4.06 – Matériaux du boîtier

Dernière révision : 2022-08-09 @ 06:10

4.06 – Matériaux du boîtier

Dans ce qui suit, nous allons aborder la matière dans laquelle un boîtier d’horloge est fabriqué, en la divisant en cinq grandes catégories :

  1. Matières ligneuses (bois)
  2. Matières métalliques
  3. Matières rocheuses
  4. Matières plastiques
  5. Autres matières

4.06.1 – Matières ligneuses

Le bois a été utilisé aussi bien pour construire des mouvements d’horloge que des boîtiers. Dans la présente sous-section, il sera question des boîtiers d’horloges en bois.

L’utilisation du bois dans la fabrication de maisons, de bateaux, de meubles, etc. remonte à la nuit des temps. Les Égyptiens, il y a plus de 4000 ans, ont construit des maisons, des navires en cèdre. 1500 ans avant Jésus-Christ, ils ont inventé le placage (veneer) qui consiste en une mince feuille de bois collée sur une autre pièce plus épaisse constituant une base solide. On trouve même dans l’Égypte ancienne, l’équivalent du contre-plaqué (plywood) qui servait, entre autres, à la construction de cercueils de pharaon, celui-ci étant constitué de tranches de bois plus épaisses que le placage, collées les unes sur les autres. On trouve aussi le placage et le contre-plaqué chez les Romains, les Chinois et les Grecs.

La fabrication de boîtiers d’horloge est une spécialité de l’ébénisterie. En effet, les premiers boîtiers en bois étaient fabriqués à la main par des artisans ébénistes qui souvent, fabriquaient aussi des meubles, jusqu’à l’apparition d’outils industriels qui a permis l’automatisation de la fabrication des boîtiers au 19e s., de pair avec la fabrication de mouvements en bois, comme ceux de Eli Terry en 1806, au début de la Révolution industrielle. Il avait accepté de fabriquer 4 000 mouvements en bois. Pour les réaliser, il s’est équipé d’une machine à eau qui fournissait le pouvoir à des machines-outils capables de produire les pièces des mouvements très rapidement.

Plusieurs essences de bois ont été utilisées dans la fabrication des boîtiers d’horloge, autant des bois mous que des bois durs et semi-durs. Notons ici que la distinction entre bois durs et mous peut porter à confusion. Selon Nigel Barnes (2015), vaut mieux distinguer les bois de conifères que les botanistes appellent ‘gymnospermes’, bois au grain droit, résineux et porteurs de cocottes de la famille du pin ou du sapin, de toutes les autres espèces de bois qui ne sont pas des conifères, de la famille ‘angiosperme’, soit des arbres produisant des fleurs et des graines. Il convient aussi de distinguer les essences de bois utilisées en Amérique de celles utilisées en Europe.

La plus ancienne essence de bois à être utilisée dans sa forme solide fut le chêne, très populaire de 1500 à 1670, puis le châtaignier de 1600 à 1795, le noyer de 1580 à 1735, le hêtre à compter de 1628, l’acajou de 1735 à 1810, l’if de 1700 à 1880, le pin à compter de 1800, le palissandre du Brésil de 1800 à 1875 et le cerisier à compter de 1804. Le placage de ces essences pour la fabrication des boîtiers remonte pour la plupart au 18e s.

Il est difficile d’identifier l’essence du bois d’un boîtier car celui-ci a reçu la plupart du temps une teinture, pas nécessairement en accord avec l’essence du bois, sans compter les restaurations plus ou moins réussies de certaines horloges anciennes. Certaines horloges étaient fabriquées avec des bois mous comme le pin, mais recevaient une teinture ou un mince placage, comme le fini Adamantine par exemple. De plus, souvent les horloges étaient recouvertes d’un enduit protecteur comme le shellac ou le vernis, lequel fut inventé par deux Français, Robert et Étienne Vernis en 1730. Aussi, plus d’une essence de bois pouvaient être impliquées dans la fabrication d’un boîtier d’horloge ancienne. Enfin, toutes les horloges en bois ne sont pas faites de bois plein. En effet, beaucoup ont reçu des placages de bois (veneer). Il arrive souvent que le dos des boîtiers d’horloge aient été fabriqués avec des bois mous comme le sapin ou l’épinette, car moins coûteux. Notons enfin que les pièces des boîtiers d’horloges très anciennes étaient assemblées avec des clous en fer brut et de la colle souvent d’origine animale ou végétale. Les vis à fente droite servaient surtout à fixer au boîtier le mouvement ou le cadran.

La liste des essences de bois de boîtiers d’horloge qui suit n’est certainement pas exhaustive. Pour chacune, dans la mesure du possible, je donne un exemple d’horloge.

4.06.2 – Matières métalliques

L’utilisation du métal dans la fabrication d’horloges remonte au Moyen-Âge alors que les premières grandes horloges publiques apparaissent, en Italie vers 1309, en Angleterre en 1386 avec l’horloge sans cadran du clocher de la cathédrale de Salisbury, toujours fonctionnelle de nos jours, et en France vers 1389, avec l’horloge installée au-dessus d’une rue à Rouen, la première à sonner les quarts d’heure. C’étaient des horloges à poids dont la structure était en fer. En 1392, on installe dans la cathédrale de Wells une horloge qui sonne aussi les quarts d’heure, mais elle a un cadran qui affiche le mouvement des astres.

Les premières horloges domestiques remontent au début du 15e s. Elles étaient somme toute des versions miniatures des grandes horloges publiques. On ne peut pas parler alors de boîtiers qui contenaient le mécanisme, mais plutôt d’une structure squelettique laissant voir toutes les pièces de l’horloge, qu’on accrochait au mur ou qu’on posait sur une tablette ou un meuble. Celles-ci ressemblaient beaucoup aux horloges anglaises de type lanternes, mais sans le pendule qui est apparu au milieu du 17e s.

Voici une liste sans doute non exhaustive des matières métalliques les plus utilisées dans la fabrication des boîtiers d’horloge :

4.06.3 – Matières rocheuses

Ce sont les Français qui, les premiers, ont utilisé le marbre ou l’albâtre poli pour produire des boîtiers d’horloge vers les années 1850. Les Américains vers la fin du 19e s. se sont entichés de ces horloges si bien qu’ils ont commencé à importer d’Europe des boîtiers qu’ils ont agrémentés de garnitures de métal en bronze, en laiton ou en régule. Puis par la suite, ils ont importé des panneaux entiers de marbre, d’albâtre, d’ardoise ou d’onyx pour fabriquer leurs propres boîtiers. Les horloges de cette époque sont de style architectural imitant souvent les temples grecs.

  Voici une liste non exhaustive des matières rocheuses les plus utilisées dans la fabrication des boîtiers d’horloge :

4.06.4 – Matières plastiques

L’apparition du plastique dans les horloges est un phénomène qui remonte aux années 1850 avec l’invention des premiers plastiques, mais ce n’est qu’après la 2e guerre mondiale que le plastique s’est de plus en plus répandu dans la fabrication des boîtiers d’horloge, parce que beaucoup moins dispendieux que le bois, la porcelaine, le métal ou le marbre. Voici les variétés de plastique les plus utilisées dans les boîtiers d’horloge :

4.06.5 – Autres matières

Bien d’autres matières que le métal, le bois, la pierre ou le plastique sont entrées dans la fabrication des boîtiers d’horloge ancienne. En voici quelques-unes :

Sous-section suivante : 4.07 – Dénominations nationales

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Le bois d’acajou a généralement une teinte rougeâtre que les photographies ne reproduisent pas correctement. Cette Seth Thomas de 1886 a été probablement restaurée lui redonnant sa beauté d’origine. Seth Thomas a produit toute une série d’horloges de tablette portant des noms de ville, ici c’est le modèle Dayton (Ohio).

(Image ID102: All rights reserved, Bordloub)

Voici une Waterbury O’Gee des années 1900 dont le boîtier a été restauré. La devanture est en placage de bois de rose. La vitre claire du bas n’est pas d’origine, elle est moderne car très uniforme, Les baguettes mal fixées de retenue de celle-ci sont de bois plutôt récent. Le reste de l’horloge est d’origine. 

( Image ID236 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le bouleau n’était pas un bois fréquemment utilisé dans la fabrication des boîtiers d’horloge. Néanmoins, j’ai trouvé au Victoria and Albert Museum de Londres, une horloge en bouleau ébonisé avec une face en porcelaine aux accents japonais mais dont le bleu et blanc font aussi penser à une influence hollandaise. Cette horloge a été dessinée par Lewis Foreman Day (1845-1910) et fabriquée par Howell James & Co. de Londres vers 1880. Sa forme rappelle la forme d’un fort avec ses quatre poteaux et sa galerie de toit.

(Image © Victoria and Albert Museum autorisée pour usage non-commercial)

Le buis est un petit arbuste aux feuilles vert foncé qui pousse surtout en Europe. Sa couleur tire sur le crème. Il a été beaucoup utilisé dans la marqueterie des horloges françaises en bois, comme le montre la marqueterie de la base de cette horloge Portico.

( Image ID264b : Tous droits réservés, Bordloub )

Cette horloge Westminster des années 1980* est en cerisier d’où son nom : «Howard Miller Cherry Creek». Celle-ci a perdu son finial original, très difficile à trouver. Et si on en trouve un, on le paiera très cher. Mais, elle a un très bon mécanisme qui produit une mélodie Westminster très agréable à l’oreille, parce que très doux.

*Note : il est très difficile de dater les horloges Howard Miller qui n’ont pas l’air de tenir public le registre de leurs différents modèles.

( Image ID107 : Tous droits réservés, Bordloub )

Difficile de ne pas donner en exemple une horloge que plusieurs appellent «Pain d’épices», faisant allusion aux dessins pressés dans le chêne. Ce bois dur était privilégié par les fabricants pour étamper, à l’aide d’une presse mécanique alimentée à la vapeur, les motifs si caractéristiques de ces horloges. Elles étaient généralement placées sur une tablette accrochée au mur de la cuisine. Ces horloges ont été très populaires  au début du 20e siècle. Celle-ci est une Ansonia, modèle Kenmore des années 1920.

( Image ID014 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’ébène est un bois exotique très dur, lourd et très noir.  Illustrée une horloge en ébène de type Bracket des années 1780, avec cadran peint à l’émail, de l’horloger anglais James Tregent de Londres. Elle fait partie de la collection du Victoria & Albert Museum de Londres. Pour plus d’informations sur celle-ci, cliquez sur le lien Image ci-dessous. Le bois d’ébène n’a pas vraiment été utilisé dans les horloges anciennes américaines, car trop coûteux. Il fallait le faire venir de l’étranger. On a par contre utilisé du bois américain ébonisé, donc noirci par un procédé chimique. Attention, peu d’horloges noires anciennes sont en véritable ébène. 

( Image © Victoria and Albert Museum autorisée pour usage non commercial)

Un bois est dit ébonisé lorsqu’il a été noirci à la façon du bois d’ébène grâce à une réaction chimique provoquée par un mélange chauffé de vinaigre, de laine d’acier et de thé. Cette horloge de Jeremie Gregory (c. 1685), en chêne ébonisé, décorée d’éléments en ébène tourné et d’appliques en laiton, fait partie de la collection du Victoria and Albert Museum de Londres. Une description complète en anglais est disponible en cliquant sur le lien ‘Image’ ci-dessous.

(Image © Victoria and Albert Museum autorisée pour usage non commercial)

Cette horloge française en bois photographiée par l’auteur dans un magasin d’antiquités américain, était noire d’origine. Elle a été repeinte pour la rendre plus attrayante à la revente, mais sachez que cela la dévalue, surtout si, comme celle-ci, elle a été restaurée par un amateur dans le mauvais sens du terme. Les dorures ont aussi été refaites par un amateur à la main pas très sûre, cela se voit. Par ailleurs, certains manufacturiers de boîtiers d’horloge ont, pour des raisons de coût, utilisé des bois provenant de conifères pour les fabriquer. En les peignant en noir, ils effaçaient toute trace des défauts du bois. C’est ainsi que plusieurs horloges américaines dites Black Mantel ont vu le jour. On les reconnaît assez facilement par leur poids plus léger qu’une horloge en bois dur plein.

(Image: All rights reserved, Bordloub)

L’épinette a surtout été utilisée dans la fabrication des dos d’horloges à doucine (O’Gee) ou Cottage ou de cuisine ou de parloir. C’est pourquoi, il arrive souvent que les dos sur lesquels sont attachés les mouvements sont fendus, car l’épinette séchée est peu résistante au stress. En voici un exemple : le dos fendu d’une horloge de parloir Waterbury de 1874 que j’ai restaurée.

( Image ID021b : Tous droits réservés, Bordloub )

Voici un réveil-matin E. Ingraham de la fin des années 1930 dont le corps principal et le piétement sont en érable, les côtés plus foncés sont probablement en noyer ou en érable teint foncé. Le nom du modèle, « Maplewood » est inscrit sur le cadran.

( Image ID085 : Tous droits réservés, Bordloub )

Probablement que le frêne a aussi été utilisé dans la fabrication de boîtiers d’horloges, pour remplacer le chêne. Il semble que les Japonais aient aimé travailler avec du frêne, mais je n’ai pas trouvé d’exemples en Amérique du Nord.

Ce que nous appelons merisier au Québec, c’est en réalité une variété de cerisier sauvage comme l’appellent les Américains. Il est possible que des ébénistes du Québec aient utilisé du merisier pour fabriquer des boîtiers d’horloges, mais je n’ai pas d’exemple pour le moment.

Le noyer a été une essence de bois très prisée des fabricants américains, probablement presqu’autant, sinon plus que l’acajou. Voici un bel exemple, une E. Ingraham Nomad de 1923. Notez les pièces embouvetées autour du cadran. C’est une pièce lourde, compacte, en très bon état. Ici, aucun placage, que des pièces de bois dur solide collées les unes aux autres et fini d’un vernis mat, probablement du shellac blanc.

( Image ID027 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le noyer cendré se trouve dans les forêts américaines de l’est et dans les forêts canadiennes du sud-est. On l’appelle aussi noyer blanc ou noyer à beurre. C’est un bois plus léger et plus mou que le noyer noir, et son grain est plutôt linéaire. Il tolère bien le polissage et est pas mal à l’épreuve des moisissures. Il est facile à sculpter. Cette horloge canadienne de Canada Clock Co. Ltd (1880-1884) a été fabriquée en noyer cendré solide, sauf le dos qui est en épinette. Le grain autour de la porte (moulure en doucine) est simulé. 

( Image ID175 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le pin a surtout été employé dans la fabrication des boîtiers d’horloge parce qu’il était bon marché et en abondance en Amérique du Nord. On le retrouve dans les horloges grand-père des frères Twiss par exemple. Mais très souvent, il a été employé pour être peint au lieu d’être vernis comme les horloges en bois dur. C’est le cas des horloges suédoises Mora. C’est aussi le cas de ces fameuses horloges noires américaines en forme de temple grec, communément appelées en anglais « Black Mantel ». Illustrée, une horloge de cheminée noire E. Ingraham du début du 20e siècle.

( Image ID149 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le sapin, de la famille des gymnospermes, c’est le bois des coucous originaux de la Forêt noire. Il était en abondance dans la forêt, et il faut se rappeler que les horlogers qui les ont conçus provenaient du monde de l’agriculture. Illustrée, une reproduction contemporaine (2001) d’un coucou chalet de la compagnie allemande E. Schmeckenbecher. Il possède une boîte à musique et des danseurs qui s’animent au son de deux airs, l’une pour les heures, «Edelweiss», l’autre pour les demi-heures «Derr fröhliche Wanderer». 

( Image ID092: Tous droits réservés, Bordloub )

Cette horloge des années 1930 est en zabrano africain. Notez les strates caractéristiques de ce bois très solide et lourd. La pièce sur le sommet des quatre côtés est du Catalin™, une sorte de plastique antérieur au Bakelite™. On l’a beaucoup utilisé pour la fabrication de boîtier d’appareil radio. Le boîtier de cette horloge a probablement été fait en Angleterre. Le mouvement est un Lenzkirch allemand.

( Image ID243 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le Syroco™ est un mélange de pulpe de bois et de farine qui pouvait être moulé, fabriqué par la Syracuse Ornamental Company (1890-2007). Le Syroco servait à fabriquer des objets de style gadget. Avec le temps, la compagnie a introduit des polymères dans leur mélange, qui a fini par être remplacé complètement par des matières plastiques. Ici, un petit coucou mécanique à temps seulement des années 1930, de marque A. C. Keebler, modèle Bluebird (ID136), mais fabriqué par la compagnie Westclox d’après un modèle semblable de Lux Manufacturing qui se spécialisait dans les « Novelty Clocks », ou horloges gadgets. Notez le petit coucou, il se balance au rythme du pendule.

( Image ID136 : Tous droits réservés, Bordloub )

De façon générale, on peut définir la laque comme n’importe lequel fini généralement brillant ou très brillant, obtenu grâce à l’application d’une couche de vernis ou, de nos jours, de polyuréthane. Sachez que les anciens ébénistes utilisaient surtout le shellac qu’ils préparaient eux-mêmes à la main à partir de paillettes provenant de la sécrétion d’une cochenille asiatique, diluées dans de l’alcool à 95°. Ci-contre une horloge russe laquée au fini très brillant, de la collection d’un ami.

( Image CP : Tous droits réservés, Bordloub )

Il est assez facile de distinguer le bois mou du bois dur, mais il est difficile de distinguer les essences de bois mou ou dur, particulièrement lorsqu’il s’agit de bois européen ou asiatique avec lesquels nous sommes moins familiers. C’est le but de cette catégorie. Ci-contre, une coréenne Cotrin 8 jours (ID020) achetée dans un encan. Même le revêtement de la tige du pendule est en bois d’essence inconnue.

( Image ID020 : Tous droits réservés, Bordloub )

Cette catégorie est indispensable car il est souvent très difficile de mettre un nom d’essence de bois sur un boîtier à moins d’être un spécialiste. Voici un exemple évident. Il s’agit d’une horloge chinoise de Shangai de marque Triple 5 (5-5-5) de 1984. Elle est sans doute fabriquée dans un bois exotique et teinté. La garniture sculptée à droite, typiquement chinoise, est d’un autre bois léger exotique d’essence inconnue.

( Image ID232 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’acier inoxydable est un alliage de fer à faible carbone et de chrome. Sa principale propriété est que ce type d’acier ne rouille pas. Ce n’est pas un métal aimanté. Si vous n’en êtes pas convaincu, essayez de faire coller sur votre frigo en inox un petit gadget avec aimant ! Cette Seth Thomas des années 1960 est faite de noyer, et la base et le dessus de même que le cadran, d’acier inoxydable brossé.

( Image ID135 : Tous droits réservés, Bordloub )


Ce réveil-matin E. Ingraham, modèle Mecca, des années 1940, de style art-déco, est en aluminium peint. Il possède le même mouvement que le réveil Maplewood de E. Ingraham vu dans la section des essences de bois (voir Érable).

( Image ID168 : Tous droits réservés, Bordloub )

 

 

 

 

 

 

 

 

L’argent, symbole chimique Ag, est un métal bon conducteur d’électricité et de chaleur et capable comme nul autre métal de réfléchir la lumière. L’argent est considéré comme un métal précieux. Il n’a été employé en horlogerie que dans les boîtiers d’horloges ou de montres de prix. Généralement, l’argent d’origine est porteur d’un poinçon de l’orfèvre qui a fabriqué la pièce. Je n’ai pas encore dans ma collection d’horloge en argent, mais j’ai une montre qui appartenait à mon grand-père né au 19e siècle. Elle est gravée sur le cadran et sur le mouvement du nom de E. S. Gagnon, Escanaba, Michigan, petite ville portuaire du comté de Delta. Elle comporte aussi un poinçon pour attester qu’il s’agit bien d’une montre de poche en argent. J’ai trouvé un Stanislas Gagnon à Escabana qui était bijoutier et confectionneur en 1889. C’est possible qu’il soit l’auteur ou le vendeur de cette montre.

( Images ID007 et ID007mvt : Tous droits réservés, Bordloub )

Le bronze est principalement mais pas exclusivement, un alliage de cuivre et d’étain dans des proportions qui peuvent varier d’une fonderie à l’autre.  Pour plus de détails, voir Wikipedia. En Anglais, le mot Brass peut, par sa ressemblance avec Bronze, signifier par erreur un alliage de cuivre et d’étain. C’est plutôt d’un alliage de cuivre et de zinc dont il s’agit, et pour cette raison  Brass en français, c’est Laiton. Si vous voulez vérifier si vous avez  affaire à du bronze, utilisez un aimant. Le bronze n’est pas magnétisé. Il est aussi beaucoup plus lourd que la régule avec laquelle on peut parfois le confondre. Contrairement au laiton et à la régule, le bronze garde sa couleur et on ne verra pas les taches noires observées sur du vieux laiton ou de la régule. Dans le monde des horloges, il était de pratique courante de dorer le bronze, comme pour cette française Jappy et Frères du tout début du 20e siècle, sans sonnerie, dans un boîtier de style Rococo en bronze doré (Gilded Bronze).

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La dorure ou Ormoulu est une technique qui consiste à enduire le bronze de fines particules d’un amalgame d’or et de mercure. Voici un exemple des années 1930 de l’horloger allemand Schmid.

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Le laiton est un alliage principalement, mais pas exclusivement, de cuivre et de zinc. Voir Wikipedia pour plus de détails. Moins cher à produire que le bronze, il a été largement utilisé en horlogerie tant pour les mouvements que pour les boîtiers. Notez que le laiton comme le cuivre n’est pas magnétique et ne rouille pas, c’est pourquoi il est employé pour les horloges marines, comme celle-ci, une Smith Empire des années 1950.

( Image ID 048 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le régule est un alliage d’étain ou de plomb et d’antimoine. Pour plus de détails, voir Wikipedia. À la fin du 19e siècle et début 20e, plusieurs statuettes, candélabres, girandoles, etc. ont été fabriqués avec des alliages de zinc beaucoup plus légers et plus fragiles que le bronze ou le laiton, dits zinc d’art. Ainsi les horlogers pouvaient leur donner une teinte ressemblant au bronze. Il est très facile d’identifier la régule car, avec le temps, la teinte dorée ou cuivrée laisse transparaître la teinte grisâtre du zinc. De plus, on trouvera sur le marché beaucoup de ces objets en régule auxquels il manque un morceau ou avec des craquelures bien évidentes. Enfin, la régule n’est pas aimantée. Illustrée une petite horloge de boudoir New Haven en régule dorée du début du 20e siècle. Voyez le métal gris qui ressort avec l’outrage des ans. Ça n’arrive pas lorsque c’est du bronze doré (ormoulu).

( Image ID127 : Tous droits réservés, Bordloub )

Si vous trouvez une horloge en or, assurez-vous qu’elle est poinçonnée et que le nombre de karats est mentionné sur celle-ci. L’or a surtout été utilisé pour dorer des boîtiers dont la base est dans un autre métal comme le bronze ou le laiton pour les horloges de prix. C’est la technique de l’or moulu. On aussi teinté en or de la régule, comme dans  cet exemple, une petite Seth Thomas de bureau des années 1960.

( Image ID125: Tous droits réservés, Bordloub )

Pour arriver à identifier le métal de cette petite horloge de bureau Lux des années 1940, j’ai dû utiliser un aimant. Comme le devant de celle-ci attire l’aimant, j’en ai conclu qu’elle est en métal blanc qu’on a doré. On aurait pu penser qu’elle est en régule dorée, auquel cas l’aimant n’aurait pas collé.

( Image ID083 : Tous droits réservés, Bordloub )

Le cuivre est un « Métal de couleur rouge-brun, ductile et malléable, bon conducteur de l’électricité, de symbole  Cu ». (Source : CNRTL). Illustrée, une horloge en cuivre avec chandeliers de source inconnue.

( Image reproduite sous « Utilisation équitable à des fins éducatives » )

«Métal blanc grisâtre, brillant, dur, inoxydable, de symbole Cr, utilisé notamment pour la protection d’autres métaux et pour la fabrication de divers alliages. » (Source : CNRTL). Dans les années 1930 et suivantes, le chrome a été souvent employé pour le contour des lucarnes d’horloges, mais il a été aussi largement utilisé pour le boîtier, seul ou avec d’autres matériaux. On peut facilement confondre chrome et acier inoxydable ou fer blanc poli. Le chrome est beaucoup plus brillant, comme pour l’horloge ci-contre, une Sessions électrique des années 1940 photographiée par l’auteur dans une foire d’antiquités américaine.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

Le nickel est un métal en soi dont le symbole est NI. Le nickel n’est pas aimanté. Pour plus d’informations, voir Wikipedia. Le nickel a été employé pour réaliser des boîtiers d’horloge, lorsqu’il était nécessaire de les protéger de la rouille, comme dans cet exemple d’horloge marine Seth Thomas qui a servi probablement dans une salle des machines de navire à contrôler un instrument quelconque ou une cloche (notez les deux fils qui sortent du bas du boîtier). Bien qu’âgée de plus de 100 ans, elle n’a aucune trace de rouille ni au dehors ni à l’intérieur du boîtier. Elle est mue par un mouvement mécanique à double baril pour maximiser le temps de fonctionnement. Elle n’a pas de sonnerie.

( Image ID104 : Tous droits réservés, Bordloub )

On pourrait penser qu’un Big Ben de Westclox, Style 1, produit entre 1918 et 1935, est en nickel, en raison de sa couleur, mais le truc de l’aimant nous dit que non, car le métal des Big Ben est aimanté, pas le nickel. C’est donc une horloge en fer- blanc à placage de nickel.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

 

 

 

 

 

 

 

Le fer-blanc est une sorte d’acier en feuille très mince qui peut être par la suite plaqué d’étain ou peint. Pour plus d’informations, voir Wikipedia. Le fer blanc peint a été largement utilisé surtout après la première guerre mondiale, particulièrement pour les boîtiers d’horloges gadgets et de réveil-matin, parce que beaucoup moins cher à produire et assez facile à modeler.  En voici deux exemples de W. L. Gilbert, un réveil-matin peint couloir ivoire des années 1950 et un autre peint en vert des années 1930.

( Images ID082 et ID071 : Tous droits réservés, Bordloub )

La fonte est un alliage de fer et de carbone. Dans la fonte noire, le carbone est sous forme de graphite. Voir Wikipedia pour plus de détails. La fonte a été très populaire pour fabriquer des boîtiers d’horloge car elle ressemblait à du marbre noire, et était beaucoup moins cher à produire. Ci-contre une Ansonia Black Mantel de 1886 entièrement en fonte avec cadran au fini émail porcelaine et garniture de la lucarne en laiton.

( Image ID091 : Tous droits réservés, Bordloub )

La fonte se prête bien au bronzage. Voici ici un exemple d’une horloge de fantaisie fabriquée par le grand fabricant de jouets d’enfants Hubley au début du 20e s. La photo ne rend malheureusement pas justice à la couleur du bronzage ancien.

( Image ID235 : Tous droits réservés, Bordloub )

La fonte se prêtait bien aussi à la peinture en couleurs. Ci-contre, la même Hubley des années 1900, sauf qu’ici, l’exemplaire est peint de couleurs par dessus le bronzage qu’on peut entrevoir à plusieurs endroits.

 

( Image ID129: Tous droits réservés, Bordloub )

Comme le marbre coûte beaucoup plus cher que la fonte, certains manufacturiers ont produit des horloges noires de style « temple grec » avec de la fonte à laquelle on a donné un fini qui ressemble au marbre. Parfois, on peut confondre les horloges en marbre ou en ardoise noire avec celles qui sont en fonte noire. Un aimant fera l’affaire car le marbre n’est pas magnétique. Vous découvrirez que certaines incrustations dans ces horloges noires qui ont l’air du marbre sont en réalité en fonte marbrée. Voici un exemple d’horloge en fonte au fini marbré, une New Haven des années 1920.

( Image ID225 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’albâtre est  une variété de gypse de couleur blanche à grain fin ou légèrement teinté. L’albâtre est légèrement translucide, moins dur que le marbre, plus léger, plus délicat et plus absorbant. Le mot vient du vieux français «alabastre» lui-même du grec «alabastros». Notez que c’est très proche du mot anglais « alabaster ». Illustrée une horloge française style Napoléon III des années 1870. Notez l’absence de veines très proéminentes comme celles de l’onyx blanc.

( Image du Auckland Museum autorisée en vertu du Creative Commons CC BY 4.0 International via Wikimedia Commons)

Le marbre est une variété de roche cristalline dérivée du calcaire.  Le mot vient du grec  « marmaron ». À moins d’être un spécialiste, il est très difficile de distinguer les sortes de marbre ou la carrière de provenance. On confond aussi souvent l’albâtre avec le marbre blanc, et même l’onyx, et le marbre noire avec l’ardoise. Un truc pour déterminer si c’est du marbre ou de l’ardoise : choisir un coin de l’horloge pas très apparent, sabler avec un papier sablé fin, une petite partie pour faire ressortir le fini brut, verser une goutte de vinaigre et observer à l’aide d’une loupe d’horloger l’effet du vinaigre : si celui-ci frétille un peu, c’est du marbre. Les horloges en marbre véritable sont très lourdes. En voici un bel exemple de la collection d’un ami horloger amateur. Il s’agit d’une horloge française en marbre noir, provenant probablement de la Belgique, avec des incrustations en marbre rose. 

( Image CP : Tous droits réservés, Bordloub )

Parfois on va confondre le marbre noir avec l’ardoise qui est un schiste argileux alors que le marbre est une roche cristalline. Il existe des méthodes pour les distinguer, et j’y reviendrai… Pour l’instant, voici une horloge française Napoléon III de la ville de Blois, en marbre noire avec des appliques de marbre rougeâtre. Il arrive souvent que l’on trouve sur les cadrans des horloges françaises le nom de la ville d’où elle provient, accompagné parfois de celui du bijoutier, de l’horloger ou du fabricant. Dans ce cas-ci, l’ornement du dessus aurait dû être dans le même style que ceux des deux côtés.

( Image ID044 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’ardoise est une roche de la famille des schistes. C’est une roche résistante au grain très fin, si bien qu’une fois polie grâce à des techniques appropriées, elle peut ressembler au marbre noir, mais en plus léger. Des fabricants d’horloges, surtout américains, l’ont utilisée pour faire des boîtiers d’horloge à coût moindre que le marbre noir qui devait être importé de Belgique principalement, alors que l’ardoise est disponible en Amérique du Nord. Illustrée, une Ansonia en ardoise noire avec échappement visible.

( Image ID132 : Tous droits réservés, Bordloub )

L’onyx est une variété d’agathe. Mais il existe aussi l’onyx d’Algérie qui est de la famille des calcites, et la sardoine, de la famille des calcédoines comme l’onyx. Et parfois, l’onyx de couleur blanche s’apparente au marbre blanc. En voici une de ma collection, une Ansonia de 1881 avec cadran en porcelaine et échappement visible. Notez les veines brunes longitudinales, assez caractéristiques de l’onyx blanc. Celui-ci est beaucoup plus fragile que le marbre, car moins dur. Mais c’est un  matériau très lourd. On trouvera souvent des craquelures sur les boîtiers en onyx plus anciens, comme celui-ci. Il existe aussi des horloges en onyx vert plus rare que le blanc.

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La malachite fait partie du groupe des carbonates minéraux. Sa couleur est d’un beau vert assez distinctif. Les horloges anciennes en malachite sont hors de prix pour le commun des mortels. On les trouve le plus souvent dans les musées comme celle-ci. C’est une horloge Fabergé de 1901, en malachite et or, exposée au Musée d’état d’histoire de Moscou. Elle fut présentée à un certain Prince N par les officiers des Gardes du travail du Régiment équestre.

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Parfois, il est difficile d’identifier de façon précise la matière dans laquelle le boîtier est fabriqué, même si on sait qu’il s’agit d’une matière rocheuse. Ainsi, on l’a vu, il n’est pas toujours évident de distinguer le marbre noir de l’ardoise, le marbre blanc de l’albâtre, le marbre de l’onyx, etc. Cette catégorie vient combler notre ignorance.

Le celluloïd est l’ancêtre du plastique. C’est un composé de camphre et de nitrate de cellulose. Ce sont Alexander Parks et Daniel Spill, à Birmingham, Angleterre, qui l’ont inventé et désigné d’abord « Parkesine » en 1856, et »Xylonite » en 1869. Mais ils n’ont pas réussi sa commercialisation. Ce sont les frères John et Isaiah Wesley Wyatt, qui ont perfectionné le produit et l’ont breveté en 1870, et commercialisé avec succès sous le nom de Celluloïd™ . On l’utilisait pour fabriquer des petits boîtiers d’horloge, mais aussi des fonds de cadran d’horloge et les colonnes de certaines horloges noires de style « Temple grec ». Malheureusement, ce produit était extrêmement inflammable, et il a perdu de sa popularité, très rapidement remplacé par le Bakelite™. Voir Wikipedia pour les détails.
Illustré, un réveil-matin Waterbury des années 1920, modèle Ivory Du Barry gravé dans le bas du réveil à l’arrière. « Pyralin » est un autre nom pour le celluloïd. Il est rare de voir de telles marques sur les petits réveil-matin en Celluloïd™.

Aussi illustrée, une horloge sans marque avec réveil de 1913 dont la particularité est d’avoir deux teintes, car généralement, le Celluloïd™ a une seule couleur jaunâtre caractéristique, comme le Waterbury. C’est pourquoi d’ailleurs, on l’a parfois nommé « Ivorine », en raison de sa ressemblance avec la teinte de l’ivoire.

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L’Adamantine™ est un mince placage créé par la Celluloid Manufacturing Co. de New York pour lequel elle a obtenu un brevet (U.S. Patent number 232,037) le 7 septembre 1880. Seth Thomas en a acquis les droits l’année suivante. Et leurs premières horloges au fini Adamantine™ sont sorties en 1882. Par la suite, d’autres fabricants d’horloges ont aussi adopté ce fini. Ce placage, très populaire pour les horloges en fonte et en bois, imitait soit une couleur unie, soit les veines du bois, soit le marbre ou l’onyx. À gauche, une L. Gilbert de 1904 au fini Adamantine™ marbré, à droite, une Seth Thomas des années 1920 au fini Adamantine™ uni, marron très foncé.

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« La Bakélite est la marque de fabrique d’un matériau de la classe des  phénoplastes dont la nomenclature chimique officielle est anhydrure de polyoxybenzyl-méthylèneglycol. Ce fut le premier plastique fait de polymères synthétiques du benzène sous solvants. Elle fut développée entre 1907 et 1909 par le chimiste belge Leo Baekeland », et breveté en 1909 (Wikipedia). Le Bakelite™, lorsqu’il est très sec, peut être cassant, j’en ai fait l’expérience. Illustrée, une horloge anglaise de cuisine murale en Bakelite™, typique des années 1950, une Smiths-Enfield.

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Le brevet de Catalin™ (1927) appartient à la American Catalin Corporation of New York City qui l’a développé, à la suite de l’acquisition du brevet du Bakelite™. C’est une variante de polymère plus facile à polir que le Bakelite™ pour faire une surface vraiment très lisse, et surtout il est translucide et peut même imiter les nervures du marbre. C’est un matériau très dur qui résiste à la chaleur. Dans les années 1930, on l’a beaucoup utilisé pour les boîtiers de radio et pour les bijoux. Il est difficile à identifier car on le confond souvent avec le Bakelite™, qui lui, est opaque. Illustré, un réveil-matin électrique de table de 1940 en Catalin™, le Westclox Moonbeam, fabriqué au Canada.

(Image publiée avec la permission du Musée canadien de l’horloge)

Le Poly(methyl methacrylate) ou acrylique, aussi connu sous l’un de ses noms commerciaux, Plexiglass™, Crylux™, Acrylite™ ou Lucite™ a été développé par plusieurs chimistes en 1928, et mis en marché sous le nom de Plexiglass™ en 1933, par la compagnie allemande Rohm and Haas AG. Il a remplacé le verre pour les lucarnes des petits cadrans et des montres, en raison de sa solidité et de sa résistance aux égratignures. Voici un petit réveil-matin Linden Black Forest en acrylique teintée translucide, fait en Allemagne de l’ouest, donc avant la chute du mur de Berlin en 1989.

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Pour les mêmes raisons que nous avons défini des catégories de bois indéfinis, nous l’avons fait pour les plastiques. Certains plastiques sont très difficiles à nommer car ils sont en mesure d’imiter plusieurs matières. Je donne ici l’exemple d’une petite horloge de bureau 8 jours à 7 rubis, des années 1960-1980, de marque Linden Guild fabriquée en France. On jurerait à la regarder qu’elle est en nacre, mais c’est du plastique, lequel, mystère!

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Le verre est très présent dans les boîtiers d’horloge ne serait-ce qu’au niveau des lucarnes, des devants et des côtés parfois des boîtiers de bois, des globes de verre et des verres des boîtiers style lanterne. Illustré le boîtier en verre et laiton d’une horloge dite « Régulateur » Seth Thomas de 1917 avec un faux pendule en mercure.

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Les boîtiers entièrement en verre sont de la variété crystal, plus ou moins fin dépendant du prix. Le crystal est du verre chauffé à très haute température auquel on a ajouté un minimum de plomb. Voici un petit exemple sous la forme d’un réveil-matin mécanique allemand des années 1960.

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L’utilisation de céramique et de porcelaine pour les boîtiers d’horloge remonte au milieu du 18e s. Au début, il s’agissait d’incrustations dans un boîtier de métal, puis, par la suite, c’était tout le boîtier qui était fait de céramique ou de porcelaine. Dans les années 1940-1950, la céramique au fini émaillé luisant était très populaire dans la fabrication de petites horloges de cuisine murales, souvent de style art-déco, comme celle-ci, une 8 jours de marque Forestville. 

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Le terracotta est une céramique poreuse, facile à distinguer de la céramique car elle n’a pas son luisant. C’est une matière plutôt fragile qui n’a pas été beaucoup utilisée dans la fabrication des boîtiers d’horloge. Lorsqu’elle l’a été, on lui a donné une couche luisante d’émail cuit. Illustré un prototype de boîtier français d’horloge de mobilier des années 1700, provenant du J. Paul Getty Museum de Los Angeles, California.

( Image autorisée en vertu du Creative Commons CC BY-NC-SA 2.0 )

La porcelaine est une céramique fine produite à très haute température, ce qui lui confère sa dureté et sa résistance. Voici un bel exemple de boîtier en porcelaine bien conservé. Les motifs floraux et les dorures sont en excellent état.  C’est une L. Gilbert no 415 de 1910. Les horloges américaines de porcelaine les plus recherchées et les plus chères sont les Ansonia Royal Bonn. Ansonia importait ses boîtiers d’Allemagne et y installait ses mouvements. Je n’ai pas trouvé la provenance des porcelaines de Gilbert.

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La céramique de Delft a souvent été utilisée dans les boîtiers d’horloge car elle s’approchait en qualité de la porcelaine chinoise, grâce à la qualité de son émaillage et de ses dessins caractéristiques hollandais. C’est une tradition qui remonte au 17e s. Ce type de céramique est devenu tellement célèbre qu’on le nomme « Faïence de Delft ou Bleu de Delft ». Voici un exemple tout simple des années 1950 : une horloge murale de cuisine en faïence de Delft, avec un mécanisme 8 jours allemand Kienzle.

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Le cuir a servi dans les boîtiers d’horloge à orner soit le fond des cadrans comme (à gauche) dans cette horloge anglaise de bureau à support, une F. W. Elliot dont le fond du cadran est en cuir chagrin, soit comme revêtement d’un boîtier en bois comme pour cette petite horloge de chevet de 1890 que nous avons restaurée, fabriquée par le premier fabricant de masse d’horloges anglaises, The British United Clock de Birmingham, fondée en 1885 par les frères Davies.

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Certaines horloges ont été faites avec du papier-mâché fabriqué principalement par The Litchfield Manufacturing Co. du Connecticut de 1850 à 1855. Les bandes de papier mélangées à de la colle, chaque fois durcies, sont superposées pour former un ensemble compact, recouvert plus tard d’une finition recouverte de noir décorée de motifs floraux ou de nacre. Voici un exemple d’une horloge en papier mâché incrustée de nacre du milieu du XIXe siècle, photographiée par l’auteur lors d’une foire d’antiquités dans la Province de Québec, Canada.

( Image : Tous droits réservés, Bordloub )

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