4.10.3 – Les styles

Dernière révision : 2022-08-09 @ 06:13

Les styles d’horloge

Dans les tableaux suivants, je me suis efforcé de nommer les styles dans la langue de leur pays d’origine. Vous remarquerez aussi que le nom de certains styles correspond à des noms de périodes ou de rois ou reines, car c’est ainsi qu’on nommait les styles d’époque. Les dates entre parenthèses ne sont qu’indicatives ; elles représentent le moment dans l’histoire de leur création et de leur popularité. Certains styles de ces époques sont réapparus plus tard que les dates indiquées. J’ai aussi indiqué le nom du ou des pays d’où proviennent les styles.

Enfin, lorsqu’un lien est en couleur, cliquez pour révéler un « pop-up » qui donne une description du style accompagnée d’une photo d’horloge. J’invite les visiteurs qui pourraient m’aider à compléter les illustrations de chaque style, à le faire via le formulaire de contact.

4.10.3.01 – TUDOR (1509-1558)
4.10.3.02 – GOTHIQUE (1558-1650)
4.10.3.02.01 – Élisabéthain – Angleterre (1558-1603)
4.10.3.02.02 - Gothique - France (1558-1620)
4.10.3.03 – RENAISSANCE – CLASSICISME (1600-1690)
  4.10.3.03.01 - Renaissance (1600-1690)
  4.10.3.03.02 - Louis XIII - France (1610-1643)
  4.10.3.03.03 - Stuart - Angleterre (1625-1690)
4.10.3.04 – BAROQUE ET ROCOCO (c. 1625-1800)
4.10.3.04.01 – Baroque – France (1620-1700)
4.10.3.04.02 - Rococo - France (1695-1760)
1643-1715: Style Louis XIV - France
4.10.3.04.04 - Régence - France (1715-1773)
4.10.3.04.05 -  Louis XV - France (1750-1774)
4.10.3.04.06 – Jacobéen – Angleterre (1603-1649)
4.10.3.04.07 – Cromwellien – Angleterre (1649-1660)
4.10.3.04.08 – Caroléen – Angleterre (1660-1688)
4.10.3.04.09 - William & Mary - Angleterre (1689-1702)
4.10.3.04.10 – William et Mary – États-Unis (1700-1725)
4.10.3.04.11 – Queen Anne et Early Georgian – Angleterre (1702-1724)
4.10.3.04.12 – Queen Anne et Early Georgian – États-Unis (1725-1755)
4.10.3.04.13 – Georgian – Angleterre (1724-1820)
4.10.3.04.14 – Chippendale I and II – Angleterre (1720-1779)
4.10.3.04.15 – Chippendale I and II – États-Unis (1755-1780)
4.10.3.04.16 – Chippendale III – Angleterre (1779-1805)
4.10.3.05 – NÉO-CLASSICISME (1760-1850)
4.10.3.05.01 – Robert Adam and Bros. – Angleterre (1728-1792)
4.10.3.05.02 – Sheraton – Angleterre (1751-1806)
4.10.3.05.03 – George Hepplewhite – Angleterre (1760-1800)
4.10.3.05.04 – Empire anglais – Angleterre (1802-1840)
4.10.3.05.05 – Regency – Angleterre (1810-1820)
4.10.3.05.06 – William IV – Angleterre (1830-1837)
4.10.3.05.07 - Bierdermeir - Allemagne (1815-1848)
4.10.3.05.08 - Fédéral - États-Unis (1780-1820)
4.10.3.05.09 - Empire - États-Unis (1820-1840)
4.10.3.05.10 – Restoration – États-Unis (1835-1850)
4.10.3.05.11 – Louis XVI – France (1774-1793)
4.10.3.05.12 – Directoire – France (1793-1804)
4.10.3.05.13 – Empire – France (1799-1815)
4.10.3.05.14 – Restoration – Louis XVIII et Charles X – France (1830-1848)
4.10.3.05.15 – Louis-Philippe – France (1830-1850)
4.10.3.06 – ÉCLECTISME (1870-1910)
4.10.3.06.01 - Second Empire - Napoléon III - France (1820-1895)
4.10.3.06.02 - Victorien - Angleterre (1840-1900)
4.10.3.06.03 – Victorien – États-Unis (1840-1900)
4.10.3.06.04 - Renaissance Victorienne ou Néo-Grecque - États-Unis (1860-1880)
4.10.3.06.05 – Renouveau Louis XVI – États-Unis (1860-1890)
4.10.3.06.06 – Renouveau colonial – États-Unis (1875-1900)
4.10.3.06.07 – Éclectisme – France (1870-1890)
4.10.3.06.08 – Exotique et Éclectique – États-Unis (1885-1910)
4.10.3.07 – NÉO-GOTHIQUE
4.10.3.07.01 Néo-Gothique – France (1850-1950)
4.10.3.08 – PRÉ-MODERNE (1870-1930)
4.10.3.08.01 - Beaux-Arts - France - États-Unis (1860-1950)
4.10.3.08.02 – Kitsch I – Allemagne (1860-1870)
4.10.3.08.03 - Arts & Crafts - Angleterre, États-Unis, Canada (1870-1900)
4.10.3.08.04 - Eastlake - États-Unis (1880-1900)
4.10.3.08.05 - Jugendstil - Allemagne (1880-1920)
4.10.3.08.06 - Art nouveau - France (1895-1930)
4.10.3.08.07 - Édouardien - Angleterre, États-Unis (1900-1910)
4.10.3.08.08 - Mission - États-Unis (1900-1930)
4.10.3.09 – MODERNE (c. 1910-1960)
4.10.3.09.01 Art déco (1910-1940) - France, Allemagne, Angleterre, États-Unis
4.10.3.09.02 - Bauhaus - Allemagne, États-Unis (1919-1933)
4.10.3.09.03 - Modernisme (1920-1960)
4.10.3.09.04 – International (1940-1960) – France, Angleterre, États-Unis
4.10.3.09.05 - Kitsch II (1950-1980)
4.10.3.10 – POST-MODERNE (c. 1960-2020)
4.10.3.10.01 – Bionique (1920-2010)
4.10.3.10.02 - Scandinave (c. 1960-1980)
4.10.3.10.03 – Futurisme (1960-1990)
4.10.3.10.04 - Post-Modernisme (1977-1990)
4.10.3.10.05 – Futurisme exubérant (2000-2020)
4.10.3.10.06 – Fonctionnalisme (2000-2020)

Section suivante : 5.00 – Entretenir, réparer et restaurer des horloges anciennes

Le style gothique est un style qui reflète le caractère religieux de l’époqe du Moyen-Âge jusqu’à la Renaissance française. Influencé par l’architecture romane, le style gothique est marqué par la rationalité et l’élan vers le ciel, avec ses lignes droites à la base et un sommet en ogive rappelant les voûtes des abbayes de l’époque. La symétrie est de mise et s’appuie sur la loi des nombres. L’horloge n’est apparue qu’au 14e siècle. Philippe Le Bel a probablement possédé la première horloge française. Les horloges étaient réservées aux grands de l’époque, rois, moines des riches abbayes et les grands seigneurs. Au 15e siècle, c’est le style gothique flamboyant avec ses colonnes droites, ses ouvertures encore plus grandes, et surtout ses motifs en forme de flammes, d’où son nom, qui ornent les rosaces, les grandes fenêtres en forme d’ogive et les structures triangulaires qui ornent les voûtes. Les quelques horloges de cette époque sont rares et la plupart sont dans des musées. Cependant, plusieurs horloges qui ne datent pas de ces périodes ont adopté le style gothique. En voici un exemple de ma collection.

Cette horloge française Vincenti & Cie, Médaille d’argent 1855, est un bel exemple d’horloge gothique. Notez son toit arrondi finissant en pointe, caractéristique du style gothique dont l’origine est au Moyen-âge. Notez la ressemblance avec les voûtes des abbayes de l’époque. Ici, on a ajouté des incrustations de laiton dans le boîtier en noyer. Le mouvement rond, typiquement français, comporte un poinçon et des numéros de série et l’inscription Made in France. Voilà l’exemple d’une horloge fabriquée bien après la période du style.

( Image ID151 : Tous droits réservés, Bordloub )

La Renaissance est caractérisée par l’émergence du rejet du Gothique moyenâgeux. C’est le retour aux sources des formes architecturales classiques, grecques et romaines, d’abord en Italie au 14e siècle, puis dans le reste de l’Europe durant les trois siècles suivants. Ainsi au 16e siècle, les formes de l’horloge ont pris l’allure d’un cube presque carré. Elles étaient faites de cuivre ormoulu ou de laiton. de plus, elles étaient surmontées d’une cloche, avec des petites ouvertures laissant voir l’intérieur, et décorées de fioritures gravées, de moulures, parfois de corniches et de finials. Ces horloges de style Renaissance était plutôt petites, dans les 75 à 300 mm de hauteur. L’horloge allemande ci-contre de la collection du Musée canadien de l’histoire aurait été fabriquée vers la fin du 16e siècle. Son style s’apparente beaucoup aux premières horloges lanternes anglaises avec une seule aiguille pour indiquer l’heure et une cloche sur le dessus. Elle est en fer texturé ormoulu. Ses petits pieds ronds et ses finals sont probablement en laiton, mais la cloche est en fer. Elle mesure 162 mm de hauteur.

( Image no 989-48-7, S94-12303 publiée avec la permission du Musée Canadien de l’Histoire )

Le style Louis XIII est caractérisé par des lignes droites, des colonnes torsadées, l’utilisation de bois indigènes comme le noyer ou le hêtre avec des appliques de bois exotiques comme l’ébène. On utilise aussi des guillochis (lignes gravées et entrecroisées) et des ornements en formes d’œuf appelés « oves ». 

(Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives« )

Lanterne en laiton à roue de balancier, avec deux poids et un contrepoids , par Thomas Knifton, Cross Keys, Lothbury, Londres, Angleterre, 1645-1655.

Il ne subsiste de cette période que très peu d’horloges hormis des horloges lanternes typiques, comme celle-ci, réalisée par Thomas Knifton de Londres vers 1650. Notez qu’il n’y a qu’une seule aiguille.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 4.0 )

Il s’agit ici d’une Jappy et Frères de 1901 de style Rococo : beaucoup de dorure, de fioritures. Cette horloge est lourde, elle est en bronze doré ou ormoulu.

( Image ID170 : Tous droits réservés, Bordloub )

1.04 – STYLES - Baroque et Rococo (c. 1625-1800)
1.04.04.02 - 1643-1715: Style Louis XIV - France

L’époque de Louis XIV, c’est celle de la puissance de la France et sa présence dans toute l’Europe d’alors. C’est une période faste durant laquelle la France cherche sa propre originalité dans le monde des arts et techniques, cherchant à limiter sa dépendance envers les autres pays. La création d’Académies de toutes sortes, sous l’impulsion du peintre Charles Lebrun va favoriser l’arrivée des artistes de partout. Ils sont accueillis à bras ouvert à la cour du Roi Soleil. Ils sont chargés d’inventer un style nouveau, original et typiquement Français, que ce soit en architecture, en sculpture, en peinture, en musique, en opéra, ou en ébénisterie et en horlogerie. Dans ce dernier cas, ce sera une période faste pour la montre. Le développement du pendule par le hollandais Huygens va entraîner en France un renouveau sans précédent dans les horloges tant au niveau mécanique, que de l’ébénisterie des boîtiers.

 

 

Sous la Régence, les horloges sont moins imposantes, les lignes plus fluides, et les contours sont en retrait pour s’élargir tout en courbe vers la base. Avec La Compagnie des Indes, le bois exotique est entré en France. Il sert à ornementer le noyer, le pin et le hêtre souvent présents sous forme de placage. 

Le style Louis XV est fantaisiste, il tient du Rococo, comme en témoigne cette horloge de la collection du Musée canadien de l’histoire : une Charles Le Roy de Paris, France, produite entre 1730 et 1750, avec sa tablette. Cliquez sur Images et sur le lien du musée pour d’autres informations.

(Images 980.44.1 a-f, S86-3283 et 980.44.1 a-f, S89-1726 publiées avec la permission du Musée canadien de l’horloge)

Horloge Bracket no. 429, par Thomas Tompion et Edward Banger de Londres, Angleterre. Avec avec porte à clef, échappement à verge, faux pendule, cadrans régulateurs et fonction sonnerie/silence et répétition de quart d’heure.

Voici une horloge bracket de la période anglaise William and Mary, par Thomas Campion et Edward Banger de Londres. Elle est assez représentative de l’époque. Mary, en compagnie de son mari Williams, a succédé à son père James II d’Angleterre, après l’avoir déposé. Le couple a habité en Hollande après leur mariage. Ils ont ainsi été imprégnés de l’influence hollandaise qu’ils ont introduite dans leur royaume en même temps qu’ils ont amené avec eux des ébénistes hollandais. Le style est caractérisé par des surfaces planes avec des ornements sculptés, ici en bronze, et l’utilisation de techniques japonaises de vernissage, ici l’ébonisation.

 ( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 4.0 )

Le style Bierdermeir s’applique aux horloges allemandes ou autrichiennes de cette époque. Ce style est de type utilitaire avec des lignes simples, élégantes et épurées.

Le style Fédéral, appelé style Adam en Angleterre car une famille d’architectes de ce nom l’a développé ; il a été populaire là-bas de1765 à 1785. Les Américains l’ont adopté quelques années plus tard. Le style fédéral appartient au néo-classicisme. Il est caractérisé par l’utilisation de noyer. Les lignes sont raffinées ; la symétrie est présente. Il est difficile à définir car chaque région, chaque cité avait son interprétation du style.

Le style Empire américain prend sa source dans les années 1820 à 1840. Les horloges à miroir, les horloges à deux ou trois ponts avec motifs gravés, dorures et placage de bois appliqués sur des boîtiers rectangulaires en hauteur avec des petits pieds, en sont les exemples les plus frappants.

Voici de ma collection, une Jappy et Frères de 1860 de la période Napoleon III avec ses chandeliers à trois branches qui permettent de les placer contre un mur. Elle est faite de marbre blanc et de décorations en laiton.

( Image ID183 : Tous droits réservés, Bordloub )

Il faut plus parler de l’ère victorienne que de style, car durant cette période, les designers ont utilisé et adapté plusieurs styles comme le rococo, le tudor, le néo-gothique et le néoclassique surtout.

Voici une horloge de parloir E. Ingraham de la fin du 19e siècle qui est assez représentative du style Renaissance Victorienne américain.

 

( Image ID116 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le style Beaux-Arts est appelé ainsi en référence à la célèbre École des Beaux Arts de Paris. C’est d’abord et avant tout un style architectural nommé ainsi par les historiographes de l’architecture américaine. C’est un style proche parent du style victorien en Angleterre, du style Napoléon III en France et du style Wilhem I en Allemagne. Il est caractérisé par des références multiples à des styles passés comme le néo-classicisme, le néo-renaissance, le néo-baroque, etc. tout en cherchant l’équilibre des formes et des volumes propre au style Louis XIV, sans respecter à la lettre les codes de ces styles. Cette horloge française d’un ami horloger amateur, à échappement visible, en marbre noir et rose avec des cassolettes assorties, est un bel exemple de style Beaux-Arts.

( Image CP : Tous droits réservés, Bordloub )

Arts & Crafts est plus un mouvement qu’un style. Il est né à la fin du 19e siècle en Grande-Bretagne. Son  nom lui a été donné par T. J. Cobden-Sanderson en 1887. Le mouvement, et le style qui s’en est suivi, s’appuie sur une critique sociale de la Révolution industrielle par le designer William Morris, l’architecte Auguste Pugin et l’écrivain John Ruskin. Illustrée, une horloge canadienne en chêne solide Arthur Pequegnat, modèle Vernon de la série Hall (1913), très représentative du style Arts & Crafts. Remarquez ses lignes droites, l’utilisation de matières nobles comme le chêne, le bronze et le verre, son fronton tout simple à deux versants. Elle a été fabriquée à Berlin, Ontario, ville qui a changé de nom en 1916, pour Kitchener pour des raisons évidentes!

( Image ID166 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le style Eastlake appartient à la fin de la période victorienne. Il a été initié par l’architecte britannique Charles Eastlake (1836-1906) qui croyait que les meubles devraient être fabriqués à la main ou à la machine. Dans Art: A Matter of style: Eastlake, il est cité que « Les ornements géométriques, fuseaux, sculptures en bas relief, et les lignes incisées ont été conçus pour être abordable et facile à nettoyer. » (Wikipedia) Photographiée dans un magasin d’antiquités américain, cette horloge de salon en noyer de style Eastlake de la fin du XIXe siècle. Notez la propreté des lignes et la quasi-absence de sculptures que l’on trouve habituellement dans les horloges de cuisine ou de parloir de cette époque, même si l’allure générale est une réminiscence des horloges populaires de cuisine en chêne pressé.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Le mouvement Jugendstil allemand est dans la lignée de l’Art nouveau. Le terme lui-même signifie « Style jeune ». Les motifs floraux, les arabesques, les lignes inspirées de la nature, allant parfois jusqu’à l’abstraction, en sont les caractéristiques. Les artistes travaillent avec les manufacturiers pour donner aux objets une forme moderne et jeune. Illustrée, une horloge du début du 20e siècle de l’architecte allemand Joseph Maria Olbrich (1867-1908). Réalisée par l’atelier de Robert Macco de Heidelberg, elle est en bois avec des incrustations d’ivoire, de coquillages et d’aluminium.

Image de Jean-Pierre Dalbéra autorisée en vertu du Creative Commons CC BY SA 2.0 )

L’idée derrière le mouvement de l’Art nouveau est de rompre avec l’art du 19e siècle qui prenait ses racines dans les styles historiques anciens. Et les objets manufacturés continuaient de refléter ces vieux styles. Les artistes de l’Art nouveau s’inspirent de la beauté des formes de la nature avec beaucoup de rondeurs dans les figures humaines et beaucoup de plantes qui ont l’air de sortir de la terre, ce qui distingue ce courant du Bauhaus et de l’Art-déco. La fonction de l’objet doit déterminer sa forme. Ci-contre une petite Waterbury dans un moule de bronze de style Art nouveau des Jennings Brothers. En Allemagne, l’équivalent de l’Art nouveau a été nommé Jugendstil, qui veut dire Style jeune.

( Image ID025 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le style édouardien du début du 20e siècle succède au style victorien chargé et aux teintes foncés. La teinte des meubles est plus claire et les couleurs dans l’ensemble plus joyeuses. Le style édouardien est plus éclectique car il emprunte à d’autres styles mais en conservant des lignes simples et épurées. Cette Seth Thomas Turin de 1909 est un bon exemple, malgré sa teinte plutôt foncée due au passage du temps.

( Image ID053 : Tous droits réservés, Bordloub )

Au début du 20e siècle la simplicité et les lignes droites sont à l’honneur aux États-Unis. Le style Mission, s’inspirant du mouvement Arts & Crafts, a été initié par Gustav Stickley, designer et fabricant de meubles qui a fait son apprentissage dans la fabrique de chaises de son oncle en Pennsylvanie, qu’il a par la suite acquise. Il a créé des meubles surtout en chêne, aux lignes simples, fonctionnelles et solides. Les fabricants d’horloges s’en sont inspirés. Un bel exemple à gauche de L. Gilbert (1913).

Voici un autre exemple d’horloge de style Mission que j’ai restaurée. Il s’agit d’une Sessions murale Bim-Bam de 1913, en chêne solide avec des chiffres et des aiguilles en laiton solide. Les horloges Mission sont des horloges recherchées car elles s’intègrent bien dans un décor moderne.

( Images ID160 et ID038 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le mouvement Art déco a débuté en France. La fabrication des objets passe des mains de l’artisan à la fabrication industrielle. L’idée centrale est d’introduire un aspect artistique et de la beauté dans les objets fonctionnels manufacturés en masse. C’est une idéologie égalitariste: les masses doivent être capables de s’approprier la beauté dans les objets manufacturés. Il se distingue de l’Art nouveau en ce sens qu’il est plus abstrait, plus géométrique et qu’il adopte des formes inspirées des Aztèques et de l’Égypte ancienne. L’ardoise, le marbre, l’onyx, le verre et le bronze sont les matériaux privilégiés. Ici, on a une horloge française d’un ami horloger amateur, en ardoise noire et marbre brun et vert, d’une catégorie supérieure, destinée aux nouveaux riches. Le cadran carré de forme géométrique, entouré d’un cadre noir, lui-même bordé par des appliques de marbre de couleur répond aux canons esthétiques de l’art-déco pour les riches.

À la fin de la Deuxième guerre mondiale, le bois est revenu en force, particulièrement chez les fabricants d’horloges allemands. Ci-contre, une horloge de grand magasin américain, probablement fabriquée en Allemagne pour  John Wannamaker de Philadelphie, Pennsylvanie. Notez le cadran assez typique de cette interprétation de l’Art déco, avec son tour couleur crème embossé et des marques au lieu des chiffres traditionnels sur le cadran. Cette horloge est très typique des horloges en bois art déco d’après-guerre.

( Image CP et ID068 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le Bauhaus a été influencé par les mouvements Art nouveau, Arts & Crafts et Jugendstil. L’idée est de jumeler l’art au design industriel où la fonction des objets prend le pas sur la beauté. Le minimalisme et les formes droites sans artifice sont les nouveaux canons. Voici un bel exemple de ce que cela veut dire pour une horloge. Celle-ci a été fabriquée probablement vers la fin des années 1920. Elle  possède un mouvement de la marque de luxe allemande Lenzkirch. Certaines pièces comme les pentures et le loquet portent des marques de commerce anglaise. Est-ce à dire que le boîtier en zebrawood avec garniture en Cataline™ au sommet a été fabriqué en Angleterre? De plus, le style des boîtiers typiquement Lenzkirch ne ressemble pas du tout à cette horloge. Par son style et son mouvement, il semble qu’elle soit allemande. Notez l’écusson en haut du cadran avec un renard, deux cravaches croisées avec un casque d’équitation sur le dessus, et en dessous une queue de renard. Cela laisse croire que cette horloge a été fabriquée sur commande pour une organisation ou un spécialiste de la chasse à cour, très à la mode à cette époque tant en Angleterre qu’en Allemagne.

( Image ID243: Tous droits réservés, Bordloub )

Le modernisme est caractérisé par une rupture définitive avec le mouvement des arts décoratifs, styles Art nouveau, néo-classique, néo-baroque, victorien, etc. La lourdeur de ces styles fait place à l’esthétisme épuré, aux surfaces lisses sans ornements ostentatoires, à la simplicité des formes, comme si le travail des artisans d’antan faisait place au design réalisé par des machines. L’emphase est mise sur la simplicité de la fabrication, sur l’efficacité et sur l’efficience de la production des objets. Il faut sauver temps, argent, matériel et main d’oeuvre. Cette horloge de bureau fabriquée en Suisse mais vendue sous la marque américaine Lord Elgin est caractéristique du style moderne, dépouillée, fonctionnelle. Celle-ci est multifonctionnelle : elle donne l’heure et possède trois petits cadrans à l’intérieur du grand, un baromètre, un hygromètre et un thermomètre.

( Image ID 259 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le style Kitsch revit au milieu du 20e siècle. On l’appelle tout simplement le Kitsch II. Il existe différentes définitions du Kitsch. Le Larousse : «Se dit d’un objet, d’un décor, d’une œuvre d’art dont le mauvais goût, voire la franche vulgarité, voulus ou non, réjouissent les uns, dégoûtent les autres». Wikipedia : «Le kitsch ou kitch est l’accumulation et l’usage hétéroclite, dans un produit culturel, de traits considérés comme triviaux, démodés ou populaires.» L’Encyclopædia Universalis : «(mot allemand) se dit d’un style, des objets considérés comme de mauvais goût par la culture établie et produits par l’économie industrielle».

Voici un exemple d’horloge qui répond à ces définitions. Il s’agit d’une horloge murale d’un manufacturier canadien de Toronto, Snider, fabriquée dans les années 1950, représentant un cuisinier bouffi, archétype du chef de l’époque. Celle-ci était généralement accrochée dans une cuisine.

(Image ID278 : Tous droits réservés, Bordloub)

Le style scandinave est caractérisé par le recours à des lignes épurées sans fioritures, et un souci de fonctionnalité. Le décor scandinave est empreint de sobriété, de bois et de tissus naturels aux couleurs claires. Les accessoires comme cette horloge des années 1970-1980, une Design Linque, viennent ajouter de la couleur au décor scandinave. Le petit mouvement japonais au quartz de l’horloge est à batterie.

( Image ID134 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le style post-moderne reflète avant tout le désir de briser les règles du modernisme en puisant dans l’art populaire des bandes dessinées, magazines, etc. On célèbre les couleurs, les textures inhabituelles avec un brin d’ironie. Illustrée, une horloge « Kamichi » (1983) du designer Jean-François Jacques, de la collection du Musée National des Beaux-arts de Québec. Elle est faite d’aggloméré, érable, acier émaillé, polycarbonate et laque. Le mouvement est à batterie. On peut dire d’elle qu’elle est une digne représentante du mouvement du design post-moderne avec une touche de futurisme.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

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