent le laissant seul avec sa sœur aînée qui n’avait que 16 ans. C’est alors que son oncle Auguste Hilaire prend les deux enfants sous son aile. Henri devient un peu plus tard élève de l’École d’horlogerie de Paris, et en sort premier de sa promotion. Il a mis au point le plus petit calibre, le 101. À 18 ans, il entre chez Edmond Jaeger où l’on remarque ses grands talents. Il développe un tachymètre que la compagnie va commercialiser après la guerre. C’est le début chez Jaeger de son département d’instruments aéronautiques et automobiles, dont le cofondateur était l’aviateur Edmond Audemars. Henri Rodanet est devenu directeur technique des opérations de Ed Jarger SA en 1918. Après la Deuxième Guerre mondiale, Henri deviendra président du conseil d’administration de la société Jaeger. Il a à son actif plus de 500 brevets de toutes sortes.

ROMANET, Félicien

Les Établissements Romanet et Cie, fondés en 1871 par Félicien Romanet. Ils fabriquent dans la ferme familiale des horloges, des pendules, des carillons de marques Roma et Jura. Plus tard, l’entreprise, reprise par les fils de Romanet, devient Les Fils de F. Romanet. En 1948, les fils de Romanet font construire non loin de la ferme à Morbier une nouvelle usine qui ouvrira ses portes en 1951. On y produit entre autres des horloges à carillon capables de jouer 4 airs, une exclusivité de cette époque. On les appelle Carillon Romanet F. F. R. Morbier. Un deuxième immeuble est ajouté en 1961. En 1974, la société ouvre une nouvelle usine à Domblans, mais celle-ci doit fermer ses portes en 1981, car insolvable. En 1984, ODO crée Productions Romanet, S. A. et reprend l’usine sous ce nom.

SOCIÉTÉ D’HORLOGERIE SAP-JAZ

Ivan Benel, un ingénieur français, et Louis Gustave Brandt, horloger, fondent à Paris en 1919 la Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère SA (C.I.M.H.). On installe en banlieue parisienne une usine de fabrication. En 1921, elle lance son premier produit, un réveil, le CLASSIC, sous la marque de commerce JAZ. Ce réveil aux caractéristiques inédites jusque-là est un immense succès, si bien qu’un réveil devient dans le vocabulaire populaire, un Jaz. Le reste de l’histoire est largement racontée dans Wikipedia.

THIOUT, Antoine (1694-1761)

Antoine Thiout est né à Joinville en Haute-Marne. Très jeune il s’installe à Paris pour faire son apprentissage. Il s’intéresse à la mécanique horlogère de précision. En 1724, il devient maître-horloger et invente des pendules à équation et à indications astronomiques. Il crée aussi vers les années 1740 des machines à tailler des fusées et un tour à fileter qui lui permettront de fabriquer des pièces d’horlogerie de précision. Il aura un atelier rue du Four, puis Quai Pelletier de 1741 à 1748 (Tardy, 1972). Il sera l’Horloger du Duc d’Orléans à compter de 1751. Il laisse en héritage une œuvre qui sera longtemps un ouvrage de référence en horlogerie, le Traité de l’Horlogerie Mécanique et Pratique, paru une première fois en 1741. Illustrée, l’édition de 1767.
(Image du domaine public)

UTI (1905-1984)

L’histoire de la société UTI est très bien racontée dans le récit anonyme signé capitaine 56 dans un Forum intitulé Chronomania. J’en résume les grandes lignes. Un dénommé Hector Lévy (1847-1907), un horloger. Il est membre de la Fédération des Chambres syndicales des horlogers et des bijoutiers de France. Hector Lévy avait en 1901 pris la succession de la Fabrique d’Horlogerie Ch. Couleru-Meuri de Chaux-de-Fonds en Suisse qui produisait des montres et des instruments de mesure. Entre autres, Charles Meuri avait inventé une montre pour bicyclette.

Horloge UTI style de cocher

En 1876, Lévy avait marié Alice Meyer et avait élu domicile boulevard Sébastopol à Paris à compter de 1880. L’année suivante, il avait été accepté à titre de membre de la Société horlogère de Paris dont Auguste-Hilaire Rodanet était le président. Il était aussi le successeur d’Antoine Redier, l’inventeur du premier réveil-matin. Il transfert son atelier rue Blondel à Paris et y nomme son beau-frère, Georges Meyer, chef de l’entreprise, en même temps qu’il ouvre un magasin boulevard Sébastopol. Meyer devient aussi membre de la Société horlogère de Paris en 1898. Lévy vend l’entreprise de Redier à Grivolas, Fabricant de Paris qui produit les fameuses horloges 400 jours. Lévy continue toujours d’annoncer sa Fabrique de montres de Besançon et de Paris.

En 1906, Lévy cède sa place à Georges Meyer. Il annonce en 1907, dans la Revue Chronométrie, que Georges Mayer et Cie, son successeur, est à construire une usine à Besançon appelée Fabrique Utinam, et qu’il assurera la direction par intérim de l’entreprise jusqu’à ce que l’usine soit complétée. Elle le sera un mois plus tard. Néanmoins, une partie de la production et des bureaux restera à La Chaux-de-Fonds en Suisse, probablement jusqu’en 1926, après quoi l’entreprise ne sera plus que française. Assez vite, les produits de Utinam seront nommés UTI bien que les noms Utinam et Établissements Georges Meyer subsisteront jusqu’en 1940. La compagnie s’orientera vers le haut de gamme et recevra au cours des années plusieurs distinctions pour ses innovations, l’utilisation du radium pour rendre lumineuses les aiguilles des cadrans, une montre à répétition pour aveugle avec sonnerie, etc., dont plusieurs médailles d’or, d’Argent et de Bronze. En 1918, un dénommé Henri Blum, un alsacien né en 1882 (l’Alsace est à cette époque sous l’Empire germanique), prend la direction technique de l’entreprise. C’est le fils de Alexandre Blum et de Joséphine Meyer, proche parente de Georges Meyer fait Chevalier de la Légion d’honneur en 1912. Après de multiples péripéties, l’entreprise devient UTI SA en 1940 et elle est dirigée par le petit-fils de Georges Meyer, Jacques Meyer (1930-2007) depuis 1956, ce dernier ayant été son directeur technique à compter de 1950. La compagnie cessera ses activités en 1984 après avoir été cédée à la société Matra qui ne s’y est pas vraiment intéressée.

VÉRITÉ, Auguste-Lucien (1806-1887)

Auguste-Lucien Vérité est né à Beauvais en Picardie en 1806. Il a laissé en héritage plusieurs horloges astronomiques publiques, dont deux horloges astronomiques monumentales, l’une à la Cathédrale Saint-Jean de Besançon (1860) et l’autre à la Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais (1865-1868), son chef-d’œuvre composé de 90 000 pièces, 68 automates et 52 cadrans. Il s’est aussi intéressé à l’utilisation de l’électricité pour synchroniser des horloges entre elles. Il laisse aussi plusieurs ouvrages dont Rapport sur une pendule à échappement libre, à repos, à force constante (1838), Description d’une pendule dont l’électricité seule est la force motrice (1853), Note descriptive de l’horloge astronomique de l’église cathédrale de Beauvais (1861), Sur un moyen d’obtenir un isochronisme parfait pour un nombre quelconque d’horloges reliées entre elles par fil conducteur de courant électrique (1863), Description de l’Horloge de la cathédrale de Besançon (1868). Pour plus de détails, voir Wikipedia.

VILLON, Albert

Albert Villon fonde en 1867 un atelier où il fabrique des pendules de voyage et des montres marines. Il appose ses initiales A. V. sur ses horloges en guise de marque de commerce, parfois accompagné d’un graphique de « Lion passant« . Ce graphique perdurera jusque dans les années 1940, bien après la mort de Villon.

  • A. VILLON ET DESSIAUX – En 1873, il s’associe avec Ernest Dessiaux pour former A. Villon et Dessiaux. L’association durera dix ans.
  • ALBERT VILLON, DUVERDREY ET BLOQUEL – En 1885, Albert Villon crée un nouveau partenariat d’une durée de 10 ans avec Paul Duverdrey, un comptable, et Joseph Bloquel, un horloger. L’année suivante, l’association prend la forme d’une société à nom collectif : Albert Villon, Duverdrey et Bloquel ayant siège social et usine à Saint-Nicolas d’Aliermont. En 1897, Duverdrey et Bloquel rachètent l’usine.
  • DUVERDREY ET BLOQUEL – En 1902, Villon quitte l’entreprise, car celle-ci devient Duverdrey et Bloquel nom qui perdurera jusqu’en 1916. C’est en 1907 qu’apparaît le nom Réveils Bayard. En 1911, Paul Duverdrey décède et son fils Robert, lui succède.
  • SOCIÉTÉ DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS DUVERDREY ET BLOQUEL – En 1916, le nom de la compagnie change pour Société des Anciens Établissements Duverdrey et Bloquel. En 1922, Joseph Bloquel s’éteint et c’est Louis Guilbert qui prend la place.
  • Pour la suite, voir Bayard.

VINCENTI, Jean (1791-1834)

  • VINCENTI (1823-1828) – Jean (Ghjuvanni-Giovanni) Vincenti en Corse en 1791 s’est installé à Montbéliard en 1791. En 1823, il y crée une fabrique d’ébauches et de roulants de pendules sous le nom de Vincenti, dans un local du château de Montbéliard, qui sera en opération jusqu’en 1928.
  • VINCENTI & CIE (1829-1834) – L’année suivante, Vincenti s’associe avec Albert Roux et la fabrique d’ébauches prendra le nom de Vincenti et Cie. Elle prendra un grand essor, capable de produire annuellement 8000 mouvements d’horlogerie. Elle diversifie aussi sa production en ajoutant des mécanismes pour boîtes à musique, métronomes, lampes à huile, etc. Vincenti obtiendra une première médaille d’Argent en 1834.
  • VINCENTI & CIE (Albert Roux : 1834-1890) – À la mort de Vincenti en 1834, c’est Albert Roux qui prendra la succession de Vincenti et Cie, et en conservera le nom. Sous sa direction, tout en poursuivant les activités de l’usine de Montbéliard, il ouvrira un magasin à Paris en 1850 rue d’Anjou dans le Marais. Il obtiendra une autre médaille d’Argent en 1855. Il sera rue de Saintonge en 1860. En 1870, il logera sur la rue de Bretagne, et obtiendra une médaille de Bronze. En 1880, il sera rue Pastourelle et en 1890, rue des Arquebusiers (Tardy, 1972).
Vincenti & Cie, Médaille d’Argent 1855
(Images ID151m et ID285m : Tous droits réservés, Bordloub)
Vincenti & Cie, Médaille d’Argent 1834

WAGNER, Jean

Né à Pfalzel, Allemagne, en 1800, il arrive à Paris en 1812 où il restera jusqu’en 1875. Il obtiendra des médailles d’Argent en 1819 et 1827.

WINNERL, Joseph-Thadeus (1799-1886)

Joseph-Thadeus Winnerl est né en Styrie, Autriche. Il arrive à Paris en 1829 et ouvre un atelier de fabrication de chronomètres.  Il fabrique une horloge astronomique pour l’Observatoire de Paris. On le reconnaît comme le père du chronographe moderne, avec son chronographe à rattrapante, à unique trotteuse centrale (1831) et à deux aiguilles (1838). Il reçoit une médaille d’Or en1839, la Croix en 1844 et la rosette en 1855 alors qu’il est l’horloger de l’observatoire. Il publie trois articles importants (Tardy, 1972) : Modification apportée à l’échappement à ancre pour les pendules (1844), Réflexions sur les oscillations du pendule conique (1847) et Système de balancier compensateur applicable aux montres marines (1876).

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